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Persistance des disparités sociales malgré l’amélioration des conditions de vie

Selon l’ONDH, beaucoup reste à faire




 L'amélioration quantitative des conditions de vie au cours des six dernières années ne s'est pas accompagnée d'une diminution des écarts sociaux et territoriaux, ont indiqué les intervenants lors d'un atelier de restitution des résultats de l’analyse longitudinale des données des quatre passages de l’Enquête Panel des Ménages de l’Observatoire national de développement humain (ONDH).  
Il s'agit d'une évaluation couvrant la période 2012-2017, a affirmé, dans une déclaration à la MAP, le secrétaire général de l'ONDH, El Hassan El Mansouri, ajoutant que cette évaluation insiste sur un certain nombre de points sur lesquels des performances ont été réalisées et d'autres qui nécessitent davantage d'efforts.
Il a, à cet effet, donné l'exemple de la couverture sociale médicale, marquée par un saut quantitatif et qualitatif très important, dans la mesure où la population couverte est passée de 23% à 54%, regrettant toutefois les disparités qui persistent, notamment en matière de pauvreté relative.
Calculés à partir d'un panel de ménages, les indicateurs présentés dans le rapport "Indicateurs de suivi du développement humain: niveau et tendances à l'échelle nationale et régionale 2012-2013", couvrent les évolutions constatées sur le plan de la démographie, l'éducation, la santé, l'activité économique, le niveau de vie, la pauvreté, les disparités régionales et les inégalités sociales.
Ainsi, en termes d'évolution du stock de capital humain, le chef du pôle enquêtes et méthodes de l'ONDH, Abdelkader Této, a fait savoir que la moyenne d'années d'études pour les 25 ans et plus, s'établit à 4,7 ans en 2017 avec 5,8 ans pour les hommes et 3,8 pour les femmes (6,1 ans en milieu urbain contre 2,2 ans en milieu rural). Il a également souligné que si la scolarisation de base est presque généralisée à l'ensemble des classes et de l'espace territorial avec de légères disparités, la scolarisation des 6-22 ans s'est améliorée dans tous les cycles mais reste freinée par le retard et le décrochage scolaire qui affectent particulièrement les couches sociales pauvres et vulnérables au moment du passage au collège et au lycée.  Concernant le retard scolaire, au niveau du collège et du secondaire, M. Této a noté que 24% des enfants ruraux de 13 à 15 ans sont encore au primaire et que 44% des 16 à 18 ans ne sont toujours pas au lycée, précisant que ces proportions de retard paraissent faibles pour les filles en comparaison aux garçons car lorsqu'elles redoublent, les filles ont tendance à abandonner le système.
L'abandon scolaire se positionne ainsi comme un défi pour le système éducatif qui continue de ralentir le renforcement du stock du capital humain, a-t-il dit.
Au sujet de la couverture médicale, elle a atteint 53,8% en 2017, contre 23,4% en 2012, couvrant presque 60% de la population urbaine et 45% de la population rurale.
Dans ce sens, le poids du RAMED s'est amélioré, entre 2013 et 2017, passant à l'échelle nationale de 10,1% en 2013 à 28,5% en 2017 (de 12,8 à 34,9% en milieu rural et de 8,9 à 24,6% en milieu urbain), a poursuivi M. Této. Dans le domaine de l'accès aux services de base, l'ONDH à travers son étude présentée par M. Této, souligne une quasi-généralisation de l'électricité, soit 95,2% en 2012 et 97,1% en 2017, et ce même en milieu rural, avec 89% en 2012 et 95,3% en 2017.
L'accès au réseau d'eau potable est passé, quant à lui, de 73,7% en 2012 à 77,1% en 2017 et en milieu rural de 35,3% en 2012 à 40,8% en 2017, enregistrant une nette amélioration.
A l'échelle urbaine, le réseau des égouts publics tend à être généralisé à hauteur de 94,7%, avec l'amélioration de l'environnement des ménages en milieu rural grâces aux fosses septiques, puits ou latrines qui constituent le mode d'évacuation le plus répandu (83% en 2017).
En outre, l'accès aux routes goudronnées est passé de 55,9% en 2012 à 60,6% en 2017, permettant à la proportion des ménages ayant accès à un établissement primaire de passer de 75,1% en 2012 à 76,1% en 2017, et à la part des ménages ayant accès à un centre de santé à moins de 5 km d'atteindre 56%.
Relativement aux niveaux de vie, de pauvreté et d'inégalité, l'ONDH note qu'en terme réel, le niveau de vie des Marocains a augmenté en moyenne de 2.2% par an entre 2012 et 2017, avec une amélioration plus forte en milieu rural (3.5%) par rapport au milieu urbain (1.2%). Néanmoins, le niveau de vie des urbains est environ deux fois (1.9%) plus élevé que celui du rural.
De son côté, Mohamed Benkassmi, consultant expert, a révélé les résultats de l'analyse longitudinale des premières vagues du panel portant sur la pauvreté et les niveaux de vie, l'éducation, l'emploi et la santé.
Il a souligné ainsi qu'en ce qui concerne la pauvreté relative, près de la moitié de la population pauvre en 2012 (47.6%) est sortie de la pauvreté en 2013, tandis que parmi la population non-pauvre en 2012, environ 8.5% sont tombés dans la pauvreté en 2013, ajoutant que 44% de la population longitudinale ont vécu en pauvreté relative au moins une vague sur quatre (2012-2013-2015-2017).
Parmi eux, 20% sont passés par un seul épisode de pauvreté ou "pauvreté passagère" et environ 4% sont restés dans la pauvreté au cours de toute la période des quatre vagues, en situation alors de "pauvreté chronique".
Ces deux types de pauvreté, a-t-il expliqué, demandent des traitements et moyens de lutte différenciés, précisant que l'éducation du chef de ménage figure parmi les principaux facteurs de sortie de pauvreté avec un effort fortement croissant et que les habitants du milieu rural ont relativement plus de difficultés de sortir de la pauvreté.
S'exprimant sur l'éducation et l'emploi, il a noté qu'environ 14.2% de l'ensemble des jeunes qui suivaient leurs études en 2013, tous niveaux confondus, les ont arrêtées, abandonnées ou terminées, entre 2013 et 2015.
Parmi ces jeunes qui ont quitté l'enseignement entre 2012 et 2013, 19.5% sont actifs, occupés en 2013 avec seulement 13.7% en milieu urbain (contre 29.7% en milieu rural) et environ 27.8% d'entre eux cherchent du travail (36.1% en milieu urbain et 13.0% en milieu rural), a indiqué Mohamed Benkassmi, mettant l'accent sur les importantes différences entre l'urbain et le rural. Un cinquième des longitudinaux non couverts en 2012 sont devenus couverts en 2013 et un peu moins d'un tiers des non couverts en 2013, l'est devenu en 2015.
L'élargissement de la couverture médicale de base au Maroc, pendant cette période, est essentiellement l’œuvre du RAMED, suivi de près par la Caisse nationale de sécurité sociale.
En identifiant cette population devenue couverte, a-t-il avancé, il est possible d'examiner, en relation avec l'organisme/régime de leur couverture, les changements survenus dans leurs recours aux soins, leurs choix de prestataires, etc.
L'enquête panel de ménages de l'ONDH aura donc permis, s'est-il félicité, d'obtenir un suivi des principaux indicateurs de développement humain, à l'image des enquêtes classiques mais avec cette fois-ci un apport novateur qui consiste dans les analyses longitudinales des différents aspects du développement humain, ce qui a permis d'obtenir des résultats qui n'ont jamais été possibles par le passé et de répondre à des questions liées, entre autres, aux situations de pauvreté, d'emploi et de changement survenant à la suite de la couverture médicale. Quatre passages ont été réalisés depuis que le panel a été initié en 2012 par l'ONDH, dont les travaux de collecte des données sur le terrain se déroulent durant la même période de l'année allant de mars à juillet de chaque passage. La durée qui sépare deux passages successifs est de deux années.

Samedi 29 Décembre 2018

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