“Pearl”, le monde du body-building féminin dans un film musclé

Vendredi 1 Février 2019

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Premier long métrage d’Elsa Amiel, assistante-réalisatrice sur "Saint Laurent" et "L'Apollonide" de Bertrand Bonello notamment. "Pearl" explore le monde du body-building féminin, au soir d’une compétition où une concurrente voit le retour de son fils de 4 ans qu’elle n’a jamais vu. Original par son sujet, le film tient ses promesses, malgré des longueurs.
Julia Föry, qui interprète Léa "Pearl", est une bodybuildeuse réputée qui œuvre par ailleurs dans la mode. Le soir d’une compétition de beauté, Pearl, la championne, en finale, reçoit la visite de son ex qu’elle n’a pas vu depuis 4 ans. Il lui confie leur fils. Deux mondes sont obligés de se rencontrer, de se confronter. De s’aimer ?
Elsa Amiel sort des sentiers battus du cinéma français avec un sujet autre que les comédies dramatiques ou non, histoires de familles et autres romances alambiquées. Elle rejoint des cinéastes tels que Julia Ducournau ("Grave") ou Gaspar Noé ("Irréversible", "Climax"), par ses choix et sa cinématographie. Elle s’octroie toutefois plus de romanesque que ses pairs en filmant un mélodrame.
Attachée à une image composée au cordeau, assistante-réalisatrice d’origine oblige, Elsa Amiel fait du cadre du film, son véritable sujet. Mieux que dans un documentaire, elle explore les coulisses, les rapports entre sportif(ve)s, coachs et compétitrices, par la fiction avec élégance. Elle joue du suspense par le concours et la contrainte de cet enfant inopportun qui lui tombe dessus. Monde de strass, d’argent, de rivalité, avec sa morale, la cinéaste transmet toute la fascination contenue dans cet univers sportif et plastique.
Elle tire toutefois un peu trop sur la corde, malgré la seule heure-vingt de son film, qui aurait pu être élaguée pour un moyen-métrage plus dynamique. Problème de narration. Demeure la présence de Julia Föry, identifiée à son rôle, celle de Peter Mulan ("My Name is Joe") en coach hargneux implacable, et l’exploration sous ses meilleurs atours d’une niche peu visitée. Inattendu et beau.

Vendredi 1 Février 2019
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