Wall 5, le dernier né. Un nouveau portail «Made in Morocco»


S. Aliamet
Mardi 30 Mars 2010

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Après l’engouement suscité dans le Royaume par les réseaux sociaux, notamment Facebook et Twitter, voici un nouveau venu sur la Toile. Son nom ? « Wall 5 ». Sa particularité ? Proposer un portail facile d’accès et 100% marocain. « Au moment de la création de Wall 5, il existait beaucoup de problèmes de confidentialité sur Facebook. Beaucoup d’informations étaient alors publiques et c’est pourquoi nous avons décidé de créer un réseau où tous les domaines peuvent être maîtrisés facilement par les utilisateurs. Par exemple, lorsque vous supprimez votre compte Wall 5, toutes vos données personnelles sont immédiatement supprimées et il n’est plus possible d’accéder à votre compte», explique le concepteur de Wall 5 Francesco Landogna, un ressortissant italien installé depuis plus de dix ans dans le Royaume. Autre originalité du site: la possibilité de le traduire entièrement en darija. « Les Marocains recherchent un réseau communautaire de proximité. Les gens ont adoré la traduction proposée en darija, car la langue peut rassembler des Marocains de Casablanca à Ouarzazate ainsi que dans le monde entier », se réjouit Francesco Landogna. Ce qui n’est vrai qu’à moitié vu qu’il n’y a pas un seul darija au Maroc, mais plusieurs et que les mots y ont parfois des sens diamétralement opposés.
Le site propose également un système de visioconférence pouvant réunir jusqu’à trois personnes en même temps, une innovation en la matière, car le grand spécialiste en la matière Skype offre seulement la possibilité d’une discussion entre deux personnes. A ce jour, Wall 5 connaît un engouement certain puisqu’il compte plus de 500.000 inscrits. A titre d’exemple on estime qu’environ 1,3 million de Marocains sont inscrits sur Facebook.
La fierté de Francesco Landogna est surtout de proposer un réseau social 100% marocain puisque l’équipe de Wall 5 est composée de six développeurs qui travaillent à plein temps dont quatre Marocains et deux Italiens ainsi que de nombreux informaticiens associés au projet. « Nous souhaitons créer un melting-pot. L’idée est surtout de lier les gens du Nord au Sud par un échange de cultures », commente le fondateur de Wall 5. Le réseau social est ainsi disponible en français, italien, anglais et arabe classique et envisage d’élargir ses traductions aux différents dialectes arabes (libanais, tunisien, ou égyptien). Toutefois, comme tous les réseaux sociaux, Wall 5 n’échappe pas au « déballage » de vies privées. A peine inscrit, l’utilisateur peut avoir accès aux profils des différents utilisateurs sans même être « amis » avec eux, et pour beaucoup d’entre eux, pénétrer au cœur de leur intimité en ayant un accès libre à leurs albums photos personnels. « Les critères de confidentialité existent mais beaucoup de nos utilisateurs préfèrent laisser l’accès public à leurs photos. A deux reprises pourtant, nous leur avons envoyé des messages pour les inciter à modifier les critères de confidentialité», déplore Francesco Landogna.
De plus, les conditions d’éligibilité pour les utilisateurs de Wall 5 fixent l’âge minimum d’utilisation à 13 ans. Dès lors, on ne saurait que trop recommander aux parents d’assurer un suivi des activités de leurs enfants sur Internet. Ainsi si Wall 5 est une initiative louable car régionale, le site n’en demeure pas moins un réseau social comme les autres où la vigilance doit être de mise.

S. Aliamet
Mardi 30 Mars 2010
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