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Tollé de condamnations en riposte à la grosse bévue du président tunisien


Libé
Mercredi 31 Août 2022

Le SNPM condamne l'acte hostile de la présidence tunisienne envers le Maroc

Le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), a condamné l'acte hostile de la présidence tunisienne envers le Maroc, à la suite de l'accueil réservé au chef des milices séparatistes à Tunis dans le cadre de la TICAD 8. "Ce qu’a fait la présidence tunisienne constitue non seulement un acte hostile envers le Maroc, mais accentue les tensions entre les pays du Grand Maghreb dans cette conjoncture difficile au moment où les nations saines d’esprit cherchent à consolider les politiques de bon voisinage régional, ce dont le Maroc a pris conscience en œuvrant sérieusement à réduire les tensions", indique le Syndicat dans un communiqué diffusé lundi. Le SNPM affirme avoir accueilli avec une "grande désapprobation" les agissements de la présidence tunisienne à l’occasion du sommet de la TICAD, estimant que cet acte constitue une déclaration explicite du président tunisien que son pays a abandonné sa neutralité par rapport au conflit artificiel autour du Sahara marocain et a rejoint un camp hostile au Maroc, à ses intérêts et à son intégrité territoriale. Les premiers signes du changement de la position tunisienne remontent à la décision de l’ambassadeur de Tunisie aux Nations-Unies de s’abstenir de voter sur la résolution 2602 du Conseil de Sécurité, qui avait été saluée par de nombreux pays, ne suscitant l’opposition que de l’Algérie et sa milice séparatiste, fait-on observer. Le Syndicat exhorte ainsi l’ensemble des organisations civiles, syndicales et de défense des droits de l’Homme, ainsi que toutes les élites des mondes des médias et de la culture, à s’opposer à toutes les manœuvres qui ciblent l’action maghrébine commune, en visant la souveraineté des Etats et leur intégrité territoriale, les invitant à œuvrer à renforcer les liens entre les peuples de la région de manière à servir la paix, la stabilité, la sûreté et la démocratie. Et au Syndicat de souligner que l'intégrité territoriale du Royaume est un point capital et primordial dans son approche aux affaires et aux questions régionales. Le Syndicat salue également l’appel de S.M le Roi Mohammed VI, dans Son dernier discours à la nation à l’occasion de la Révolution du Roi et du Peuple, à renforcer le front intérieur face aux manœuvres extérieures, ce qui nécessite la contribution de tous pour asseoir les bases de la paix sociale sur les principes d’équité, de justice sociale et de parachèvement des chantiers de droits humains.

L'ANME fustige la démarche provocatrice du président tunisien

L'Association marocaine des médias et des éditeurs (ANME) a fustigé la démarche provocatrice du président tunisien Kaïs Saïed suite à l'accueil réservé au chef des séparatistes à Tunis, dans le cadre de la 8ème conférence internationale de Tokyo sur le Développement de l'Afrique (TICAD 8). Le bureau exécutif de l’Association a accueilli "avec beaucoup d’étonnement et de désapprobation la démarche provocatrice du président de la république tunisienne, qui a osé toucher à la cause nationale du peuple marocain, brisant toutes les coutumes, traditions, étiquettes et règles de respect et de bon voisinage ainsi que l’histoire et le destin commun des deux pays, lorsqu’il a accueilli lors d’une cérémonie officielle, à l’occasion de l’organisation à Tunis du sommet de la TICAD, le chef d’une poignée de séparatistes", indique l'ANME dans un communiqué diffusé lundi. L’Association souligne que "la décision du président Kaïs Saïed condamne avant tout un président accusé par les politiciens et les défenseurs des droits humains en Tunisie d’avoir dérobé la révolution du jasmin". Cette décision, ajoute-t-on, porte aussi atteinte à l’indépendance et à la souveraineté d’un pays de combattants, de résistants et de martyrs, estimant que le président tunisien les a échangés "contre une poignée de dollars revenant de droit au peuple algérien qui souffre à la fois du faible niveau de vie et du gaspillage d’opportunités de développement et de prospérité à cause de la brutalité de la junte militaire qui se maintient au pouvoir avec une main de fer et de feu" . Ce qu’a fait le président tunisien n’engage que la présidence tunisienne et celui qui la représente, comme en témoigne la campagne de condamnation et de rejet exprimée à travers les symboles du peuple tunisien frère et les forces vives des partis, syndicats, société civile et médias libres, notamment via des communiqués et des tweets, fait-observer l’ANME. L’Association cite à titre d’exemple le militant vétéran Mouncef Marzouki, l’ancien président de la république tunisienne, qui a considéré cet accueil suspect comme risquant de briser le rêve de l’édification de l’Union du Maghreb, au profit de manœuvres séparatistes et d’Etats fantoches faciles à contrôler de l’extérieur. A cet égard, l’ANME met en avant la vigilance des peuples marocain et tunisien par rapport à tout ce qui menace l’unité du Maghreb, et les tentatives d’implanter une entité fantoche dans le sud du Maroc sous le contrôle des dirigeants de l’Algérie qui espèrent concrétiser leur rêve historique de posséder une ouverture sur l’océan atlantique. "Ce qu’a fait le président tunisien est une insulte à l’histoire, étant donné que la question du Sahara marocain a été réglée sur tous les fronts", souligne la même source, notant que "ces mouvements inconsidérés ne changeront rien à la donne, mais ne feront que retarder les aspirations des peuples maghrébins à l'unité, l’intégration et le développement pour les pays de la région".

L'opposition tunisienne dénonce une diplomatie de l’ alignement

L’opposition tunisienne a dénoncé la diplomatie de l’alignement adoptée par le pays en réaction à l’accueil par le président tunisien Kais Saied du chef des séparatistes du polisario, souligne le magazine "Le courrier de l’Atlas". Dans un article publié lundi sur son site internet, la publication relève que l’opposition met en garde contre les répercussions d’un «conflit ouvert» avec Rabat. L’auteur de l’article cite, à cet égard, le militant politique Chokri Jlassi (Courant démocrate, centre-gauche) qui a souligné que toute position diplomatique déviante de l’actuelle autorité “n’engage en rien la Tunisie", rappelant que «la position historique et invariable de la Tunisie sous le règne de tous les régimes avant et post révolution ne reconnaît pas l’entité du Front polisario séparatiste. "Les peuples de la région rêvent d’unir le Maghreb arabe et non pas de le diviser davantage. Toute position diplomatique déviante de l’actuelle autorité n’engage en rien la Tunisie", a ajouté le militant, cité dans l’article. Pour sa part, l’universitaire Wahbi Jomaa s'interroge sur ces fameuses nouvelles approches de la diplomatie tunisienne qui interviennent à quelques jours seulement du discours prononcé par S.M le Roi Mohammed VI à l’occasion du 69è anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple, dans lequel le Souverain a souligné que le dossier du Sahara est le prisme à travers lequel le Maroc considère son environnement international et l'aune qui mesure la sincérité des amitiés et l’efficacité des partenariats que le Royaume établit. De son côté, l’économiste Moez Joudi a relevé que la présence du chef de l'Etat tunisien à l'aéroport pour accueillir le chef du polisario est en totale contradiction avec les positions officielles de la Tunisie et de l'ONU. Pour l’éditorialiste Mohamed Bakkali, la volonté de rupture du président Saïed entraîne la Tunisie dans une très nuisible politique des axes et de l’alignement avec le voisin algérien, conclut la publication.

Abdelkebir Tabih : L'accueil par Saied du chef du polisario est une violation de la Constitution tunisienne

L’ accueil par le président tunisien Kais Saied du chef des séparatistes du polisario, enrôlé pour l'émiettement du grand Maghreb, est une violation de la Constitution de l’Etat tunisien, a affirmé le juriste Abdelkebir Tabih. Le président tunisien a ainsi violé l’article 7 de la Constitution qui stipule que la république tunisienne est une partie du grand Maghreb arabe et œuvre à réaliser son unité, a-t-il relevé en réaction à l'accueil du chef des milices du polisario dans le cadre du sommet de la TICAD. Comment Kaïs Saied expliquera-t-il son respect de la nouvelle Constitution alors qu’il a accueilli un individu enrôlé pour l’émiettement du Maghreb et pour exécuter les desseins des caporaux algériens qui ont déjà demandé au Maroc de répartir le Sahara pour qu’ils puissent avoir accès à l’Atlantique en contrepartie de l’arrêt de leur soutien au polisario?, s’est-il interrogé. Par cet acte, le président tunisien a également violé l’article 95 de la Constitution dont il est l’artisan, a souligné M. Tabih, faisant observer que Saied a accueilli un individu qui prétend représenter un Etat qui n’existe pas au Maghreb. Il a indiqué que le communiqué du ministère tunisien des Affaires étrangères a contenu des données mensongères qui ne sont pas à la hauteur de ceux qui gèrent la diplomatie d’un Etat comme la Tunisie, soulignant que le Maroc a rappelé son ambassadeur en consultation parce que Saied a accueilli un individu qui prétend représenter un Etat jamais reconnu par la Tunisie et qui cherche la balkanisation du Maghreb, alors que le rappel de l'ambassadeur tunisien n’a aucune justification. La position internationale du Maroc est confortable et ne cesse de se renforcer, eu égard à son projet historique qui bénéficie d’un large soutien de par le monde, chose qui semble échapper au président tunisien, a-t-il poursuivi, rappelant dans ce sens les positions des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne et du Portugal, ainsi que celles de tous les pays arabes qui croient à la communauté de destin et des pays africains qui ont retiré leur reconnaissance de l’entité fantoche, à l'instar d'un grand nombre de pays d'Amérique latine. M. Tabih a insisté sur la solidité des liens de fraternité ancrés dans l’histoire unissant le Maroc et la Tunisie qui ne peuvent être impactés par la récente décision de Kais Saied, relevant que tous les responsables à la tête de ce pays ont constamment veillé à la préservation de ces liens.

Réactions

La Ligue des associations régionales
Ligue des associations régionales a dénoncé l'accueil réservé par le président tunisien au chef des milices séparatistes dans le cadre de la TICAD. Dans un communiqué, le président de la Ligue, Abdelkrim Bennani, a indiqué qu'"au moment où le peuple marocain attendait les positions claires et explicites de certains pays sur la question de notre intégrité territoriale (...), nous avons été surpris et même choqués par l'accueil réservé par le président tunisien au chef des séparatistes à Tunis, dans le cadre de la TICAD 8". Et d'ajouter que les 21 membres de la Ligue des associations régionales dénoncent les décisions hostiles de la présidence tunisienne envers le Royaume du Maroc et son intégrité territoriale et condamnent cette attitude irréfléchie envers le Royaume, adoptée au mépris de la riche histoire des relations fraternelles unissant les deux peuples. De même, la Ligue a exprimé, dans son communiqué, sa mobilisation permanente derrière S.M le Roi Mohammed VI pour mettre en œuvre la Vision Royale éclairée pour le développement du Maroc et répondre avec fermeté et détermination aux porte-voix de la discorde et aux ennemis de l'intégrité territoriale.

La Fédération des chambres marocaines de commerce, d'industrie et de services
L'accueil officiel réservé par le président tunisien au chef des séparatistes constitue une démarche unilatérale contraire aux positions historiques de la Tunisie, a souligné la Fédération des chambres marocaines de commerce, d'industrie et de services (FCMCIS). La Fédération, à l'instar des organisations et institutions nationales, dénonce fortement l'acte sans précédent du président tunisien qui a réservé un accueil officiel au chef des miliciens séparatistes du "polisario", notant qu'il s'agit d'une démarche unilatérale contraire aux positions historiques de la Tunisie sœur, et contre l'avis du Japon et de l'Union africaine, indique la FCMCIS dans un communiqué. La FCMCIS condamne vivement cet acte irréfléchi à l'encontre du Maroc et des Marocains, le qualifiant d'une première inacceptable sur la forme comme sur le fond, et contraire aux us et coutumes diplomatiques entre les deux pays ainsi qu'une offense aux sentiments du peuple marocain, ajoutant que cela ne peut que créer la division entre les pays du Grand Maghreb qui aspirent à l'union, ajoute la même source. Elle souligne par ailleurs qu'un tel acte ne change rien à la réalité du Sahara marocain, tout comme la crédibilité et le réalisme du plan marocain d'autonomie que propose notre pays, mais montre malheureusement que le président tunisien a choisi de s'aligner aux côtés des parties hostiles aux intérêts du Royaume du Maroc et de promouvoir la division et l'inconnu dans le Maghreb, relève le communiqué. Et de soutenir que la Fédération qui est fière des liens de fraternité solides et des relations historiques fortes entre les peuples marocain et tunisien ainsi que du destin commun à travers la lutte commune contre le colonisateur, dénonce, en revanche, cet attitude hostile et étrange qui fait fi de ces relations et porte un coup dur à ces liens historiques communs et impacte négativement les relations de coopération et de partenariat dans tous les secteurs. A cette occasion, la Fédération exprime, et à travers elle les présidents des chambres régionales de commerce, d'industrie et de services, leurs membres et adhérents, son soutien absolu à la position du gouvernement marocain et réitère sa détermination à soutenir et à renforcer les bonnes relations qui la lient avec les capitales et villes africaines conformément aux Hautes orientations de S.M le Roi Mohammed VI, soulignant son attachement à tous les acquis réalisées en faveur de l'intégrité territoriale du Royaume. La Fédération réitère aussi son attachement à l'esprit du discours Royal du 20 août 2022 dans lequel le Souverain a souligné que le dossier du Sahara est le prisme à travers lequel le Maroc considère son environnement international, appelant à faire preuve de clarté vis-à-vis de cette question d'importance cruciale pour le Maroc, Roi, gouvernement et peuple, conclut le communiqué.

Le gouvernement parallèle des jeunes
Le gouvernement parallèle des jeunes (GPJ) a dénoncé le comportement "hostile" du président tunisien, Kaïs Saïed, suite à l'accueil réservé au chef des séparatistes à Tunis. Dans une lettre ouverte aux organisations de jeunesse et acteurs politiques, civils, syndicaux et médiatiques, intellectuels et défenseurs des droits de l'Homme en Tunisie, le GPJ a rappelé les étapes historiques durant lesquelles le Royaume du Maroc s'est montré solidaire avec le peuple tunisien frère, notamment les différentes crises auxquelles ont fait face les Tunisiens frères, tout en se félicitant des positions fermes de soutien du Royaume du Maroc à l'Etat tunisien. Et de saluer toutes les voix libres et sages du peuple tunisien, toutes sensibilités, idéologies et appartenances confondues, qui ont dénoncé l'acte odieux du président tunisien qui est aux antipodes de l'amitié, de la coopération et de la solidarité entre les deux peuples frères, appelant la jeunesse tunisienne et les "plumes libres" à continuer à rejeter la "nouvelle et étrange orientation de Kaïs Saïed". De même, le GPJ a regretté le choix du président tunisien de s'aligner aux côtés des ennemis de l'intégrité territoriale du Royaume. Et de conclure que le gouvernement parallèle des jeunes ne ménagera aucun effort pour faire face à toutes les politiques hostiles et contrecarrer les plans malveillants qui visent l'intégrité territoriale du Maroc.
 


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