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Stephen Curry La fine gâchette qui a changé le basket


Libé
Jeudi 16 Décembre 2021

Triple champion avec Golden State, deux fois élu MVP, recordman du nombre de paniers inscrits à trois points: Stephen Curry est le meilleur shooteur de l'histoire de la NBA, dont il a révolutionné le jeu tout en étant un grand pourvoyeur de spectacle.

"Quelle que soit la façon dont vous êtes arrivé devant cette montagne, pourquoi ne pas essayer de la gravir ? Et le faire à votre manière ?", exposait le meneur des Warriors en 2015, alors que son équipe était sur la route du meilleur ratio victoire/défaite en saison régulière (73-9), pour dépasser les Bulls de Michael Jordan, période 1995-1996 (72-10).
Quelle que soit la façon dont vous êtes arrivé devant cette montagne, pourquoi ne pas essayer de la gravir ?
Six ans plus tard, porté par une joie de jouer restée enfantine malgré les titres, les blessures, la pression l'entourant pour gravir la dernière marche, c'est à sa "manière" bien à lui qu'il a écrit une des plus belles pages du basket, en dépassant Ray Allen et ses 2.973 tirs réussis derrière l'arc.

En allant d'abord à un rythme infernal, puisqu'il a mis seulement 789 matches pour effacer des tablettes son glorieux aîné aux 1.300 rencontres en NBA.

En y mettant les formes ensuite, avec ses shoots de n'importe quel endroit du parquet et ses tours de magie invraisemblables, dont le plus célèbre en 2015 face aux Clippers, lorsqu'il mystifia trois joueurs, en dribblant comme l'éclair entre ses jambes, puis derrière, avant de réussir un "step-back" (shoot avec appui arrière).

La montagne, désormais, c'est lui. Et on est encore loin de savoir à quelle hauteur il finira par placer le curseur. Car il n'a que 33 ans et, vu sa forme physique encore au top, la retraite semble loin.

Même si son père Dell Curry, redoutable artilleur à trois points (1986-2002), lui a transmis l'ADN du sniper, le chemin vers la gloire fut parsemé d'embuches pour "baby face assassin" (l'assassin au visage de bébé).
 
 Né à Akron (Ohio), le 14 mars 1988, il n'aime rien tant que d'aller voir les matches du paternel et défier les plus grands que lui. "J'étais trop petit et je jouais avec des enfants plus âgés. La raison pour laquelle j'étais dans leur équipe était que je pouvais tirer à 3 points. A 9 ou 10 ans, j'ai compris que c'était une arme", expliquait-il en 2013 à USA Today.

La voie existe, pour le joueur jugé trop frêle par des universités réputées. En 2009, il est tout de même drafté en 7e position par les Warriors. Sa progression est constante, jusqu'à une blessure à une cheville qui plombe sa saison 2011-2012.

C'est de la ligne à trois points qu'il marque ensuite les esprits, en terminant l'exercice 2012-2013 avec 272 tirs réussis, effaçant le précédent record de... Ray Allen (269). Ce record, il le portera à 402 en 2016, ce qui fera dire à ce dernier qu'il est "en passe d'être le meilleur shooteur de tous les temps".

Depuis 2014, sous les ordres de Steve Kerr, le succès est éclatant, avec un premier titre de champion en 2015, auréolé d'un premier trophée de MVP conservé à l'unanimité l'année suivante. Mais les Cavaliers de LeBron James prennent leur revanche en finale.

Avec Kevin Durant à ses côtés, il remporte deux autres bagues en 2017 et en 2018, mais manque le triplé, après une cinquième finale consécutive plombée par les graves blessures de "KD" et Klay Thompson avec lequel il forme les "splash brothers".

Les mois suivants, Curry broie du noir, se fracture la main gauche et Golden State sombre. Au plus fort de la pandémie, il brille par son activisme, en faveur de "Black Lives Matter" et des droits des femmes.

Il revient plus fort en 2020-2021, réussissant une saison à 32 points de moyenne, la meilleure de sa carrière.

Non content de s'être approprié le record historique de paniers à trois points, le N.30 des Warriors aura "révolutionné la façon de jouer", estime Reggie Miller, 3e meilleur marqueur de l'histoire à longue distance.
Sous son ère, la banderille à trois points est en effet devenue l'arme N.1 de nombreuses équipes.

"Tout le monde veut shooter comme Stephen Curry, comme tout le monde voulait être Michael Jordan. C'est la même quête de l'excellence absolue", abonde l'ancien entraîneur français Jacques Monclar, interrogé par l'AFP.
"Il y a de la joie dans son jeu, du plaisir, un côté coquin... et avec son physique (1,88 m, 84 kg), il rend le basket accessible."


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