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Neuf civils tués dans de nouveaux raids sur la Ghouta

L'ONU prévoit un nouveau convoi humanitaire à la Ghouta jeudi




Au moins neuf civils ont été tués et une quarantaine d'autres blessés dans de nouvelles frappes aériennes du régime syrien contre l'enclave rebelle dans la Ghouta orientale, a indiqué mardi matin l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Alors que le régime de Bachar al-Assad a repris quelque 40% de l'enclave située à l'est de Damas, la cadence de ses raids aériens ne faiblit pas.
Dans la nuit, "les frappes aériennes ont ciblé les localités de Saqba et de Hamouriyé". Puis, dix raids ont été effectués mardi matin sur la localité de Jisrine, tuant "neuf civils et en blessant une quarantaine d'autres", a dit à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.
Le nombre de civils tués depuis le lancement, le 18 février, d'une offensive d'une rare intensité sur le fief rebelle est désormais supérieur à 780 civils, dont plus de 170 enfants, d'après l'ONG, qui dispose d'un vaste réseau de sources dans le pays en guerre.
Depuis près d'une semaine, le régime a en outre intensifié ses opérations terrestres, réalisant une percée dans l'enclave.
Dans la ville de Douma, l'une des plus grandes de la région, visée par des frappes mardi matin, les paysages de destruction dominent, a rapporté un correspondant de l'AFP.
Les scènes de désolation --avec des bâtiments réduits en montagnes de décombres de part et d'autre des routes-- se répètent également à Hammouriyé, cible de bombardements nocturnes intenses, d'après un autre correspondant de l'AFP.
Au gré des accalmies, seuls quelques habitants terrés dans des sous-sol sont sortis en matinée de leurs abris pour inspecter les lieux et l'état de leurs habitations.
Lundi, au moins 86 civils ont été tués par des bombardements sur l'enclave rebelle, selon l'OSDH. Dix-huit cas de suffocation ont, par ailleurs, été recensés à Hammouriyé après le tir effectué par un avion de chasse sur la localité, a affirmé l'ONG, qui n'a toutefois pas pu confirmer la source de ces malaises.
Des activistes opposés au régime syrien ont évoqué le recours par Damas à des "gaz toxiques", ce qu'ont qualifié les médias étatiques de "pièce de théâtre du chimique".
Le régime syrien, qui a plusieurs fois démenti utiliser des armes chimiques, a été montré du doigt ces dernières semaines pour des attaques présumées au gaz de chlore.
Ces accusations, "irréalistes" selon le président syrien Bachar al-Assad, ont provoqué un tollé sur la scène internationale, Washington et Paris brandissant la menace de frappes en Syrie. "Cette question (des armes chimiques) fait partie du vocabulaire mensonger de l'Occident" et constitue "un prétexte pour mener des frappes contre l'armée syrienne", a-t-il jugé dimanche dans un entretien avec des journalistes.
Après un tir de roquette mené par un avion le 25 février, 14 cas de suffocation ont été rapportés à Chifouniyé, une localité au sein de l'enclave rebelle, entraînant la mort de deux enfants, selon l'OSDH.
Ces nouveaux cas de suffocation interviennent alors que le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a adopté lundi une résolution demandant l'ouverture d'une enquête sur le siège de l'enclave rebelle.
Sur le terrain, les combats entre forces loyalistes et groupes rebelles se concentrent sur les localités de Beit Sawa et Al-Achaari au centre, Aftariss au sud, et Al-Rihane au nord-est.
Les forces fidèles à Bachar al-Assad contrôlent désormais l'est et le sud-est de l'enclave et ont pris pied dans le coeur du fief rebelle, à deux kilomètres à peine de Douma, selon l'OSDH.
Par ailleurs, les Nations unies ont annoncé mardi qu'elles allaient tenter d'envoyer jeudi un nouveau convoi d'aide humanitaire dans l'enclave rebelle de la Ghouta orientale assiégée par les forces soutenant le régime syrien.
Lundi, 14 des 46 camions qui ont pu se rendre dans la région n'ont pas réussi à décharger la totalité de leurs cargaisons en raison des bombardements sur la ville de Douma.
"Après environ neuf heures sur place, la décision a été prise de partir pour des raisons de sécurité et d'éviter de mettre en danger la sécurité des équipes humanitaires sur le terrain", a déclaré Jens Laerke du bureau de coordination de l'Onu des affaires humanitaires (OCHA).
Vivre sous terre est devenu la norme dans l'enclave rebelle où vivent quelque 400.000 personnes. Depuis un mois, certaines familles occupent des sous-sols dans lesquels s'entassent jusqu'à 200 personnes, a indiqué Christophe Boulierac de l'Unicef.

Mercredi 7 Mars 2018

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