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Nasser Bourita : Le retour des Marocains bloqués à l'étranger doit se dérouler dans des conditions optimales

Le centre d'appel du ministère des AE a reçu plus de 48.000 communications




Les Pays-Bas et la Belgique ont affiché une attitude contraire et discriminatoire à l'égard des Marocains détenteurs de la double nationalité

Nasser Bourita : Le retour des Marocains bloqués à l'étranger doit se dérouler dans des conditions optimales
Le retour des Marocains bloqués à l'étranger à cause de la crise sanitaire doit se dérouler dans des conditions optimales, a affirmé jeudi le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, Nasser Bourita, affirmant que ce retour est un droit indiscutable.
"Le droit au retour est un droit naturel et indiscutable. Or ce qui est évident n'est pas nécessairement approprié dans ce contexte exceptionnel", a-t-il déclaré à la MAP à l'issue d'une réunion de la Commission parlementaire des affaires étrangères, de la défense nationale, des affaires islamiques et des MRE.
Abordant les prérequis du rapatriement des Marocains bloqués, il a relevé que "l'opération doit se faire dans les meilleures conditions sans risque pour les bénéficiaires eux-mêmes, ni pour leur pays".
Le Maroc, a-t-il assuré, œuvre "à mettre en place le plus tôt possible les conditions d'un tel retour pour peu que le dispositif sanitaire soit prêt pour les accueillir". "L'essentiel n'est pas le timing, mais l'impact d'une telle démarche sans surenchère et sans précipitation", a expliqué le ministre.
Le sens de la responsabilité, a relevé Nasser Bourita, exige d'avoir une vision globale pour gérer au mieux progressivement ce dossier dans ses différentes phases compte tenu des divers aspects, y compris ceux logistique et sanitaire.
Prié de dire si le ministère dispose de ressources suffisantes pour un tel dossier, le responsable gouvernemental a affirmé que le département a prévu les moyens de gérer la période à venir à court terme et augmenter le nombre de bénéficiaires de cette opération.
"Nous mettons en œuvre une approche globale loin de la logique catégorielle, dans le sens de l'anticipation et de la prévention de manière à éviter toute marche-arrière dans le combat contre la propagation du coronavirus", a-t-il insisté.
Il a, par ailleurs, annoncé que le centre d'appel du ministère des Affaires étrangères a reçu plus 48.000 communications entre le 15 mars et le 17 avril, en pleine crise de propagation du coronavirus.
Ce centre initialement dédié aux affaires consulaires s'est tourné vers les Marocains se trouvant à l'étranger et la gestion du Covid-19, a-t-il ajouté précisant que plus de 22.000 Marocains bloqués à l'étranger jusqu'à présent sont entrés en contact avec les différentes représentations diplomatiques du Royaume.
Les services du ministère, a-t-il ajouté, ont pris en charge les frais d'hébergement de 3.844 personnes, les frais des consultations médicales pour 147 autres, la prolongation de visas et la régularisation de la situation pour nombre de ressortissants marocains. L'accent est également mis sur la continuité des services consulaires en ces circonstances de propagation du coronavirus, a poursuivi le ministre.
Côté communication, Nasser Bourita a mis en avant la place primordiale de la communication de proximité, et non pas centralisée, en direction de tous les Marocains se trouvant à l'étranger.
Le ministère, a-t-il dit, va mettre en ligne les contacts de chaque consul sur son portail en vue de faciliter la communication avec les personnes concernées dans un cadre de responsabilité et de respect mutuel, en plus du centre d'appel et des cellules de veille.
D’autre part, le ministre a souligné que depuis la décision de fermeture des frontières, le 15 mars dernier, "aucune personne n’a été autorisée à entrer au Maroc, car une telle mesure a exigé un traitement ferme et rigoureux".
De même, le retour des Marocains bloqués à l’étranger doit être inscrit dans le cadre du renforcement des acquis importants réalisés par le Royaume en matière de lutte contre la propagation du coronavirus.
Le retour des Marocains bloqués après la fermeture temporaire des frontières, dans le cadre des mesures préventives prises par le Royaume, "devra constituer une autre preuve de la réussite de l’approche marocaine en matière de gestion de la crise", a-t-il estimé.
Il a, d'autre part, appelé à se pencher sur les dimensions économique, sociale et juridique des conséquences de l'épidémie sur les MRE, notamment dans les pays européens durement touchés par le virus.
Le chef de la diplomatie marocaine a également indiqué que le Maroc rejette "l'opportunisme politique" d'un Etat européen sur le dossier du rapatriement des Marocains détenteurs de la double nationalité, en pleine crise sanitaire.
"Le Marocain chez lui jouit de tous les droits et assume toutes les obligations à l'instar de ses compatriotes. Il n'a pas besoin de la protection, ni de la tutelle de l'ambassade d'un pays tiers", a-t-il indiqué en rappelant que le Royaume n'est pas contre le principe d'un retour de ses ressortissants dans leurs pays de résidence à la faveur de liens professionnels ou pour des considérations familiales ou de santé, loin de toutes arrière-pensées politiciennes.
"Si la Belgique a adhéré à cette logique, les Pays-Bas ont dès le départ affiché une attitude contraire et discriminatoire à l'égard des Marocains détenteurs de la double nationalité, avant de vouloir se poser en défenseur de leurs droits auprès de l'Etat marocain", a fait observer le ministre.
Ce n'est qu'après une trentaine de vols pour rapatrier les Néerlandais de souche que les Pays-Bas ont commencé à s'intéresser aux Marocains détenteurs de la double nationalité basés dans le nord du Royaume, a expliqué le responsable.
Il a, à cet égard, affirmé que le Maroc refuse que des parties étrangères réservent un traitement politiquement opportuniste afin d'exploiter la situation exceptionnelle actuelle pour revendiquer un droit qui n'a pas lieu d'être. Le débat que soulèvent certaines parties sur la question de la double nationalité "ne peut être que malsain avec des arrière-pensées bien connues".
Evoquant les conditions de déroulement des rapatriements d'étrangers, le ministre a estimé que "l'opération s'est déroulée dans de bonnes conditions, sauf pour un pays qui a fait preuve d'"opportunisme politique".
Sur le même registre, a noté Nasser Bourita, le Royaume veille à faciliter le rapatriement des étrangers bloqués sur son territoire et a répondu favorablement aux demandes formulées par plusieurs pays dans ce sens.
C'est le cas d'une quarantaine de pays qui ont également rapatrié des Marocains résidant chez eux.

Solidarité agissante avec les Marocains bloqués en Turquie

A mesure que la crise pandémique étend son emprise sur le monde, la noblesse des valeurs humaines unissant les Marocains se manifeste de plus en plus, comme en Turquie, où la communauté marocaine s'est grandement mobilisée, avec un sens élevé du devoir et de la citoyenneté, afin d’aider les Marocains bloqués à l’étranger à cause de la pandémie du coronavirus.
Face à la fermeture indéfinie des frontières et l’impossibilité de rejoindre le Royaume et la mise en place de mesures strictes pour lutter contre la pandémie, plusieurs Marocains ont été forcés à rester en Turquie alors qu’ils étaient venus dans ce pays pour faire du tourisme, pour des soins médicaux ou des études.
Face à la difficulté de la situation et son caractère exceptionnel, il incombait aux Marocains, aux autorités représentatives et à la société civile, d'agir avec la rapidité et la coordination nécessaires pour tendre la main à leurs compatriotes bloqués en Turquie.
Le consul général du Royaume à Istanbul, M’hamed Ifriquine, a noté, dans ce sens, qu’en coordination avec l’ambassade du Maroc à Ankara, plus de 1700 Marocains bloqués en Turquie avaient été hébergés mardi dans plus de 20 hôtels, ajoutant qu’un processus était mis en place afin d’héberger quotidiennement une moyenne de 50 à 60 personnes jusqu’à lundi prochain.
Le diplomate a souligné, dans une déclaration à la MAP, que les demandes d'hébergement des Marocains avaient été traitées, malgré la pénurie enregistrée au niveau des hôtels ouverts à Istanbul, ajoutant que davantage de demandes seraient satisfaites une fois que le consulat serait en mesure de trouver des hôtels prêts à recevoir les citoyens marocains.
Il a rappelé que le consulat est en contact permanent avec les responsables hôteliers et les exhorte à fournir des services adéquats aux Marocains, en particulier ceux liés à la nourriture, sutout en ce mois sacré de Ramadan.
D'autre part, M’hamed Ifriquine a confirmé que le consulat suit de près l'état de santé de dizaines de Marocains atteints de maladies chroniques et contribue à leur fournir le traitement nécessaire.
Le consulat veille également à sensibiliser les citoyens marocains à l'importance capitale d'adopter des mesures pour prévenir l'infection par le Covid-19, en particulier l’adoption de la distanciation sociale, rappelle le consul, notant qu'ils sont invités à consulter les plateformes électroniques créées par le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, sur les réseaux sociaux, qui fournissent des conseils de santé et assurent un accompagnement des Marocains à l'étranger.
La présidente de l'Association « Dar Al Maghrib », Salwa El-Kashani, a, pour sa part, souligné dans une déclaration similaire qu’« immédiatement après l'annonce par les autorités marocaines de la fermeture des frontières aériennes et maritimes, l'association a pris conscience de la situation qui résulterait d'une telle décision et de ses répercussions sur les Marocains en Turquie ».
Elle a relevé que les Marocains qui se trouvaient en Turquie pour faire du  tourisme, pour des soins médicaux ou pour des études ont été fortement affectés par les mesures prises par la Turquie pour réduire la propagation du virus, notamment la fermeture d'hôtels, d'universités et de restaurants, précisant que l'association examine la situation des Marocains bloqués en Turquie, selon le besoin urgent d'aide.
La responsable associative a souligné que les Hautes directives Royales pour fournir les soins et l'assistance nécessaires aux Marocains bloqués ont constitué une forte incitation pour « Dar Al Maghrib » à exploiter son expérience puisée dans l'environnement juridique et social au service des Marocains bloqués à cause de la crise pandémique.
Elle a ajouté que l'association oeuvre à deux niveaux, le premier consistant à trouver des logements locatifs aux citoyens marocains, et le deuxième ayant trait au recrutement de cadres pour aider les autorités consulaires marocaines sur le terrain, soulignant que ces deux tâches sont difficiles dans le contexte de la propagation du coronavirus.
Un des cadres de l’association, Abd El Hassib, a souligné que l’aide fournie pour atténuer certaines souffrances des Marocains bloqués en Turquie constitue une «expérience humaine unique», expliquant que l'association a créé une cellule pour aider les personnes touchées par la crise.
Il a, par ailleurs, rappelé la nécessité pour tous les Marocains bloqués en Turquie de respecter scrupuleusement les consignes de sécurité sanitaire décrétées par les autorités turques, dont la plus importante est de ne pas quitter le domicile sauf pour les besoins urgents.
Parmi les bénéficiaires du processus d'hébergement figure notamment la présidente d'une association active dans le domaine culturel de Dakhla, Hasna Yegor, qui s’est retrouvée bloquée en Turquie après avoir pris part à une exposition à Istanbul.
Elle a mis en avant les efforts déployés par le consulat et les acteurs associatifs au profit des Marocains bloqués à l'étranger en leur trouvant un logement et en assurant le suivi de l'état de santé de ceux qui souffrent de conditions particulières.

Samedi 25 Avril 2020

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