Libération







Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Malheureuse sortie du privé en public




Vil. Vénal. Cupide. Rapace… Que n’a-t-on pas servi comme substantifs et autres adjectifs qualifiant cette trop maladroite initiative signée de la Ligue de l’enseignement privé ! Une maladresse qui n’a pas d’égale.
Dire qu’il s’agit là d’une trop grosse bêtise passerait assurément pour un euphémisme déplacé.
Mais qu’aura-t-elle commis la fameuse Ligue pour mériter la palme de la stupidité et susciter un tollé si général ? Elle s’est tout bonnement, tout bêtement inscrite en faux pour accéder à « sa part » du Fonds spécial de la gestion de la pandémie du coronavirus. Et pourtant tout est dit dans l’appellation.
De plus, il a été dit et redit que ce fonds est réservé en premier au soutien du dispositif médical et de l’économie nationale pour assurer aux personnes atteintes de bonnes conditions de traitement.
Comme il a été spécifié qu’il doit également servir à soutenir l’économie nationale tout en visant à atténuer en particulier l’impact de la pandémie au niveau social.
Et le tout pour que les choses se passent dans les normes sur proposition du Comité de veille économique (CVE). Trop pressée à l’évidence, ladite ligue a pris tout le monde de court, et par là même choqué tout le monde en accouchant de sa misérable requête sous prétexte que les établissements de l’enseignement privé ont des salaires à payer et que, de ce fait, ils risquent… la faillite (sic). En tout cas, la faillite morale est là.
C’est faire preuve d’une cécité déconcertante que d’ignorer les priorités manifestes ; celle de sauver des vies et celle d’assurer un minimum vital à des  milliers et des milliers de familles qui se trouvent subitement sans ressources.
Pour des raisons historiques, somme toute légitimes, ce genre d’établissement a pendant longtemps été exempt de payer des impôts. Une largesse qui s’étend encore à d’autres formes. Et c’est là un secteur qui rapporte. Il n’y a qu’à voir le train de vie que mènent la plupart des propriétaires. Combien parmi eux ont commencé par un petit local et qui se  trouvent aujourd’hui à la tête de tout un empire. Toute la grâce en revient aux pauvres parents qui se font saigner à blanc.
Notre espoir aujourd’hui, c’est de voir quelques directeurs ou propriétaires sortir de leur mutisme pour recadrer  la ligue et aussi de les voir agir comme bon nombre de valeureux  citoyens et entreprises citoyennes pour contribuer au fonds et non pas chercher à le plumer.
Et pour cela, un virement bancaire sur le compte RIB 00181000780002011062022 ouvert sur les livres de BANK AL-MAGHRIB/Rabat serait le bienvenu.

Par Mohamed Benarbia
Vendredi 20 Mars 2020

Lu 1847 fois


1.Posté par Bouhlala el ghazi le 26/03/2020 20:19
La déclaration de ces vautours signifie que leurs entreprises (et non pas écoles) sont en difficulté et pourraient donc faire faillite.
Je propose donc que l'Etat doit les réquisitionner au plus vite, et pourquoi pas les nationaliser et s'occuper sérieusement de l'école publique.

2.Posté par Ghattas Ahmed le 31/03/2020 11:17
Les dirigeants de ces écoles privées prélèvent sur les appointements de leurs salariés des impôts dûs à l'État, pratiquement non versés aux caisses publiques, et se targuent que leurs établissements sont exonérés d'impôts

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Archives | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | Rebonds | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito | Sur le vif