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Verra-t-on enfin le bout de la piquouze ?

Feu vert pour le vaccin d'AstraZeneca


Verra-t-on enfin le bout de la piquouze ?
Le calme plat et les inquiétudes qui ont épousé ces dernières semaines ont laissé place à une lueur d’espoir. Depuis mercredi, on en sait enfin un peu plus sur l’avenir de la campagne de vaccination au Maroc, puisque suite à l'avis favorable de la commission consultative, accordé il y a quelques jours, le ministère de la Santé a validé l'autorisation d'utilisation temporaire d'urgence du vaccin d'AstraZeneca. Le terme temporaire correspondant à une durée d’utilisation de 12 mois.

istoire, ce n’est clairement pas le scoop du siècle. Cet accord n’était plus qu’une simple formalité, au vu de l’utilisation du vaccin anglo-suédois dans trois continents différents et notamment au Royaume-Unis, en Inde et en Argentine. Cela dit, il convient de souligner que cet accord prend le sens de l’histoire à contre-pied. En effet, depuis que 600 volontaires marocains ont participé aux essais cliniques du vaccin développé par l’entreprise d’Etat chinoise, CNBG Sinopharm, tous les projecteurs étaient braqués sur l’Empire du milieu et son remède miracle. Mais petit à petit, le vaccin d’AstraZeneca a rattrapé son retard jusqu’à doubler Sinopharm dans l’esprit des autorités sanitaires marocaines, à tel point que le «COVISHIELD», du nom commercial de l’antidote anglo-suédois, a de fortes chances d’être l’heureux élu du moins pour le début de la campagne de vaccination, dont l’objectif affiché est de vacciner 80% de la population marocaine de plus de 18 ans, suivant un processus dispatché en 3 phases et qui devrait durer 12 semaines.

Mais ce n’est pas pour autant que le vaccin de Sinopharm va disparaître du paysage. Loin de là. Rappelons que 40 millions de doses du vaccin chinois ont été commandés par le Royaume, dont les autorités ont démenti en avoir reçu une partie, en plus des 25 millions auprès d’AstraZeneca, dans un souci de «diversifications des sources» comme l’avait déclaré, il y a quelques semaines, le ministre de la Santé, Khalid Ait Taleb. Mais pour le moment, le tapis rouge est déroulé au vaccin d’AstraZeneca qui devrait également être importé par voie aérienne. Dans le document signé par le ministre de tutelle que «Libé» a pu consulter, on peut notamment lire, sans grande surprise, que le vaccin d’AstraZeneca est composé de deux doses dont la seconde doit être administrée plusieurs semaines après la première (4 et 12 semaines). En revanche, ce qui est plus étonnant, c’est l’absence du nom du laboratoire anglo-suédois dans ledit document. En lieu et place, on retrouve celui du laboratoire indien, Serum Institute of India, semble-t-il considéré dans le deal comme fabricant du vaccin sous licence d’AstraZeneca. En tout cas, les autorités sanitaires du pays n’ont pas manqué d’opportunisme, en accordant l’autorisation à AstraZeneca. Comme nous l’avons expliqué à plusieurs reprises sur ces colonnes, le groupe pharmaceutique anglo-suédois a assuré que son vaccin protège à 100% contre les formes sévères de Covid-19. Après de multiples recherches supplémentaires, le directeur général du groupe, Pascal Soriot, s’est, quant à lui, félicité sur les colonnes du tabloïd britannique «Sunday Times» d’avoir trouvé «la formule gagnante et comment arriver à une efficacité, qui, avec deux doses, est élevée comme celle des autres vaccins candidats».

Ces recherches et études complémentaires avaient été diligentées après que le développement du vaccin fut marqué par des résultats intermédiaires intrigants. Car si le laboratoire britannique avait avancé en novembre que son vaccin était en moyenne efficace à 70% contre plus de 90% pour ceux de Pfizer/BioNTech et Moderna, c’était notamment dû à un grand écart entre les protocoles mis en place. D’une part, l’efficacité à 90% s’est déclarée auprès des volontaires qui ont d'abord reçu une demi-dose, puis une dose complète un mois plus tard. Et d’autre part, une efficacité à 62% concernant un autre groupe vacciné avec deux doses complètes. Sévèrement critiquées, ces dissensions en terme d’efficacité avaient donc débouché sur la nécessité d’entreprendre des études supplémentaires, d’autant que l’injection d’une demi-dose était principalement due à une erreur et avait concerné un groupe réduit. Aujourd’hui, cet épisode n’est plus qu’un mauvais souvenir. Le vaccin d’AstraZeneca est plus que jamais la star des vaccins anti-Covid-19, de par son efficacité, bien évidemment, mais aussi son bas prix (entre 2 et 3 euros), soit six à dix fois moins cher que certains de ses deux concurrents. Par ailleurs, il n’exige pas une conservation à basse (-20 c) ou très basse (-70 c) température.

Chady Chaabi

Libé
Jeudi 7 Janvier 2021

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