Facebook
Rss
Twitter







Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Stress, anxiété et dépression. Un lot lourd à porter

Les étudiants particulièrement impactés par la pandémie


Libé
Vendredi 15 Octobre 2021

Stress, anxiété et dépression. Un lot lourd à porter
Les maladies infectieuses, comme l’actuelle pandémie du Covid-19, ont souvent un impact énorme sur le bien-être psychologique. En effet, la peur de la maladie, l’isolement, ou encore les inquiétudes existentielles ont eu de nombreuses conséquences sur la santé mentale des Marocains.

Le Royaume, comme beaucoup d’autres pays, a dû introduire des mesures drastiques, telles que le confinement, la distanciation sociale ou la restriction massive de la vie quotidienne, afin d’éviter l’effondrement du système de santé. Mais si lesdites mesures ont contribué à stopper la propagation rapide du virus, elles ont néanmoins eu un impact psychologique considérable sur les étudiants, entraînant une augmentation importante des niveaux de dépression, de stress, d’anxiété et de peur chez cette catégorie. C’est en tout cas ce qui ressort d’une récente étude réalisée par quatre chercheurs marocains des universités Moulay Ismail, Ibn Toufail et Abdelmalek Essaadi autour de l'impact psychologique de la pandémie du Covid-19 sur les étudiants universitaires marocains pendant les trois premiers mois du confinement (avril, mai et juin 2020).

Les auteurs de l’étude qui ont plaidé pour un suivi de la santé mentale de cette catégorie, afin d’atténuer les effets des événements traumatisants liés à la pandémie se sont basés sur les réponses de 560 étudiants, jugées comme complètes parmi les 585 réponses reçues. «Les résultats montrent que les étudiants ont connu des niveaux modérés à élevés de dépression et d'anxiété et des niveaux sévères de stress pendant la période de confinement», lit-on dans ladite étude.

«Les résultats ont également révélé qu'avoir un parent ou une connaissance infecté ou décédé suite à une infection au Covid est un facteur essentiel de l'augmentation des niveaux de dépression, d'anxiété et de stress», ajoutent les quatre universitaires marocains. «Etant donné que les étudiants universitaires sont confrontés à des niveaux élevés de détresse psychologique, en particulier dans ces circonstances, il est de la plus haute importance de créer des services de suivi et de surveillance au sein des universités afin de réduire l’impact sévère que ces événements traumatisants peuvent avoir sur les étudiants», précisent-ils. «Les étudiants universitaires marocains ont souffert de dépression, d'anxiété et de stress à différents niveaux. Plus de la moitié des personnes interrogées ont connu des niveaux de dépression légers à sévères (58%), tandis que 18% ont subi des niveaux raisonnables et 10% des degrés extrêmement graves», précise l’étude. Et d’ajouter : «60 % de la population étudiée présentait des niveaux d'anxiété légers à modérés, 19% normaux alors que seulement 6% étaient profondément anxieux». Toujours selon ladite étude, «les étudiants universitaires marocains ont connu des niveaux de stress plus élevés pendant la période de confinement, car plus d'un tiers des répondants (32%) avaient des niveaux de stress extrêmement sévères, contre seulement 8% avec des niveaux de stress normaux et 14% avec des degrés légers».

En plus de la diminution brusque et considérable des interactions sociales, une mauvaise qualité de sommeil a également été associée à des niveaux élevés de détresse psychologique chez les étudiants universitaires, selon l’étude. «Ce résultat est parfaitement cohérent avec ce qui a été observé dans plusieurs autres études espagnoles, italiennes et chinoises qui ont démontré qu'il existe bien un impact direct des habitudes de sommeil et d'alimentation sur la santé mentale des élèves», précisent les chercheurs marocains. «En outre, le temps passé devant les écrans pour être au fait des derniers développements de la pandémie est un autre facteur de risque qui augmente les niveaux de dépression, d'anxiété et de stress chez les étudiants», indiquent-ils. Et de préciser : «Ce résultat correspond également à ceux obtenus dans de nombreuses autres études internationales affirmant qu'une exposition excessive aux médias pour obtenir des informations sur le Covid-19 a un impact négatif sur la santé mentale». Force est de constater que les étudiants universitaires marocains éprouvent des troubles psychologiques notables à des degrés divers en fonction de différents facteurs interconnectés.

Pour pouvoir faire face à cette situation de plus en plus préoccupante, les quatre chercheurs marocains ont souligné l’importance de s'intéresser à la santé mentale des étudiants en temps de crise. Ils ont notamment appelé à davantage de recherches scientifiques pour pouvoir comprendre et expliquer les problèmes potentiels affectant la santé mentale de cette frange particulière de la population.

«Comprendre les impacts psychologiques du Covid-19 sur la santé mentale des étudiants au Maroc doit être d’une haute importance pour les administrateurs universitaires et les décideurs politiques pour aider les étudiants à risque et suggérer des stratégies d'adaptation», ont-ils conclu. Rappelons enfin que les étudiants concernés par cette étude se répartissent sur cinq universités marocaines : Abdelmalek Essaadi (21,60%), Sidi Mohamed ben Abdellah (13,21%), Moulay Ismail (22,32%), Sultane Moulay Slimane (24,64%) et Al Cadi Ayyad (18,21%). 39,64% d’entre eux étaient âgés de 20-22 ans, 37,5% entre 17 et 19 ans et 22,85% avaient plus de 22 ans. Les étudiantes représentaient 51,60% de l'échantillon contre 48,39% d’étudiants. De plus, 18,39% avaient un parent ou une connaissance infectés par le Covid19 et 7,5% un parent ou une connaissance décédés du virus.

Mehdi Ouassat 


Lu 709 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.
br

Dossiers du weekend | Actualité | Spécial élections | Les cancres de la campagne | Libé + Eté | Spécial Eté | Rétrospective 2010 | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Archives | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | Rebonds | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito | Sur le vif | RETROSPECTIVE 2020 | RETROSPECTIVE ECO 2020 | RETROSPECTIVE USFP 2020 | RETROSPECTIVE SPORT 2020 | RETROSPECTIVE CULTURE 2020 | RETROSPECTIVE SOCIETE 2020 | RETROSPECTIVE MONDE 2020





Flux RSS