Libération


Facebook
Rss
Twitter








Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Sofia Hammoucha, une touche marocaine dans le monde de la finance





Après avoir débarqué “par accident” au monde de la finance, la Marocaine Sofia Hammoucha a signé, malgré son jeune âge, un parcours des plus réussis à Singapour, le futur hub mondial de la Fintech. Si le hasard l’a interpellée, elle qui rêvait d’être médecin, pour faire une carrière dans le secteur bancaire, son ascension professionnelle au sein du Groupe “BNP Paribas” à Singapour n’avait rien de fortuit, mais plutôt le fruit d’une persévérance irréprochable. La jeune Sofia, un pur produit du système public marocain jusqu’à la licence, a fini par intégrer l’Université de la Sorbonne pour l’obtention d’un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) qui a favorisé son accès au marché financier international. Après avoir passé une décennie en France, la responsable de “transaction Banking” avait saisi en 2010, accompagnée de son mari, une opportunité d’expatriation à la Cité-Etat.

“Mon mari a eu une opportunité de travail et nous n’avons pas hésité une seconde. Je connaissais déjà le pays de par mes voyages d’affaires. Nous étions attirés par le climat, la beauté de la ville et sa sécurité pour élever des enfants”, a confié cette quadragénaire dans un entretien accordé à la MAP. La native de Casablanca qui a décroché son bac à 16 ans a entamé à 20 ans son parcours professionnel, ce qui lui a permis d’être souvent parmi les plus jeunes dans son milieu de travail, notamment aujourd’hui où tous les “pairs” ont plus de 50 ans, pour les plus jeunes. “C’est difficile souvent d’expliquer que l’expérience compte mais qu’elle n’est pas toujours liée à l’âge”, a poursuivi cette femme de finances qui a pu gérer plusieurs équipes et naviguer dans un environnement professionnel multiculturel. La gestion du multi-culturalisme est souvent un grand défi dans la carrière de l’expatrié, qui se trouve parfois déchiré entre ses origines et son pays d’accueil, a-t-elle reconnu, estimant que la gestion du quotidien et des dossiers difficiles est très liée à l’approche culturelle des sujets et du conflit. “Mon insertion professionnelle a pris beaucoup de temps et a été faite graduellement. Notre héritage marocain d’hospitalité, du vivre ensemble et du multi-culturalisme (mon père est amazigh et ma mère est arabe) m’ont aidée à trouver les mots et le chemin d’intégration”, a admis la maman de d’Izza (10 ans) et d’Adam (7 ans). Curieuse par nature, Sofia est une femme attentionnée, une qualité qui a facilité significativement son intégration dans le milieu professionnel, même si elle essaie d’allier toujours exigence et empathie. “C’est vrai que je demande beaucoup à mes équipes et à mes proches, mais, en contrepartie, je suis toujours présente pour les aider au quotidien et aller à la bataille quand il le faut”, a soutenu la spécialiste en finance qui a décroché en 2020 le titre “Transaction Banker of the Year” décerné par “The Asset Triple A”.

“Je ne m’y attendais pas. C’est un award auquel on ne soumet pas de candidature et nous ne sommes pas directement évalués. C’est d’autant plus important dans notre domaine”, a commenté Sofia, fière de cette reconnaissance dans un milieu où ceux qui changent de banques souvent sont plus connus sur le marché, elle qui a passé une vingtaine d’années dans la même banque. Plus sereine que jamais, l’expatriée marocaine est loin de chercher à impressionner par ce prix ou à prouver quoi que ce soit. Toutefois, son timing en pleine crise épidémique compte énormément pour elle. “A cause de la Covid-19, le niveau de stress est bien entendu plus haut au vu de la situation économique et la gestion très serrée du risque, tandis que le manque de visibilité sur la fin de cette pandémie a fini par peser sur le moral de tous”, a admis la jeune Marocaine, précisant qu’elle a, en revanche, réussi à passer plus de temps en famille en mode confinement suite aux restrictions sur les voyages. S’agissant de son attachement et son amour pour la mère patrie, Sofia a précisé qu’elle veille à les nourrir à chaque fois que l’occasion se présente, en contribuant notamment par son savoir-faire et ses acquis professionnels dans le cadre de “MorCham Singapore”, une pépinière des hautes compétences marocaines établies à la Cité-Etat.

“J’ai participé à un groupe de réflexions sur les investissements en start-up marocaines et un possible fonds d’investissements à capitaux marocains résidant à l’étranger”, a souligné l’experte financière, faisant savoir qu’elle est à l’écoute de toute proposition d’investissement directe et sérieuse dans le pays. En s’adressant à la femme marocaine, cette passionnée de la danse classique a appelé à concilier grande carrière et vie de famille, avouant qu’être mère n’est pas insurmontable si on accepte un constat simple: l’équilibre permanent vie pro/vie perso n’existe pas! Il faut, selon Sofia, savoir jongler entre les périodes où le travail prendra le dessus car c’est le moment d’investir dans sa carrière au vu d’opportunités qui se présentent, et d’autres périodes où les enfants et la famille devront être prioritaires. “La décision la plus importante de votre vie est le choix de votre partenaire. Choisissez les yeux ouverts quelqu’un qui vous porte, qui croit en vous et qui vous considère comme un partenaire et non pas seulement une épouse. Mon mari est mon meilleur ami, mon partenaire et le père de mes enfants”, a-t-elle conclu avec un ton serein.

Libé
Jeudi 4 Mars 2021

Lu 512 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.