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Un mois de plus en attendant d'y voir plus clair

Un tour de vis ne serait pas de trop




Un mois de plus en attendant d'y voir plus clair
La décision avait beau être attendue, elle n’en demeure pas moins un point de bascule dans la crise sanitaire vécue au Maroc. Par le biais d’un communiqué conjoint des ministères de l’Intérieur et de la Santé, les autorités publiques ont pris la décision de prolonger l’état d’urgence sanitaire pour un mois supplémentaire. Le confinement s’étirera donc jusqu’au 20 mai prochain. 
En guise de justification, le gouvernement a, sans surprise, mis en avant « le renforcement des mesures préventives pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus » ainsi que l’évolution de la situation épidémiologique. D’ailleurs, en ouverture de la réunion du Conseil de gouvernement, Saad Dine El Otmani a rappelé que « le nombre de personnes contaminées est en augmentation jour après jour et plusieurs citoyens sont placés dans les unités de soins intensifs».Si quasiment aucune donnée précise et surtout quotidienne concernant le nombre de personnes admises en réanimation n’est communiquée, le bilan épidémiologique, quant à lui, s’alourdit sans cesse. Dimanche matin (10h), 150 nouveaux cas ont été recensés en 24h, pour un bilan de 2820 personnes infectées par le coronavirus, 138 décès et 322 guérisons. 
Maintenant que nous entamons un mois de confinement supplémentaire, y aura-t-il des modifications ? En réalité, sur le papier, rien ne changera à la fois au sujet des mesures prises par l’Etat et de la vie confinée des citoyens marocains. Excepté un mois sacré de ramadan, forcément particulier avec des mosquées fermées « toutes les mesures de précaution et de répression, de la première étape de l’état d’urgence sanitaire, restent toujours en vigueur lors de cette période supplémentaire tout en les adaptant chaque fois qu’il est nécessaire, et ce pour la protection de la santé des citoyennes et citoyens », précise ledit communiqué. 

Un mois de plus en attendant d'y voir plus clair
Mais pour tout vous dire, un renforcement de ces mesures n’aurait pas été de trop. Certes, le gouvernement appelle « toute citoyenne et tout citoyen à la nécessité du strict respect des exigences de cette période délicate et à adhérer efficacement à la mise en œuvre des mesures préventives prises pour éviter l’aggravation de la situation liée à la pandémie du coronavirus et surmonter ces circonstances difficiles avec un minimum de dommages ». Néanmoins, il suffit de parcourir une grande métropole comme Casablanca pour observer avec regret l’absence de gestes barrières ou encore une application pour le moins légère des mesures préventives en particulier dans les quartiers populaires. Les regroupements de jeunes dans les coins de rue y sont toujours d’actualité. Tout comme les vendeurs ambulants à l’origine d’attroupements inconscients. L’inconscience définit également les cohues formées devant les établissements de santé à chaque sortie d’un patient COVID-19 guéri. Mais pas que. 
Les souks sont eux aussi de véritables bombes à retardement. Toujours autant fréquentés, ils risquent de l’être encore plus à l’approche du Ramadan. Afin d’éviter que les citoyens ne s’y précipitent en masse, craignant une hypothétique pénurie, l’Exécutif assure et rassure via le communiqué :« Les services compétents poursuivront leurs actions pour garantir une offre suffisante répondant aux besoins de consommation des familles en produits alimentaires, médicaments et tous les produits nécessaires, y compris les besoins du mois sacré du ramadan, avec la mobilisation de tous les services pour assurer le contrôle et le suivi réguliers de l’état des espaces commerciaux et l’efficience des circuits de distribution».  
A la lumière des efforts du gouvernement, la population marocaine n’a, a priori, aucune inquiétude à se faire. En revanche, il lui revient d’aller s’approvisionner de manière responsable. D’abord en évitant les attroupements, puis en maintenant une distance réglementaire et les gestes barrières. Car hormis le port du masque, il ne faut pas se voiler la face. Sans verser dans un esprit moralisateur, il est important que chaque citoyen prenne conscience du pouvoir qu’il a entre les mains. Celui de combattre la propagation du COVID-19. Comment ? Tout simplement en respectant un confinement strict. Un confinement où les sorties sont motivées par des besoins d’extrême nécessité. On vous concède que ce n’est pas une partie de plaisir, mais en attendant un vaccin, disponible au mieux en janvier 2021, il n’y a pas d’autre moyen pour stopper la propagation du virus à part le confinement ou un dépistage massif. Mais même dans ce cas, le confinement est capital. 

Adoption d’un projet de loi relatif au dépassement du plafond des emprunts extérieurs

Le Conseil de gouvernement, réuni vendredi sous la présidence du chef du gouvernement, Saad Dine El Otmani, a adopté le projet de loi n 26.20 portant approbation du décret-loi n° 2.20.320 du 13 Chaabane 1441 (7 avril 2020) relatif au dépassement du plafond des emprunts extérieurs.
Le projet de loi, présenté par le Secrétaire général du gouvernement au nom du ministre de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration, vise à parachever la procédure prévue dans l’article 81 de la Constitution, en soumettant le décret-loi précité au Parlement pour approbation au cours de l’actuelle session ordinaire, indique un communiqué lu par le ministre de l’Education nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, porte-parole du gouvernement, Saaid Amzazi ,lors d’un point de presse à l’issue du Conseil.

Chady Chaabi
Dimanche 19 Avril 2020

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