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Pachuca FC se mesure au Wydad : Le Club de mineurs qui sort la tête après avoir longtemps fait grise mine




Passer au crible l’histoire du Pachuca Football Club, c’est aussi évoquer celle des mines d’argent au Mexique. Car si cette activité, instaurée par les conquistadores espagnols, a eu un rôle important dans l'histoire coloniale, l'indépendance, et la révolution mexicaine, elle aura surtout fait de la ville de Pachuca de Soto, située à une centaine de kilomètres au nord de la cité de Mexico, le berceau du football mexicain. La capitale de l’État d’Hidalgo accueillait des sites miniers fortement peuplés, notamment par des mineurs britanniques immigrés de Cornouailles. Alfred C. Crowle fut l’un d’entre eux. Il a été l’homme à l’origine de l’introduction du football pour les mineurs. Pratiqué comme loisirs au début, l’année 1895 a vu la création du "Pachuca Athletic Club.
Actuellement, considéré comme l’un des plus vieux clubs du continent américain, il a aussi été l’un des membres fondateurs de la première division mexicaine. Néanmoins, en amont de jouir de la réputation d’être les plus titrés du pays aux ponchos, les pensionnaires du «Stadio Hidalgo» se sont abîmés dans des révolutions de palais et des dérives financières qui leur ont valu de végéter longuement à l’étage inférieur, avant de naviguer pendant 20 ans entre la première et seconde divisions. Depuis 1998, le club dont la ville accueille l’une des rares universités du football du pays est solidement abonné à l’élite et au succès.
Parti de rien et revenu de tout, Pachuca semble avoir chassé les fantômes du passé. Il est devenu, en 2006, le premier club au monde à remporter une compétition officielle en dehors de sa Confédération d'origine, la Copa Sudamericana. Un titre qui vient s’ajouter à une vitrine déjà bien garnie : six titres de champions du Mexique, deux Coupes nationales, cinq Coupes des champions de la CONCACAF, ainsi qu’une Super Liga, au dépens des Los Angeles Galaxy de David Bekham en 2007.
Engagée dans la Coupe du monde des clubs grâce à son succès en Ligue des champions CONCACAF, l’équipe entraînée par l’Uruguayen D. Alonso n’as plus connu les peines de la défaite qu’à une seule reprise lors des 8 derniers matchs. Déployée dans un immuable 4-3-3 et habituée à affronter des équipes recroquevillées dans leurs 30 derniers mètres, elle brille par un jeu collectif dont l’animation offensive, fluide et sans fioriture, se concentre principalement sur les ailes. Par un jeu en triangle bien rodé, les Tusos trouvent majoritairement le chemin des filets à la conclusion de centres au cordeau bonifiés par une forte présence dans les 18 mètres des milieux relayeurs qui n’hésitent jamais à se projeter. C’est justement le point fort des Mexicains. Certes, ils souffrent de l’absence d’un artificier, mais ce vide est comblé par Víctor Alfonso Guzmán, milieu défensif et meilleur buteur avec  8 buts. Pourtant, c’est le Japonais Keisuke Honda qui devrait aimanter tous les regards. Le gaucher japonais qui a posé ses valises au Mexique en provenance du Milan AC, a été nommé en 2010 par l'UEFA dans l'équipe de l'année en tant que milieu offensif en concurrence avec Sneijder et Fàbregas. A 31 ans, fort de son coup d’œil et ses passes lasers, le natif de Settsu, sera l’une des principales sources de danger pour les Casablancais, malgré un faible temps de jeu depuis son arrivée en septembre (7 titularisation pour 3 buts).
Le Pachuca Football Club sera un adversaire difficile à manœuvrer. Cependant, le Wydad jouit de grandes chances de qualification tant les points faibles des mexicains, à savoir un manque d’implication dans le repli défensif et un déséquilibre patent à la perte du ballon, s’accordent parfaitement avec les qualités de solidité dans le jeu aérien à la réception des centres, et la fulgurance des attaquants en phase de transition, des joueurs casablancais.  

Chady Chaabi
Samedi 9 Décembre 2017

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