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«Le conflit qui s’intensifie au Moyen-Orient a déjà des répercussions sur les marchés de l’énergie et les flux commerciaux, avec des conséquences qui pourraient s’avérer encore plus lourdes», a-t-il déclaré à l’ouverture des travaux de la 58ème session de la Conférence des ministres africains des Finances, de la Planification et du Développement économique (COM 2026) tenue récemment à Tanger.
Le secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique appelle à accélérer la transformation économique du continent«Pour l’Afrique, il ne s’agit pas d’un phénomène lointain. C’est une question de survie économique», a-t-il insisté dans une allocution prononcée à cette occasion.
Bien que la réunion se tienne à un moment où l’incertitude mondiale est à son comble, Claver Gatete a toutefois indiqué que «de nouvelles possibilités commencent à se dessiner au milieu de ces bouleversements».
En effet, «alors que les routes commerciales traditionnelles traversant la mer Rouge et le détroit d’Ormuz sont de plus en plus encombrées, l’Afrique se positionne rapidement comme un corridor logistique mondial, le port de Lamu au Kenya ainsi que ceux de Durban et de Maputo enregistrant des pics de trafic sans précédent», a-t-il fait remarquer.
De plus, la compagnie Ethiopian Airlines est en train de devenir un pont aérien essentiel entre l’Asie et l’Europe, et le Nigeria a engrangé des recettes pétrolières exceptionnelles.
Au cours de son intervention, le secrétaire exécutif de la CEA a par ailleurs relevé les perspectives de croissance encourageantes de l’Afrique dont les prévisions avoisineraient les 4% en 2026.
Cependant, «une croissance sans transformation est une croissance sans élan», a-t-il estimé rappelant à ce propos que «trop souvent, cela n’a pas permis d’apporter les changements structurels, les gains de productivité ou les créations d’emplois à grande échelle dont notre population a besoin. Trop souvent, nos économies se sont développées sans modifier en profondeur ce qu’elles produisent, la manière dont elles se font concurrence ou l’endroit où la valeur est créée ».
Sur la transformation, qui n’est pas simplement technologique mais aussi une question macroéconomique, Claver Gatete s’est interrogé: «Nos choix budgétaires, nos stratégies en matière d’endettement et nos priorités d’investissement sont-ils en phase avec la transformation à long terme?»
De son point de vue, « dans bon nombre de nos pays, l’étroitesse de la marge de manœuvre budgétaire, l’augmentation des charges liées au service de la dette et le coût élevé de l’emprunt freinent les investissements.
Il est donc essentiel non seulement d’accroître les investissements, mais aussi d’en améliorer la qualité en ciblant les secteurs qui favorisent la productivité, la diversification et la résilience, a-t-il exhorté.
En conséquence, la politique macroéconomique doit aller au-delà de la stabilisation à court terme pour soutenir activement la transformation et faire en sorte que les investissements publics, les stratégies de financement et la gestion de la dette soient alignés sur les résultats en matière de développement, a poursuivi Claver Gatete insistant sur la nécessité d’aborder l’innovation «dans le cadre d’une politique globale et intégrée qui relie le financement, la technologie et les changements structurels».
De son point de vue, «la question essentielle n’est pas l’accès à la technologie en soi; c’est plutôt sa diffusion effective dans les secteurs productifs.
Placée sous le thème «La croissance par l’innovation: exploiter les données et les technologies de pointe au service de la transformation économique de l’Afrique», la 58e session de la Conférence des ministres africains des Finances, de la Planification et du Développement économique s’est déroulée du 28 mars au 3 avril dans la capitale du Détroit.
Alain Bouithy









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