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Mobilisation des compétences marocaines à l'étranger: C'est tout un programme !

En quoi cette nouvelle initiative devrait-elle différer de toutes celles qui se sont succédé pour pas grand chose ?


Un énième programme pour mobiliser les compétences marocaines à l’étranger. En effet, Nezha El Ouafi, ministre déléguée chargée des MRE, vient de lever le voile sur son programme national visant à mobiliser 10.000 profils hautement qualifiés parmi les Marocains du monde. «Ce programme vise à mettre en place un cadre de gouvernance et de conception intégré et durable permettant notamment, de réaliser la convergence et d’institutionnaliser la mobilisation des compétences MRE afin de consolider leur contribution dans les différents chantiers nationaux prioritaires lancés par S.M le Roi Mohammed VI », a-t-elle souligné récemment tout en précisant que, dans le cadre de la mise en œuvre de ce programme, son département s’est attelé, en partenariat avec l’ensemble des ministères et des institutions nationales, à développer et à mettre en œuvre de nouveaux programmes. S’agit-il d’un nouveau programme ? « En effet, la question de mobilisation des compétences marocaines à l’étranger ne date pas d’aujourd’hui. Il y a même dans le département des MRE un service spécialisé relatif à ce dossier et chaque ministre titulaire de ce ministère tente, de son côté, de lancer des initiatives dans ce sens comme le cas dernièrement avec Abdelkrim Benatiq qui a réalisé des progrès qualitatifs avec ses initiatives de réseautage et les forums thématiques. Du coup, on ne peut pas parler de nouveaux programmes, mais plutôt de mise à jour de ceux existants », nous a indiqué Said Mchak, enseignant-chercheur en droit international de migration à l’Université Moulay Abdellah-Fès. Et de poursuivre : « Le programme de mobilisation de 10.000 profils marocains hautement qualifiés s’inscrit plutôt dans un nouveau contexte marqué par la propagation de la pandémie de Covid-19 qui suscite de nouveaux défis, contraintes et enjeux, et qui remet en question notre vision du monde et notre relation avec ce dernier. Dans ce sens, il est légitime de se demander si ce contexte a véritablement modifié la vision de l’Etat à l’égard de ses compétences à l’étranger et celle de ces dernières vis-à-vis de la mère patrie ». Cependant, notre interlocuteur estime que le vrai problème est ailleurs. « Les idées, les plans et programmes existent, mais la vraie contrainte est de savoir traduire ces programmes en mesures, procédures et critères clairs et précis. En d’autres termes, quel profil cherche-t-on? Selon quels critères ? Quels sont les domaines considérés comme cibles et prioritaires ? Quels moyens humains, financiers et institutionnels seront-ils mobilisés ?… ». Des questions qui expliquent en partie l’échec des divers actions et programmes entrepris, lors des deux dernières décennies, visant à trouver des compétences marocaines possédant de l’expertise, de l’expérience et du savoirfaire, et qui sont prêtes à les mettre à contribution en faveur du développement du Maroc de manière ponctuelle ou pérenne. En fait, du Tokten-Maroc au dispositif numérique «Maghribcom» en passant par Fincome et autres initiatives associatives récentes, ce dossier peine encore à trouver son rythme de croisière. Abdelkrim Belguendouz pointe du doigt dans son article « Compétences marocaines expatriées : quelles politiques de mobilisation suivies pour le développement du Maroc ? Du Tokten au Fincom », l’absence d’une méthode de travail claire ainsi que des moyens humains et financiers. Il note également une défiance au niveau de l’information et de la communication ainsi qu’au niveau de l’institutionnalisation et de l’organisation opérationnelle. Selon lui, l’absence de suivi et de continuité, la multiplicité des intervenants et des rivalités institutionnelles, la gestion étant à courte vue, sans mise en perspective et sans cohérence, préférant le « picorage » et les effets d’annonce ont condamné l’ensemble de ces programmes à l’échec. Même son de cloche de la part de Hicham Jamid, doctorant au LISE-CNRS, Cnam-Paris et ORMES-Université Ibn Zohr. D’après lui, la multiplication des acteurs et le manque de coordination entre eux, la faible visibilité de leurs initiatives, l’absence de suivi, de continuité et de capitalisation des expériences antérieures figurent parmi les handicaps qui empêchent, à ce jour, la mise en œuvre d’une politique publique efficace et pérenne de mobilisation des compétences de ce profil de migrants marocains. « Aujourd’hui, il y a des profils hautement qualifiés dans les domaines de l’aviation, pharmaceutique et de la santé. Il y a également des Marocains qui exercent des fonctions politiques importantes et qui participent à la prise de décisions au niveau des pays d’accueil. Mais, y a-t-il aujourd’hui une vraie volonté politique pour mobiliser ces compétences ? Si oui, comment on envisage cette mobilisation ? Selon quel scénario ou plan ? Pour quel objectif et quelles sont les mesures et actions à mettre en place ? », a souligné Said Mchak. Et de conclure : « En effet, nombreux sont ceux qui se demandent si ces compétences bénéficieront des conditions adéquates pour contribuer aux différents chantiers nationaux. Aujourd’hui, il y a des personnes hautement qualifiées qui travaillent au sein des ministères de l’Industrie et de l’Equipement mais personne ne les considère comme des compétences faute de transparence et de clarification concernant les critères de sélection et la définition de leur mission». 

Hassan Bentaleb
Lundi 1 Février 2021

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