Libération

Une trêve ? Ouf !

Le monde appelle plutôt de ses vœux la FIN de la guerre


Mohamed Benarbia
Mercredi 8 Avril 2026

« Une guerre, on sait quand ça commence, mais on ne sait pas quand ça se termine ».
C’est par cette citation qu’à Libé, nous avons répliqué, quand ce 28 février de triste mémoire, alors que le bruit de bottes battait le plein, à un trop hasardeux « la paix à portée de main ».
Aujourd’hui, 38 jours plus tard, on sait où l’on est.

Trente-huit jours de désastre, de frappes dévastatrices, de coups et de contrecoups…
La diplomatie avait plié l’échine devant cette volonté féroce de frapper ou de riposter.
Il n’y avait plus de place que pour la soif du sang, l’envie de détruire.
Chacun des belligérants se disait avoir une bonne raison de le faire.

Et sans vergogne, de part et d’autre, on n’a de cesse de galvauder un terme devenu impropre par la force des choses. « Collatéral », disent-ils. Et vas-y pour ces édifices qui s’écroulent tels des châteaux de cartes, et toutes ces personnes qui tombent comme des mouches.

Il ne faut donc pas prêter la moindre attention à ces dégâts qui ne sont que « collatéraux », et à ces victimes qui ne sont pas plus que « collatérales ».
Et voilà qu’advint un cessez-le-feu. Une trêve. Comme par enchantement, on s’est dit qu’il était possible de déposer les armes pour entamer des négociations que l’on avait ignorées par le passé.

Qu’à cela ne tienne ! Positivons, même si une grosse inquiétude subsiste. Des deux côtés, l’on crie victoire. La preuve criante que les deux parties sont plutôt perdantes.

Mohamed Benarbia
Mohamed Benarbia
Quinze jours d’un répit supposé sont annoncés. La suite nous dira si l’Iran aura la possibilité de se reconstruire et les Iraniens de panser leurs blessures. Et si de leur côté les Etats-Unis vont ranger leurs armes ou les affûter pour une autre « épopée ».
Et pendant ce temps, qu’est-ce qui a bien pu changer en Iran ?

Le régime bien que décapité est toujours là. Le système est toujours bien ancré. L’uranium est toujours intact, enfoui quelque part.
Le seul changement concerne les opposants au régime qui se trouvent plus exposés que jamais.
Quant à Tel-Aviv, il persiste dans sa logique de guerre. Le Liban continue de subir une folie meurtrière et destructrice sans fin.

Par Mohamed Benarbia


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