Zagora : Mobilisation pour sauver Tamnougalt


Rachida Alami
Vendredi 28 Mai 2010

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Les habitants de casbah Tamnougalt entendent sauver leur casbah, monument qui fait la fierté de ce douar, relevant de la province de Zagora. Cette même casbah qui a abrité le tournage de productions internationales de renom vit au rythme d’une dégradation des plus déplorables. Certes, l’industrie cinématographique développée dans la région a aidé à la reconsidération du patrimoine architectural et culturel, mais cela n’a pas été accompagné par un entretien et une réhabilitation des parties en ruine. On se contentait le plus souvent de colmater les parties à filmer sans qu’il y ait de politique de restauration.   Ceci menace même le rôle de décor attirant des productions et permettant aux locaux de tirer profit en tant que main-d’œuvre, tout en donnant au site un attrait touristique. Avec cette cadence, et cette négligence accentuée par les agissements des sociétés de production marocaines notamment l’une d’entre elles, qui est habituée à « piller et exploiter les habitants dans des travaux avant, pendant et après les tournages des films, à des prix assez bas », il n’y aura plus de Tamnougalt dans quelques années.
Durant vingt ans d’activités cinématographiques, donc, la casbah n’a pas été réhabilitée, à l’exception de l’entrée Imi’n Targua, alors que les sociétés de production occupent places, terrains, ruelles et mosquées, sans prêter attention à leur pérennité. La casbah qui réclame, à cor et à cri, sa réhabilitation, a vu le tournage de plusieurs chefs-d’œuvre tels que « The sheltuag sky », l’autre titre du film italien « Un thé au Sahara » du réalisateur Bernardo Bertolucci, lequel avait puisé son sujet du roman de l’écrivain américain Paul Bowls. Outre ce film, les lieux de cette casbah non loin d’Agdz ont vu le tournage de « Babel » qui a connu la participation d’un garçon du douar (Abou Bakr Aït Lkaid), « Prince of Persia » et « Passion ». Les populations de Tamnougalt connaissent un certain développement à l’instar d’Ouarzazate et de la zone d’Aït Benhaddou, alors qu’en réalité ce sont les mêmes problèmes qui se posent ici et là. Les entrées du cinéma ne figurent même pas dans le budget de la municipalité. Les mauvaises langues parlent de dilapidation de l’argent provenant de la location de certains lieux publics relevant de la municipalité, notamment la casbah de Taourirt, sinon comment peut-on expliquer que cet argent ne soit pas utilisé pour restaurer la partie endommagée de cette casbah?
Les habitants de Tamnougalt se contentent de signer une pétition contre l’exploitation de cette casbah sans réhabilitation ni restauration, en tant que source de revenu direct et indirect pour les habitants. Dans ce cadre, les autorités doivent assumer leurs responsabilités envers les sociétés de production et couper court aux pratiques frauduleuses portant sur la façon de s’adjuger leurs services. Pour l’instant, les habitants de cette casbah n’ont plus qu’un slogan à scander en chœur : sauvez Tamnougalt!  

Rachida Alami
Vendredi 28 Mai 2010
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