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Lewis Hamilton: La course et la lutte dans le sang


Cent fois vainqueur en Grand Prix, co-recordman de titres en F1 avec Michael Schumacher, Lewis Hamilton se pose aussi en chantre de l’antiracisme, défenseur de l’écologie et passionné de mode comme de musique: un éclectisme qui détonne dans le paddock. Stratosphérique ! Déjà seul “centenaire” des pole positions, le septuple champion du monde a atteint la barre des 100 victoires en Grand Prix dimanche, sur le circuit de Sotchi en Russie. Depuis sa première en 2007, Hamilton a réussi quelque chose que l’on pensait alors inatteignable: dépasser (presque) tous les records de Schumacher. Ne reste plus que le record ultime: l’Anglais, qui devance d’un souffle au classement général des pilotes son rival néerlandais Max Verstappen, peut devenir à 36 ans le seul octuple champion pour, une fois pour toutes, graver son nom dans l’Histoire en dépit de ses origines modestes et des convenances du paddock. Comparables statistiquement, le Britannique et l’Allemand ne sont pas faits du même bois, selon l’ancien grand manitou de la F1 Bernie Ecclestone: “Si vous ne saviez pas que Lewis est pilote, vous ne le devineriez jamais. Alors qu’en voyant Nelson (Piquet) ou +Schumi+, vous vous disiez: ils le sont”. Souvent qualifié de “pop star”, avec ses tenues de créateurs, ses bijoux clinquants et ses tatouages, le jeune anglais s’est fait remarquer pour son mode de vie jet-set, devenant le pilote le plus populaire des réseaux sociaux. Mais au fil des années, il a gagné en substance. Le natif de Stevenage, une citédortoir au nord de Londres, utilise désormais sa notoriété pour défendre la diversité: “le plus important est que mon parcours s’accompagne d’un combat pour l’égalité”. Premier pilote noir en F1 (son père, né de parents originaires de la Grenade, et sa mère, blanche, ont divorcé quand il avait 2 ans), la star aux dreadlocks a régulièrement évoqué le racisme auquel il a été confronté. Mais c’est après le meurtre de George Floyd par un policier aux Etats-Unis en mai 2020 que le sujet est devenu un combat. Le pilote a poussé la catégorie reine du sport auto à se positionner et lancé une commission en Grande-Bretagne pour encourager la diversité dans une discipline majoritairement blanche et masculine. “C’est une personnalité mondiale et il veut utiliser sa voix pour faire bouger les choses. Il mène ce combat avec la même passion et la même puissance que pour la course”, estimait le patron de Mercedes Toto Wolff, au moment de la prolongation de contrat jusqu’en 2023 du pilote le mieux payé de la grille. Wolff l’a bien compris: une des clés du succès est de laisser son champion libre. De multiplier les sauts en parachute, de développer ses collaborations avec les milieux de la mode (il signe des collections pour Tommy Hilfiger) ou de la musique (dans le titre “Pipe” de Christina Aguilera). “Entretenir ma créativité me stimule”, disait Hamilton à l’AFP en 2018, envisageant un jour de diffuser ses compositions personnelles. Anobli par la reine Elisabeth II fin 2020, “Sir” Lewis s’affiche aussi en défenseur de la cause animale et de l’environnement, devient vegan en 2017 et renonce à son jet privé couleur rubis en 2019. Une conversion qui suscite parfois l’ironie, mais le Britannique n’en a cure: “Notre empreinte carbone est certainement plus élevée que celle du citoyen lambda mais cela ne veut pas dire que nous devrions avoir peur de parler des choses qui peuvent avoir un impact positif ”. Côté vie privée, après une relation médiatisée avec la chanteuse Nicole Scherzinger, Hamilton, fervent catholique comme son idole Ayrton Senna, apparaît plus souvent aux côtés de son fidèle bulldog français Roscoe que de potentielles compagnes. Son père l’a initié au karting et a financé son début de carrière en cumulant plusieurs emplois, avant une brouille au début des années 2010, quand le pilote a souhaité qu’il arrête de gérer ses intérêts. Depuis, Anthony Hamilton est revenu sur les circuits aux côtés de son autre fils Nicolas, également pilote et atteint d’infirmité motrice cérébrale. Soutenu à l’adolescence par McLaren, le septuple champion du monde a fait ses débuts en F1 en 2007 et conquis son premier titre en 2008, à 23 ans, avec l’écurie britannique. Mais c’est en 2014 qu’il est entré dans une autre dimension au volant d’une Mercedes archi-dominatrice à l’heure des moteurs hybrides. Depuis, il n’a laissé échapper qu’un seul titre (en 2016, au profit son équipier allemand Nico Rosberg). En 2021, il a enfin retrouvé un concurrent à sa taille en la personne du Néerlandais Max Verstappen (Red Bull). Un nouveau défi sous tension qui a “ravivé sa passion pour la course”.

Libé
Mercredi 29 Septembre 2021

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