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Trump Président improbable, visage d'un populisme triomphant




Trump Président improbable, visage d'un populisme triomphant
Donald J. Trump pénètre le 9 novembre au petit matin dans une salle surchauffée d'un hôtel Hilton de New York. Il est entouré de son clan familial, omniprésent. Son plus jeune fils, Barron, 10 ans, raide et encravaté, se tient à son côté, un peu en retrait.
A l'Amérique et au monde ébahi, il adresse quelques paroles apaisantes car il est depuis ce jour-là le visage triomphant d'un populisme qui progresse et dérange.
Après une nuit électorale à suspense, Donald Trump, 70 ans, vient d'écrire l'une des pages les plus incroyables de l'histoire de son pays. L'accession à la Maison Blanche d'un homme sans la moindre expérience politique, dont les saillies xénophobes et sexistes font scandale et qui, pourtant, a suscité l'enthousiasme d'une partie de l'Amérique.
"D'une certaine manière, lui et moi sommes des sortes de contraires", a noté le président sortant Barack Obama. Difficile en effet d'imaginer plus différents que ces deux hommes. Le premier président noir de l'histoire, élégance naturelle et brio intellectuel; le milliardaire à l'étrange chevelure blonde et à la corpulence généreuse, adepte des formules brutales et des paroles simples.
Donald Trump est d'abord un homme d'affaires qui a bâti son succès dans l'immobilier de luxe et les clubs de golf. Puis qui a fait de son nom son principal actif, la marque Trump, qu'il vend à travers le monde et qui orne des bâtiments ou des établissements qui ne lui appartiennent pas forcément.
Il est aussi une célébrité, un "people" qui, dans sa ville de New York, côtoie les cercles mondains. Ex-propriétaire des concours Miss Univers, il doit surtout sa notoriété à un jeu de téléréalité, qu'il produit et a présenté, "The Apprentice", dans lequel le candidat gagnant se voit proposer un emploi dans la Trump Organization. Il est très riche, mais le nombre de ses milliards est sujet à caution: 3,7 selon le magazine Forbes.
En politique, Trump est excessif, un impulsif qui ne cherche pas à dissimuler un ego surdimensionné. Mais il est avant tout un instinctif qui le premier a réussi à capter la colère et les frustrations d'une partie de l'Amérique, celle de la classe ouvrière blanche qui se sent socialement déclassée, victime de la mondialisation et du libre-échange.
Donald Trump a peu en commun avec ceux qu'il veux représenter et défendre contre une élite, un establishment qu'il voue aux gémonies. Il vit à Manhattan, au sommet de sa Trump Tower, dans un triplex aux dorures outrancières. Il voyage en avion privé et a pu se permettre de dilapider 50 millions de dollars de sa fortune personnelle pour sa campagne.
"Je vis dans un appartement comme personne n'en a jamais vu, et pourtant je représente les travailleurs du monde", a-t-il dit en recevant le titre d'homme de l'année du magazine Time.
Pour Trump, les emplois doivent revenir aux Etats-Unis. Depuis son élection et avant même de prendre ses fonctions, il met les entreprises sous pression en distribuant bons et mauvais points. Avec quelques résultats. Plusieurs groupes automobiles ont annoncé des investissements ou leur volonté de rapatrier des usines du Mexique.
"J'ai dit que j'allais être le plus grand créateur d'emplois que Dieu ait jamais créé. Je le pense vraiment", assène le milliardaire lors d'une conférence de presse.
Hors des normes politiques, Donald Trump l'est à tous les niveaux. Il a mené une OPA hostile sur le parti républicain et en a pris le contrôle. Les uns après les autres, les caciques qui le traitaient de "charlatan" ou d'"imposteur" ont fait allégeance.
Ils ont dû avaler beaucoup de couleuvres pendant la campagne aux idées simples de celui qui est devenu leur champion. L'immigration est un problème ? Il faut construire un mur à la frontière mexicaine et renvoyer 11 millions de clandestins. Le terrorisme est une menace ? Il veut interdire l'entrée des Etats-Unis aux immigrants de pays à risques, après avoir parlé de refuser tous les musulmans.
Les Noirs, les hispaniques, les minorités, les étrangers installés aux Etats-Unis, sont inquiets.
Dans la géopolitique complexe du 21e siècle, Trump prône le rapprochement avec Vladimir Poutine, ennemi de l'Amérique pour nombre de républicains.
La réalité de ses liens avec Moscou fait l'objet de toutes les spéculations. Les services de renseignement américains sont convaincus que les Russes ont cherché à l'aider en piratant les communications du parti démocrate de son adversaire Hillary Clinton.
Contre elle, durant la campagne, il a manié l'injure et la provocation beaucoup plus que l'argumentaire politique. De "Hillary la crapule" au slogan "Enfermez-là", scandé dans ses réunions publiques, il a porté la brutalité de la confrontation politique à des niveaux jamais vus.
Depuis son élection, c'est presque exclusivement sur Twitter, où le suivent 20 millions d'abonnés, que s'exprime son tempérament sanguin. A coup de messages rageurs, il y règle ses comptes avec ceux qui osent le critiquer ou lui déplaisent.
"Il ne cherche pas à devenir plus présidentiel. Il n'est pas du genre à s'adapter au rôle, il est du genre à s'imposer à la fonction", note dans une interview à l'AFPTV Michael d'Antonio, auteur d'une biographie de Trump.
Durant la campagne, le candidat est miraculeusement sorti indemne de révélations souvent compromettantes, en particulier lorsqu'il a dû reconnaître avoir tenu sur les femmes des propos grossiers et injurieux. Lors des débats télévisés, il ne s'est pas montré à son avantage. Mais ses meetings de campagne étaient souvent électriques, il a su galvaniser des foules et incarner l'espoir d'une partie des Américains.
Né à New York, éduqué dans une école militaire, il est le quatrième de cinq enfants d'un promoteur immobilier new-yorkais.
Après des études de commerce, il rejoint l'entreprise familiale. Son père l'aide à ses débuts avec "un petit prêt d'un million de dollars", selon lui. En 1971, il prend le contrôle de l'entreprise paternelle. Son père construisait des logements pour la classe moyenne, il préfère les tours de luxe, les hôtels, casinos et golfs, de Manhattan à Bombay.
Donald Trump ne serait rien sans sa famille, premier cercle dans les affaires et en politique. Seule son épouse Melania, ancien mannequin d'origine slovène, reste en retrait et se consacre à l'éducation du jeune Barron.
Ses fils adultes, Eric et Donald Jr, vont hériter de la gestion de l'empire familial. Sa fille Ivanka, 35 ans, s'installe à Washington où son mari, Jared Kushner, sera proche conseiller à  la Maison Blanche.

Mercredi 18 Janvier 2017

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