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Prisme tactique : Trois pistes pour conjurer le sort

Pour parvenir enfin à battre le Cameroun, le Onze national devra s’attacher à attaquer particulièrement les côtés




C’est en lançant les fouilles archéologiques dans les livres d’histoire  de l’équipe nationale que nous avons réalisé qu’il est des signes indiens beaucoup plus difficiles à briser que d’autres. La rencontre de ce soir entre le Maroc et le Cameroun à 20h, au Complexe Mohammed V, est le 12ème épisode d’une série noire qui dure depuis trop longtemps pour nos Nationaux. En effet, lors des précédentes confrontations, les Lions de l’Atlas n’ont jamais réussi à dompter ceux du Cameroun (5 défaites et 6 matchs nuls). Mais ce constat a une grande chance de ne plus être qu’un mauvais souvenir. En tout cas, plusieurs indicateurs semblent le suggérer. Tout d’abord, à la lumière de la période de rodage où semble se trouver le récent champion d’Afrique camerounais.
Nommé nouveau sélectionneur en août dernier, l'ancien milieu néerlandais, Clarence Seedorf et son adjoint Patrick Kluivert n’ont toujours pas réussi à mettre leur patte dans le jeu des Lions indomptables. Ensuite, toujours en corrélation avec l’élément précédent, et au vu des trois dernières sorties des hommes de Seedorf, le Onze national pourrait profiter des failles dans l’organisation camerounaise. Insuffisances que nous allons vous exposer à travers trois situations, toutes impliquant une progression offensive par les ailes.

Des latéraux aspirés
Contre les Comores (1-1), premier match de l’ère Seedorf, les Camerounais, disposés en 4-2-3-1, peuvent s’estimer heureux d’être rentrés chez eux avec un point dans la musette. En réalité, ils étaient plus proches de perdre que de gagner. Intiment liée au résultat final, l’attitude de leurs arrières latéraux et notamment, le latéral droit, nous a sauté aux yeux. Sur l’ouverture du score comorien, ledit latéral n’a pas hésité à quitter sa ligne défensive pour suivre la course intérieure de son adversaire direct qui est allé à la rencontre d’un ballon aérien (Capture 1). Et comme l’arrière camerounais était en retard, du coup, il n’a ni réussi à disputer le duel aérien, ni rattrapé son opposant lorsque ce dernier s’est retourné pour prendre l’espace laissé à droite de la défense. Espace que l’axial défensif droit a essayé de combler. Sans succès. Cet effet domino a permis à Farouk Abdou Mohamed de se retrouver sur un fauteuil au moment de reprendre un centre en retrait. Dans cette optique, les appels intérieurs des ailiers Ziyech et Amrabat, combinés au positionnement haut de nos latéraux, probablement Hakimi et Dirar, seront essentiels.

Des lignes distendues  
Cette fois-ci, le Cameroun se déplace au Malawi. Toujours la même organisation tactique, mais de nouvelles lacunes font leur apparition, surtout au niveau de l’attitude à la perte du ballon. Sur la Capture n°2, on ne compte pas moins de 6 joueurs camerounais présents dans les 30 mètres adverses. Mais ils ne servent absolument à rien. Si l’un d’entre eux est allongé sur le gazon, les autres marchent en regardant de loin le développement de l’action. De fait, le Malawi peut relancer en toute tranquillité. Conscients des difficultés camerounaises à défendre les couloirs, les ‘’Flammes’’ vont y axer la transition défense-attaque. Le porteur du ballon (15) ne va donc pas hésiter à alerter rapidement son joueur excentré (11). Une passe (Flèche blanche) et quelques foulées plus loin, le Malawi va se retrouver en supériorité numérique aux abords de la surface camerounaise. Ainsi, au moment de récupérer le ballon en position basse, il s’agira pour Ahmadi ou Fajr de jouer rapidement vers l’avant, de préférence sur les flancs. Pour y parvenir, Ziyech et Amrabat doivent intelligemment alterner appels intérieurs et extérieurs pour appuyer là où ça fait mal.

Un axe mal protégé
A vrai dire, il n’y a pas que sur les côtés que les Camerounais pourraient être mis en danger. L’axe est également une piste à creuser. Ou en tout cas, une animation offensive déclenchée dans l’axe pour finir sur l’aile. C’est la situation que nous allons vous exposer. Là encore, le Cameroun perd le ballon en position haute. Cette fois, contrairement à la Capture précédente, les milieux sont à distance d’intervention et ont actionné un pressing sur le porteur (Capture 3). Bémol de taille, aucun d’eux ne fait attention aux déplacements adverses dans le dos. Par conséquent, en une passe verticale, le pressing camerounais fut annihilé et donc la défense s’est retrouvée mise à nu. Sur cette action, il s’en est fallu de très peu pour que le Malawi n’ouvre le score. Pour exploiter cette brèche, l’attitude des premiers relanceurs marocains sera cruciale. Il va falloir trouver le plus tôt possible une solution dans la verticalité afin de profiter des espaces entre le milieu de terrain et la défense camerounaise. Solution qui, en principe, devrait être offerte par le décrochage de l’avant-centre, certainement Boutaib. Ensuite, à l’instar des ailiers du Malawi, ceux de l’équipe nationale doivent aussi offrir des solutions au remiseur sur les côtés.

Chady Chaabi
Vendredi 16 Novembre 2018

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