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Manifestations et appel à la grève générale à Jérada




Après Al-Hoceima, c'est le Nord-est du Maroc qui se soulève contre la marginalisation et la pauvreté suite à la mort de deux ouvriers dans l'effondrement d'une mine d'extraction de charbon. Une grève générale a été ainsi annoncée pour ce vendredi dans la ville de Jerada, lieu du drame qui a suscité colère et émoi au sein de la population locale.  
Une grève générale sera organisée ce vendredi 29 décembre à Jerada, ont annoncé mardi soir plusieurs instances politiques et syndicales.
Ces  derniers réclament «une alternative économique» pour la région, indiquent  les organismes grévistes dans un communiqué conjoint rendu public, appelant les autorités en charge du secteur des mines à ouvrir une enquête pour identifier les personnes impliquées.  
Le communiqué souligne en outre son «soutien inconditionnel» au Hirak du  peuple marocain à travers tout le territoire national notamment dans le  Rif.  
Des milliers de personnes s’étaient, par ailleurs, rassemblées mercredi à Jerada pour exiger «travail et développement ».
Aux cris de «alternative économique», ou «non à la marginalisation», les manifestants, jeunes pour la plupart, avaient investi la principale place de cette ancienne cité minière pour exprimer leur colère après la mort vendredi des deux frères.
Houcine et Jedouane, âgés de 23 et 30 ans, ont péri dans un accident alors qu'ils tentaient d'extraire, sans aucune protection, du charbon dans une mine désaffectée, suscitant l'indignation chez les habitants de cette commune déshéritée.
«Nous demandons à l'Etat de trouver des solutions à nos problèmes, au chômage des jeunes, aux factures d'eau et d'électricité trop élevées», a déclaré à l’AFP Abdessamih, un manifestant de 23 ans qui a préféré taire son nom de famille.
«Les jeunes descendent dans les puits de charbon au péril de leur vie car ils n'ont pas d'autre choix. Nous demandons aux autorités de nous trouver une alternative», a-t-il poursuivi.
Depuis la fermeture de la mine qui faisait vivre Jerada, «la ville n'a pas d'autres ressources, il n'y a pas d'emplois, pas d'usines. Les gens vivent dans la précarité», selon un responsable local de l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH).
Les manifestants, qui brandissaient pour beaucoup des drapeaux marocains, ont pointé du doigt des «notables» de la région qui détiennent des permis d'exploitation de charbon et qui «font la loi».
Le ministre de l'Energie et des Mines, Aziz Rebbah, a affirmé à l'AFP que son ministère n'hésiterait pas à «retirer n'importe quel permis de recherche ou d'exploitation en cas de non-respect de la règlementation ou d'abus», à «Jerada ou ailleurs». Il a affirmé avoir déjà «retiré plus de 1.400 permis en 2017 à l'échelle du Royaume».
Lundi, rappelle-t-on, plusieurs milliers de  personnes s’étaient rassemblées pour dénoncer «l'abandon» de la ville et «les  conditions de vie difficiles» de ses habitants, a indiqué Said Zeroual, un  responsable local de l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH).  Les manifestants avaient notamment dénoncé «l'injustice» et la  «marginalisation»
«Chaque année, deux à trois hommes meurent en silence dans les mêmes  conditions. Faute d'alternatives économiques, des jeunes souvent diplômés  sont contraints de creuser des mines», explique pour sa part un acteur  associatif local, cité par le média en ligne Yabiladi.  
La ville de Jerada est connue pour avoir longtemps abrité une importante  mine de charbon, où travaillaient encore quelque 9.000 ouvriers au moment  de l'annonce de sa fermeture vers la fin du siècle dernier.  L'activité minière constituait alors la principale ressource des  habitants, dont le nombre est passé depuis cette date de 60.000 à moins de 45.000.  
Selon des données du Haut-commissariat au plan (HCP), Jerada est l'une des communes les plus pauvres du  Maroc.

Vendredi 29 Décembre 2017

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