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Satanée santé ! Tuberculose, méningite, hépatite, entre autres endémies, continuent d’empoisonner l’existence des Marocains




Accroissement des maladies chroniques, progression de la charge de morbidité liée aux maladies non transmissibles, sous-utilisation des services curatifs, manque de personnel, budget faible.... C’est  ainsi que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a décrit notre système national de la santé malgré les efforts déployés.
Dans un rapport publié dernièrement et intitulé « Stratégie de coopération OMS–Maroc 2017-2021 », l’instance onusienne a indiqué que ce système est confronté à de nombreux défis liés aux évolutions démographiques, à l’accroissement des maladies chroniques et aux exigences de la population pour des services proches du lieu d’habitation, de qualité et accessibles sur le plan financier. A ce propos, le document en question a révélé la persistance de maladies qui continuent à constituer des problèmes de santé publique telles que la tuberculose (31.542 cas, toutes formes confondues, en 2016) , le VIH/sida ( près de 24.000 Marocains et Marocaines à fin 2015 sont considérés comme personnes vivant avec le VIH (PVVIH), les hépatites (850.000 personnes sont infectées par le virus de l’hépatite B et 400.000 par celui de l’hépatite C), les leishmanioses (2.564 cas de leishmanioses cutanées et 109 cas de leishmanioses viscérales détectés en 2013), les méningites , les toxi-infections alimentaires collectives et certaines zoonoses.
L’OMS a constaté également l’accroissement des maladies chroniques dont les plus fréquentes sont les maladies cardio-vasculaires, le diabète, les cancers, les affections respiratoires chroniques, les troubles psychologiques et psychiatriques et les maladies émergentes et réémergentes. Une tendance observée aussi au niveau mondial et due à des changements rapides de mode de vie et aux nouveaux comportements qui leur sont associés. Les spécialistes pointent du doigt quatre facteurs, à savoir le tabagisme, la sédentarité, l’excès d’alcool et une mauvaise alimentation constituée d’aliments à forte densité énergétique sur le mode de « restauration rapide ».
Sur un autre registre, les rédacteurs dudit rapport ont précisé que la situation sanitaire au Maroc se distingue par un net recul de la mortalité due aux infections graves et par une progression de la charge de morbidité liée aux maladies non transmissibles traduisant un changement profond dans la structure épidémiologique du pays. Selon eux, le taux brut de mortalité est en nette régression. Il est passé de 19‰ en 1960 à 5,6‰ en 2010 ; il demeure, toutefois, plus élevé en milieu rural avec 7,2‰ qu’en milieu urbain avec seulement 4,4‰. Les taux de mortalité par groupe de morbidité sont de 104 pour 100.000 habitants pour les maladies transmissibles, 597 pour 100.000 habitants pour le groupe des maladies non transmissibles et 37 pour 100.000 habitants pour les traumatismes. « La transition épidémiologique est bel et bien en cours puisque les décès par maladies non transmissibles représentent actuellement 75% du total des décès. Le cancer, les maladies métaboliques, dont le diabète et les maladies cardio-vasculaires, représentent 40 % des principales causes de décès », note le document tout en précisant que si les indicateurs nationaux de santé se sont sensiblement améliorés durant les dernières décennies, ils cachent de profondes inégalités géographiques et socioéconomiques. Ainsi la mortalité maternelle est deux fois plus élevée en zone rurale (148 pour 100.000 naissances) qu’en zone urbaine (73 pour 100.000 naissances). Il en est de même pour la mortalité infantile (33,5 pour 1000) en milieu rural et (23,6 pour 1000) en milieu urbain. Les indicateurs tels que les pourcentages de visites prénatales, d’accouchements assistés et de soins postnatals varient considérablement selon la catégorie sociale, l’éducation et le niveau de richesse.
Le rapport a souligné que 20% de la population se trouve encore à plus de 10 km d’un centre sanitaire et les indicateurs de disponibilité et d’utilisation des services sont nettement en défaveur du milieu rural. On constate une sous-utilisation des services curatifs avec moins de 0,6 contact par personne et par an et un taux d’hospitalisation dans les hôpitaux publics inférieur à 5%. Cette sous-utilisation peut s’expliquer par la pénurie en ressources humaines à tous les niveaux du système ainsi que par la faible qualité des prestations offertes. En effet, le déficit en personnels de santé continue d’être un défi majeur pour notre système de santé. Sa répartition sur l’ensemble du territoire national est inéquitable : 38% des médecins hors CHU exercent dans les deux régions de Rabat-Salé- Zemmour-Zaïr et du Grand Casablanca. La densité de médecins publics et privés regroupés est limitée à 6,2 pour 10.000 habitants et celle des personnels infirmiers demeure inférieure à 9,7 pour 10.000 habitants.
Les dépenses consacrées à la santé posent également problème. Elles sont en deçà de la moyenne des Etats membres de l’OMS, à savoir 302 dollars par habitant. Le pourcentage du budget de l’Etat consacré à la santé s’établit à 5,2 %. La part des dépenses de santé directement prise en charge par les ménages continue d’être très élevée, s’établissant à 53,6% en 2010. Outre la part encore importante de la population non couverte par un régime de couverture médicale, cette situation s’explique également par un budget national consacré à la santé en deçà des normes requises par l’OMS, et par une gestion des ressources souvent inefficace, a conclu le rapport.

Hassan Bentaleb
Mercredi 5 Avril 2017

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