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Répression insoutenable dans les camps de la honte

Les manifestants de la liberté à Tindouf font l’objet d’exactions ignominieuses




Encerclées, interdites de circulation et n’ayant aucun moyen de se faire entendre, si ce n’est que d’organiser des sit-in et des manifestations, quitte à se faire tuer ou broyer sous les chenilles des blindés et autres engins que la direction du Polisario n’hésite pas à employer pour les disperser, les populations des camps de Tindouf persistent dans leur mouvement dit « Manifestations de la liberté ».
Même si les camps ont toujours été le théâtre de contestations et  de grogne continue, le mouvement auquel sont confrontés les dirigeants du Polisario et qui coïncide avec l’affaissement du régime algérien protecteur et la tournure  que prennent les négociations sur le dossier du Sahara marocain, ces dirigeants recourent aux mensonges pour essayer de ramener le calme dans les rangs d’une population déçue et n’en pouvant plus de survivre dans des conditions, on ne peut plus inhumaines et qui sont depuis belle lurette à l’affût d’une occasion pour se soulever qu’elles ont trouvée à travers la vague des contestations populaires en Algérie.
Les Sahraouis des camps n’ont pas hésité à marcher à leur tour pour exprimer leur ras-le-bol de la mainmise implacable que leur imposent Ghali et ses sbires. Ces soulèvements loin d’être nouveaux, connaissent depuis 1988 des périodes d’effervescence entrecoupées de moments de calme précaire. Mais ces soulèvements qui sont aussi nomades que les organisateurs connaissent un rythme de plus en plus soutenu ces dernières semaines. Ils sont organisés devant les sièges de la MINURSO, du Haut-commissariat onusien aux réfugiés (HCR), de la direction du Polisario et parfois en plein désert à la frontière avec la Mauritanie ou près de la zone tampon de Bir Lahlou. N’en pouvant plus de ce bagne à ciel ouvert où ils sont parqués manu militari,  les Sahraouis sont de plus en plus nombreux à défier la terreur dont sont capables les geôliers du Polisario et à exprimer ouvertement leur ras-le-bol pour dénoncer l’enfermement, la misère, la répression et le désespoir qu’ils vivent au quotidien depuis des décennies.
Devenu un rituel comme les vendredis en Algérie, les sit-in et les manifestations des populations de Tindouf, sont à leur tour devenus sinon quotidiens, du moins hebdomadaires. Mais le paroxysme  de cette gronde populaire a été atteint samedi 27 avril dernier, lorsque plusieurs centaines de manifestants à bord de véhicules ou à pied ont fait mouvement vers la frontière mauritanienne. Jeunes pour la plupart, ils entonnaient des slogans portant sur la revendication de la «liberté de se déplacer». Malgré le caractère pacifique de leur manifestation, ces marcheurs ont été rapidement encerclés par un déploiement de chars qui leur ont bloqué la route, avant que plusieurs d’entre eux ne soient malmenés, et plus ou moins gravement blessés, par les «prétendus gendarmes» du Polisario. 14  d’entre eux avaient été jetés en pâture aux tortionnaires du bagne de Dhaïbia.  
Samedi 4 mai, des dizaines de manifestants ont également protesté devant le siège du HCR à Rabouni pour dénoncer le blocus implacable imposé aux camps. Devant cette situation qui vise à les empêcher de concurrencer les dirigeants du Polisario qui trafiquent les produits de l’aide internationale dans le nord de la Mauritanie, certains commerçants sahraouis ont ainsi exprimé leur refus de se voir interdits d’accès au territoire mauritanien sans une autorisation que délivrent rarement  l’Algérie et le Polisario.
Dimanche 5 mai, des dizaines de Sahraouis en colère ont à nouveau bravé les interdits et manifesté pour le 2e jour consécutif devant le siège du HCR. Ils exigeaient cette fois la libération des détenus politiques, et particulièrement le plus ancien d’entre eux, à savoir Ahmed Khalil, porté disparu depuis 10 ans au cœur même d’Alger et dont l’affaire a été portée devant le secrétaire général de l’ONU.  
Malgré les mises en garde et les menaces répétées des dirigeants du Polisario et en  l’absence de toute couverture médiatique indépendante, les contestataires recourent aux réseaux sociaux pour filmer à visage découvert des séquences de leurs manifestations. Pour éviter, expliquent-ils, que les images de leurs protestations ne soient instrumentalisées et qualifiées par la propagande du Polisario de «préfabrication marocaine», ils ont le courage de s’identifier nommément et d’assumer ouvertement leur geste.
Des sites suivent et relaient la gronde des populations qui secoue chaque jour les camps de Lahmada et met en cause la légitimité de la direction du Polisario. Cela résulte du long attentisme, sans horizon d’une population qui n’en peut plus et ne veut plus continuer d’avaler les mensonges et les chimères éhontés et les illusions dont cette direction l’a bercée depuis plus de quatre décennies.

Ahmadou El-Katab
Mardi 14 Mai 2019

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