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PRISME TACTIQUE. La patte Lassaad Chabbi


PRISME TACTIQUE. La patte Lassaad Chabbi
Les transferts des idées de jeu d’un club à l’autre expliquent souvent la nomination d’un entraîneur. Ce n’est peut-être pas un hasard si les dirigeants du Raja ont fait un pari audacieux en nommant Lassaad Chabbi à la tête de l’équipe première, après son mandat plein de promesses à l’US Monastir. Le coach tunisien ne s’est d’ailleurs pas privé d’imprimer rapidement sa patte sur le collectif du Raja qui brillait jusqu’ici par ses individualités. Certes, Chabbi ambitionnait démesurément de remporter les quatre compétitions où les Verts étaient encore lice. Mais il a connu sa première désillusion, mercredi soir, après l’élimination en quart de finale de la Coupe du Trône par l’ASFAR. Toutefois, le projet de jeu qu’il espère mettre en place commence doucement mais sûrement à prendre forme.

Pressing haut et densité défensive
Même si, pour le moment, il privilégie un 4-3-3 classique, Lassaad Chabbi a pour habitude de déployer son onze dans des systèmes variés et adaptés. Comme en témoigne son expérience en Tunisie. Il pouvait choisir les organisations en répondant au contexte proposé par l'opposition : 4-2-3-1, 3-5-2, 3-4-3. Ses ex-supporters ont quasiment tout vu en deux ans, y compris des systèmes évolutifs entre la phase défensive et celle offensive. Un mécanisme qui devrait surprendre certains de ses nouveaux joueurs.

Contrairement à la fin de l’ère Sellami, le Raja agresse l’adversaire et le harcèle dans son camp. Une stratégie usante physiquement mais qui permet une récupération haute et rapide du ballon. Si les statistiques ne reflètent pas encore les intentions du coach de nationalité autrichienne, la réaction de ses joueurs à la perte du ballon en dit long sur ses consignes. Consignes qui, d’apparence, fixent un objectif et une structure défensive. Par exemple, lorsque l’adversaire opte pour du jeu long pour se sortir du pressing haut, Arjoune et le back-four coulissent côté ballon en formant un bloc dense et compact. De cette manière, ils sont présents à la retombée. Cela dit, la réussite du projet de jeu de Lassaad Chabbi dépendra grandement de sa force de persuasion. S’il réussit à impliquer les Moutouali, Hafidi et autre Rahimi dans l’effort sans ballon, de manière systématique, le style entrevu à l’US Monastir continuera d’émerger et se bonifier avec un effectif de meilleure qualité au Raja. Sans le travail défensif de son premier rideau, l’intensité exigée par Chabbi risque de s’éteindre rapidement, comme le prouvent par séquences les deux derniers matchs des Verts.

Ngoma, pièce maîtresse de l’entrejeu
L’utilisation de Ngoma est certainement la plus grande réussite de Lassaad Chabbi. Alors qu’il était mis au placard par Sellami, le Congolais revient en grâce. Mobile, intelligent, assez propre techniquement pour jouer à tous les postes du milieu, Fabrice Ngoma exploite désormais à plein régime son énorme volume de jeu, donnant parfois l’impression que le Raja joue à douze. Ses récentes performances sont à la hauteur des espoirs placés en lui à son arrivée en juillet 2019.

A l’évidence, son profil plaît à Chabbi, qui apprécie les joueurs capables de dépasser leurs fonctions, d’autant qu’il sait défendre en avançant, un concept capital pour son entraîneur actuel. En phase offensive, les circuits de passes préférentiels sont aisément décelables. Un intense travail de positionnement est réalisé lors des entraînements. Les attaquants alignés par le nouvel entraîneur du Raja ont le droit de permuter, surtout Rahimi et Malongo, pour se créer mutuellement des espaces. Selon toute vraisemblance, Chabbi n’apprécie pas un football aux positionnements trop figés. En situation de relance basse, ses équipes aiment ressortir le ballon proprement, avec des défenseurs centraux qui doivent prendre des initiatives balle au pied. Notamment en cassant les lignes adverses par la passe ou la conduite de balle.

A l’exception de la sentinelle devant la défense, en l'occurrence Omar Arjoune, les milieux de terrain évitent de décrocher sans raison. Dans l’entrejeu, les rôles sont prédéfinis. A Arjoune le rôle de stabilisateur, bouche-trou et parfois relanceur. A Ngoma celui de Box to Box et de harceleur à la perte du ballon. Enfin, Hafidi doit se mettre entre les lignes adverses puis orienter le jeu à sa guise. Rien de bien nouveau pour lui, à la différence des latéraux.

Avec Chabbi, un latéral ne doit pas uniquement être capable de défendre et avoir la caisse pour arpenter son couloir dans les deux sens. Il doit aussi posséder la justesse technique pour être impliqué dans le jeu. Sans oublier une intelligence positionnelle selon les situations. Depuis la prise de commande du coach tunisien, il n’est pas rare de voir les latéraux s’insérer au milieu du terrain dans le cas où l’ailier colle à la ligne de touche pour écarter la défense adverse. A l’inverse, si ce dernier rentre à l’intérieur du jeu, c’est au latéral de prendre le couloir.

Plus facile à dire qu’à faire, mais si Lassaad Chabbi réussit à transmettre les valeurs de flexibilité et d’intensité qui lui sont chères, nul doute que ses joueurs progresseront de manière fulgurante pour le plus grand bonheur du peuple vert. Pour le moment, ça en prend le chemin. De plus, après six rencontres sur le banc du Raja, Lassaad Chabbi gagne plus de points par match que son prédécesseur (2,17 p/m contre 1,96) et son équipe marque plus (2,50 b/m contre 1,42). En revanche, la défense est moins hermétique sous ses ordres (1,50b/m contre 0,84).

Chady Chaabi 

Libé
Vendredi 7 Mai 2021

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