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Pas de pitié pour les faiseurs de fake news




Pas de pitié pour les faiseurs de fake news
Comme tous les sujets médiatiquement forts, le coronavirus n’échappe pas au sillon de la désinformation.
Le virus a, en effet, amené avec lui son lot de rumeurs, de fausses informations, d’images truquées et d’assertions sur son origine, sa propagation ou encore sur de soi-disant remèdes miracles le concernant, le tout sans source crédible et sans analyse aucune.
Le climat ambiant a ainsi permis aux fake news de se propager à vitesse grand V sur les réseaux sociaux.
Ce qui a poussé les autorités publiques à prendre le taureau par les cornes.
Non seulement, elles ont procédé à l’arrestation et au déferrement devant la justice des personnes qui en ont été à l’origine, mais elles ont aussi alerté l’opinion publique sur leurs méfaits et appelé à ce que les informations concernant le Covid-19 ne soient recherchées que de bonnes sources.
Le dernier des communiqués publiés dans ce sens a d’ailleurs annoncé que plusieurs applications et sites web malveillants qui ont pour but d’infecter un nombre important de victimes sont apparus, vu les circonstances actuelles et la vaste médiatisation du coronavirus.
Dans un communiqué relayé par l’agence MAP, l'Administration de la défense nationale a cité, à titre d’exemple, l’application du suivi du coronavirus "Covidlock" qui n’est en réalité qu’un ransomware, disponible sur le site “coronavirusapp”, précisant que ce ransomware chiffre les appareils des victimes, puis demande qu’une rançon de 100$ soit payée (en Bitcoin) dans un délai de 48 heures pour récupérer l’accès à l’appareil infecté.
Les auteurs de ce ransomware avertissent les victimes que les contacts, photos et autres contenus seront supprimés et les comptes de médias sociaux seront divulgués, explique le communiqué.
Un autre exemple d’attaques vise spécifiquement les victimes qui s’intéressent aux présentations cartographiques de la propagation du coronavirus sur Internet, souligne la même source, faisant savoir qu'un utilisateur peut télécharger et exécuter une application malveillante qui montre une carte de propagation de la maladie, mais en arrière-plan elle installe un malware afin de compromettre les machines des victimes et voler leurs informations confidentielles.
BlackWater est une autre variante de malwares apparus dans ce sillage, poursuit le communiqué, notant que l'attaque est initiée par des e-mails de phishing contenant des pièces jointes malveillantes qui prétendent être des informations sur le coronavirus (Covid-19) pour attirer les victimes. Une fois ces pièces ouvertes, le malware est installé sur l'ordinateur de la victime.
Pour contrer ce type d’attaques, elle a conseillé aux utilisateurs de s'assurer que la source des applications de confiance et les ressources utilisées proviennent d’établissements de santé gouvernementaux ou de médias officiels, conclut le communiqué.
De plus nombre d’arrestations dont nous publions ci-après les plus récentes, ont été opérées avec diligence par les services concernés.

El Jadida
 Les éléments du service préfectoral de la police judiciaire d'El Jadida ont arrêté, mardi, une femme présumée impliquée dans l'enregistrement d'une vidéo truquée qui contient de fausses informations sur de prétendues contaminations par le nouveau coronavirus et susceptibles de porter atteinte à la sécurité et à la sûreté des citoyens.
La mise en cause, âgée de 23 ans, est apparue dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, portant un masque et du matériel médical respiratoire et prétendant fallacieusement être en quarantaine dans un établissement de santé après avoir fréquenté des citoyens contaminés par le coronavirus à Casablanca et El Jadida, indique un communiqué de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN).
Les recherches et investigations menées par les services de police ont permis d'identifier la suspecte et de l’interpeller pour avoir diffusé des informations trompeuses sur une présumée contamination par le nouveau coronavirus, ajoute la même source.
La prévenue a été placée en garde à vue à la disposition de l’enquête menée sous la supervision du parquet compétent pour déterminer les tenants et aboutissants de cette affaire, conclut le communiqué.

Kasbat Tadla
Les éléments de la Brigade de la police judiciaire relevant du Commissariat régional de sûreté à Kasbat Tadla ont arrêté, mardi, un individu âgé de 34 ans, pour son implication présumée dans l'enregistrement et la diffusion d'un audio contenant des données erronées sur un cas supposé d'infection par le nouveau coronavirus.
La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) indique dans un communiqué que les services de la police avaient réagi, avec sérieux et célérité, face à cet enregistrement audio, dans lequel le suspect prétend qu'un citoyen marocain résidant à l'étranger circulait dans la ville de Kasbat Tadla malgré sa contamination par le nouveau coronavirus.  
Dans un premier temps, l'identité du citoyen supposé infecté, qui ne présente aucun symptôme de la maladie, a été identifiée, avant de procéder ensuite à l'arrestation de la personne impliquée dans l'enregistrement de ce faux audio et sa diffusion sur les réseaux sociaux, précise la DGSN.  
Le mis en cause a été placé en garde à vue à la disposition de l’enquête judiciaire ordonnée par le parquet compétent et ce, pour élucider les circonstances de la publication de cette rumeur mensongère susceptible de porter atteinte à la sûreté et la sécurité des citoyens, conclut le communiqué.

Tétouan
Deux individus âgés de 38 ans et 45 ans, l'un journalier et l'autre commerçant, ont été arrêtés lundi pour leur implication présumée dans des publications sur les réseaux sociaux, qui incitent à entraver l'exécution des mesures publiques de prévention contre la propagation du nouveau coronavirus (Covid-19), et la perpétration de crimes et délits contre les personnes et l'ordre public, a-t-on appris auprès de la préfecture de police de Tétouan.
Dans un communiqué, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a indiqué mardi que le premier suspect avait publié plusieurs statuts sur son compte personnel sur les réseaux sociaux, appelant à prendre d'assaut les établissements pénitentiaires et libérer les prisonniers en cas d'aggravation de la crise, tandis que le deuxième était pris en flagrant délit d'accrochage d'une banderole sur le pare-brise de sa voiture, incitant à la désobéissance et l'abstention d'appliquer la mesure préventive de fermeture temporaire des mosquées.
Le premier mis en cause a été placé en garde à vue à la disposition de l'enquête ordonnée par le parquet compétent, alors que le deuxième fait l'objet d'une enquête préliminaire pour déterminer les motifs et mobiles de ces actes criminels.

Marrakech
Les éléments du service préfectoral de la police judiciaire de Marrakech ont arrêté mardi, en étroite coordination avec les services de la Direction générale de la surveillance du territoire, une femme, directrice régionale d'une succursale d'un établissement de crédit à Marrakech, pour son implication présumée dans la publication d'une fausse information concernant la propagation de la pandémie de coronavirus.
Dans un communiqué, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a indiqué que la mise en cause (44 ans) avait publié, sur les réseaux sociaux et les applications de messagerie instantanée, un enregistrement sonore dans lequel elle prétend que l'état d'urgence a été instauré dans la ville de Marrakech et que des bataillons de l'armée ont été déployés, à cause de la propagation de cas présumés d’infection au Covid-19 dans plusieurs établissements touristiques.
Dans cet enregistrement, la suspecte incite les citoyennes, les citoyens et les étrangers à ne pas visiter la ville de Marrakech qualifiée, de façon trompeuse, d'épicentre de propagation de la pandémie, ajoute le communiqué.
Cette personne a été placée en garde à vue à la disposition de l’enquête judiciaire ordonnée par le parquet compétent et ce, pour démystifier les motifs de la publication de cette fausse information qui porte atteinte à la sûreté et la sécurité des citoyens, ainsi qu'à l'image des établissements touristiques et professionnels de ce secteur, et pour identifier les actes criminels qui lui sont reprochés, a conclu la DGSN.  

Démentis
La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a démenti de manière catégorique la véracité des commentaires et des publications trompeuses accompagnant certaines vidéos et images diffusées sur les réseaux sociaux de personnes inconscientes sur la voie publique, soulignant qu'insinuer que ces images et vidéos sont celles de victimes présumées du nouveau coronavirus est "une fausse information destinée à nuire à la sécurité et à la sûreté des citoyens".
Dans le souci d'informer l’opinion publique et pour dissiper les craintes et appréhensions pouvant résulter de la publication de ces vidéos et images, la DGSN indique dans un communiqué que les analyses techniques et les recherches de terrain ont clairement démontré que la personne inconsciente sur la voie publique, près d’un épicier, a été victime d’une crise d'épilepsie survenue le 16 mars à Tétouan, tandis que la femme inconsciente près d'une station d’essence a souffert d’une crise d'asthme et a reçu les premiers soins nécessaires à l'hôpital de la même ville.
Concernant les images présentant une personne inconsciente sur le trottoir et une autre se trouvant dans un état de santé critique dans un escalier d’une maison, les analyses réalisées confirment qu’il s’agit de cas médicaux enregistrés hors du Maroc et qui n'ont absolument rien à voir avec les citoyens marocains, ajoute le communiqué.
En ce qui concerne la vidéo montrant une personne faisant semblant de tousser sur la voie publique à Tanger et une autre gisant sur le sol à Casablanca, les recherches et les enquêtes ont confirmé que les services de sûreté nationale n’ont reçu aucune notification concernant des cas médicaux aux endroits mentionnés, poursuit la DGSN, soulignant que les services de la protection civile et les services médicaux spécialisés ont confirmé qu'aucune intervention médicale n'a été enregistrée sur place pour secourir des personnes atteintes de quelconque maladie.
Tout en dévoilant la nature des images et des vidéos susmentionnées, la DGSN affirme à son tour que les services décentralisés de la police judiciaire ont notifié les parquets compétents et ont ouvert des enquêtes préliminaires afin d’identifier et d’arrêter tous ceux dont la responsabilité est avérée dans la fabrication de vidéos mensongères feignant la contamination au coronavirus, ou de diffusion et de partage des vidéos fabriquées pour compromettre la sécurité des citoyennes et des citoyennes.
Pour sa part, la Cour de cassation a démenti, mardi, les fausses informations contenues dans un enregistrement sonore, diffusé sur les réseaux sociaux, qui fait état de la contamination au coronavirus, mardi matin, d'une membre de la Cour et de l'évacuation urgente des locaux de la Cour à cause de ce cas.
Dans un communiqué, la Cour dit déplorer la diffusion de ce genre de rumeurs dans ces circonstances, qui requièrent de tout citoyen de faire preuve de responsabilité et d'un sens de citoyenneté sincère en s'abstenant de diffuser tout ce qui est de nature à semer la zizanie dans la société.
Les autorités compétentes ont été chargées d'enquêter sur la source de cette information erronée afin d'engager les procédures judiciaires qui s'imposent, conclut la même source.

Enquête sur
Abou Naim

La Brigade nationale de la police judiciaire a ouvert, mardi, une enquête sous la supervision du parquet près la Cour d’appel de Rabat chargé des affaires de terrorisme et d'extrémisme pour déterminer les actes criminels attribués à une personnes soupçonnée d'incitation à la haine et d’avoir menacé les citoyens de commettre des actes susceptibles d’atteindre gravement à l’ordre public.
Dans un communiqué, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) indique que le dénommé "Abou Naim" est apparu sur une vidéo relayée sur les réseaux sociaux et les plateformes de messagerie instantanée dans laquelle il tient des propos comportant une incitation à la haine et à la violence ainsi que des éléments fondateurs à des actes criminels menaçant gravement l’ordre public, tout en dénigrant et ridiculisant les efforts des autorités publiques pour faire face à l’épidémie du nouveau coronavirus.
Le mis en cause a été placé en garde à vue à la disposition de l’enquête judiciaire menée par le Bureau national de lutte contre le terrorisme et le crime organisé relevant de la Brigade nationale de la police judiciaire sous la supervision du parquet compétent pour dévoiler les motivations derrière la publication de cette vidéo provocatrice, laquelle comprend des éléments excommuniant l’Etat et ses institutions, et déterminer tous les actes criminels imputés à l'intéressé, conclut le communiqué.

Sanofi offre de l'anti-paludique Plaquenil pour traiter 300.000 malades

Le laboratoire français Sanofi s'est dit prêt à offrir aux autorités françaises des millions de doses de l'anti-paludique Plaquenil, pouvant traiter potentiellement 300.000 malades, après des essais jugés "prometteurs" auprès de patients atteints du Covid-19. Au regard d'une étude aux résultats encourageants menée sur ce médicament, "Sanofi s'engage à mettre son traitement à la disposition de la France et à offrir plusieurs millions de doses qui pourraient permettre de traiter 300.000 patients", a indiqué à l'AFP mardi un porte-parole du laboratoire, tout en précisant que le groupe se tenait prêt à travailler avec les autorités de santé françaises "pour confirmer ces résultats".
Le Plaquenil, une molécule d'hydroxychloroquine, également utilisée depuis des décennies dans les maladies auto-immunes de type lupus ou polyarthrite rhumatoïde, pourrait en effet avoir un effet sur la disparition du virus, a indiqué lundi le professeur Didier Raoult, directeur de l'Institut Hospitalo-Universitaire de Marseille.
Selon cette étude menée par le professeur Raoult sur 24 patients porteurs du coronavirus, six jours après le début de la prise de Plaquenil, le virus avait disparu chez trois quarts des personnes traitées.
La porte-parole du gouvernement français Sibeth Ndiaye avait indiqué plus tôt que ces essais cliniques étaient "prometteurs" et seraient étendus à un plus grand nombre de patients. Ces nouveaux essais cliniques "seront réalisés avec une équipe indépendante du professeur (Didier) Raoult", a précisé Mme Ndiaye à l'issue d'un Conseil des ministres, soulignant qu'à ce stade "nous n'avons pas de preuve scientifique" que ce traitement fonctionne.
Plusieurs experts appellent en effet à la prudence en l'absence d'études plus poussées et en raison des effets indésirables pouvant être graves, notamment en cas de surdosage. "J'ai pris connaissance des résultats et j'ai donné l'autorisation pour qu'un essai plus vaste par d'autres équipes puisse être initié dans les plus brefs délais sur un plus grand nombre de patients", a indiqué de son côté le ministre de la Santé Olivier Véran, lors d'une conférence de presse téléphonique. Il a émis l'espoir que ces nouveaux essais permettraient "de conforter les résultats intéressants" obtenus par le professeur Raoult. Mais "il est absolument fondamental d'asseoir toute décision de politique publique en santé sur des données scientifiques validées et les processus de validation, on ne peut pas négocier avec", a-t-il souligné à propos de ces essais.
Les initiatives des entreprises se multiplient face à la pandémie. Sanofi, qui travaille sur un vaccin contre le nouveau coronavirus, avait déjà annoncé vendredi la création d'un fonds d'amorçage pour soutenir l'effort de recherche des équipes de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) dans leur lutte contre le coronavirus. Le groupe de luxe LVMH a aussi fait savoir dimanche qu'il agissait, en annonçant que sa branche parfums allait fabriquer des gels hydroalcooliques mis gracieusement à disposition des autorités sanitaires françaises.

H.T
Jeudi 19 Mars 2020

Lu 1278 fois


1.Posté par Mohamed le 19/03/2020 15:52
C'est une bonne décision ...ceci n'est pas une plaisanterie

Bravo aux autorités,au médecins ect pour le travail qu'ils fournissent auprès des citoyens marocains🇲🇦
Avec de la persévérance tout se passera pour le mieux inchallah

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