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Montée de la tension entre le Pakistan et l’Inde

Deux avions indiens abattus dans l’espace aérien pakistanais




Le Pakistan a annoncé mercredi avoir abattu deux avions indiens et mené des "frappes" dans la région disputée du Cachemire, au lendemain d'un raid indien sur son territoire, les deux puissances nucléaires assurant toutefois ne pas chercher "l'escalade".
"L’armée de l'air a abattu deux avions indiens dans l'espace aérien pakistanais", a annoncé sur Twitter un porte-parole de l'armée pakistanaise, le général Asif Ghafoor.
Un des avions est tombé au Cachemire indien et l'autre au Cachemire pakistanais, selon lui. "Un pilote indien a été arrêté à terre par les militaires", a-t-il ajouté. New Delhi n'a fait aucun commentaire dans l'immédiat.
Quelques minutes plus tôt, le ministère des Affaires étrangères pakistanais avait annoncé que son armée de l'air avait "procédé à des frappes" à travers la Ligne de contrôle, ligne de cessez-le-feu qui sert de frontière de facto entre l'Inde et le Pakistan au Cachemire, "depuis l'espace aérien pakistanais". Celles-ci auraient visé des cibles "non militaires".
"Ce ne sont pas des représailles", a insisté la diplomatie pakistanaise: "Le seul objectif est de démontrer notre droit, volonté et capacité à l'autodéfense".
"Nous n'avons aucune intention d'escalade, mais sommes entièrement préparés à le faire si nous sommes forcés à ce paradigme", poursuit le communiqué.
Plus tôt mercredi, la ministre indienne des Affaires étrangères, Sushma Swaraj, avait elle aussi semblé plaider l'apaisement, soulignant lors d'un déplacement en Chine que "l'Inde ne souhaite pas d'escalade" et "continuera à agir avec responsabilité et retenue".
L'opération de mardi n'était pas militaire car "elle ne visait pas d'installations" militaires pakistanaises, a ajouté Mme Swaraj. L'objectif visé, à savoir un camp d'entraînement du mouvement islamiste Jaish-e-Mohammed (JeM) était "limité", a-t-elle argué.
Côté indien, les autorités ont seulement fait état dans l'immédiat d'une incursion d'avions pakistanais dans l'espace aérien indien au-dessus de la très militarisée ligne de cessez-le-feu au Cachemire. Les chasseurs auraient été repoussés, l'agence de presse indienne PTI rapportant qu'ils ont aussi largué des bombes.
Les grands aéroports du Jammu-et-Cachemire, ainsi que ceux d'Amritsar et Chandigargh dans le nord de l'Inde, ont été fermés aux vols civils.
L'armée indienne a assuré avoir mené mardi un raid contre un camp d'entraînement au Pakistan du groupe islamiste Jaish-e-Mohammed (JeM), très actif dans la lutte armée contre New Delhi dans la vallée de Srinagar, disant y avoir tué "un très grand nombre" de combattants.
Islamabad avait aussitôt dénoncé une "agression intempestive" et promis d'y répondre "à l'heure et à l'endroit de son choix".
L'Inde et le Pakistan se sont livré trois guerres dans le passé, dont deux au sujet du Cachemire, une région himalayenne en majorité peuplée de musulmans, divisée entre ces deux pays qui la revendiquent chacun depuis leur indépendance de l'empire colonial britannique en 1947.
New Delhi a expliqué son action de mardi par le fait que le groupe insurgé Jaish-e-Mohammed, qui avait revendiqué l'attentat suicide au Cachemire indien ayant provoqué la mort d'au moins 40 paramilitaires indiens le 14 février, préparait de nouveaux attentats en Inde.
L'Inde affirme avoir frappé un camp d'entraînement de l'organisation islamiste situé à Balakot, ville du nord-est pakistanais tout près de la région disputée du Cachemire. Le Pakistan nie le déroulé de la "frappe" et fait seulement état d'une incursion d'avions indiens dans son espace aérien, qui auraient largué une charge utile qui n'aurait fait ni dégâts, ni victimes selon cette version.
Le gouvernement indien a toutefois essayé de limiter le risque d'escalade indo-pakistanaise en présentant cette frappe comme "préventive" et "non militaire".
Si elle est confirmée, il s'agirait du premier recours à une frappe aérienne par l'Inde contre son voisin depuis la guerre qu'ils s'étaient livrée en 1971 autour du Pakistan oriental (aujourd'hui Bangladesh).
Les Etats-Unis, l'Union européenne et la Chine ont appelé mardi les deux puissances nucléaires à la "retenue" et au dialogue.

Libé
Jeudi 28 Février 2019

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