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CAN 2025 : Le téléviseur, titulaire indiscutable des soirées football
A chaque coup d'envoi, marmites et fourneaux entrent eux aussi dans le match. Des rues animées aux restaurants bondés, la CAN se transforme d'un événement sportif en une véritable célébration gastronomique, offrant à la cuisine africaine une vitrine populaire, vivante et fédératrice.
Du Thiéboudienne sénégalais au Jollof Rice nigérian, en passant par l'Attiéké ivoirien, sans oublier le Couscous marocain, les supporters découvrent une palette de mets emblématiques dans une ambiance festive, échangeant, questionnant et apprenant au fil des dégustations sur les ingrédients, les épices et les savoir-faire qui donnent à chaque plat son identité et son authenticité.
Longtemps confinée aux cercles familiaux ou communautaires, la gastronomie du continent trouve, avec la CAN, une scène à la mesure de sa richesse, dans une hospitalité profondément ancrée dans les cultures africaines.
"Pendant la CAN, on ne sert pas seulement des plats. On raconte des histoires", confie Awa, restauratrice sénégalaise installée à Rabat. "Le thiéboudienne, par exemple, c'est un plat de partage. Beaucoup de clients le goûtent pour la première fois, posent des questions, veulent comprendre. C’est une fierté immense".
Même constat du côté de Jean-Baptiste, Chef ivoirien, dont le restaurant affiche complet les soirs de match. "La CAN crée une curiosité nouvelle. Les gens osent découvrir, comparer, revenir. Pour nous, c’est une reconnaissance de notre cuisine, mais aussi une opportunité économique réelle".
Au-delà de l’expérience sensorielle, la gastronomie s’impose comme un levier de dynamisme local. Restaurants, cafés et kiosques voient affluer une clientèle variée, marocaine, africaine et internationale. Chaque plat servi reflète une chaîne de valeur, du marché populaire à l’assiette, mettant en lumière un art en la matière longtemps resté dans l’ombre.
Dans les quartiers populaires comme dans les centres-villes, les femmes jouent un rôle central dans cette dynamique culinaire. Les cheffes, les vendeuses ambulantes ou encore les gérantes de petites cantines portent une transmission silencieuse et essentielle. "C’est l’occasion de montrer ce que nous savons faire, et de gagner notre vie avec dignité", souligne Fatoumata, cuisinière ivoirienne à Rabat.
Pour les visiteurs, la découverte est souvent une révélation. Youssef, supporter marocain venu suivre un match entre deux sélections ouest-africaines, raconte sa première dégustation d’un plat sénégalais. "J’ai goûté le mafé un peu par curiosité. Je ne m’attendais pas à autant de profondeur de goût. Le poulet, le riz, les épices… c’est succulent. On sent que c’est une cuisine qui rassemble".
Plus qu’un simple accompagnement de l’événement sportif, la gastronomie devient un langage universel. Elle crée des ponts entre les peuples, suscite l’échange et prolonge, hors des stades, l’esprit de la CAN.
Pour beaucoup, cette rencontre avec les cuisines africaines marque une première immersion dans des identités culinaires à la fois authentiques et résolument modernes.
Cette effervescence autour de la gastronomie se prolonge aussi dans les échanges informels qu’elle suscite. Dans les restaurants, les discussions s’engagent spontanément entre cuisiniers, serveurs et clients autour des recettes, des origines des plats et des manières de les préparer. Des moments de dialogue, souvent improvisés, qui participent à une transmission vivante des cultures culinaires africaines, nourrie par la curiosité et le partage.
En conjuguant ferveur sportive, dynamisme économique et expression culturelle, la CAN 2025 révèle désormais une autre facette de l'Afrique : une Afrique créative et généreuse, qui se raconte autant par le jeu que par les saveurs. Une Afrique qui ne se contente pas de jouer le match, mais qui le cuisine, le partage et l’offre au monde, bouchée après bouchée.
Par Malika Mojahid (MAP)










