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Les relations maroco-espagnoles traversent la plus grande crise de leur histoire

Driss Lachguar dans un entretien accordé au quotidien ABC

​Ainsi que nous l’avions annoncé dans notre dernière édition, le Premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachguar, a accordé un entretien au quotidien espagnol ABC, dans lequel il a évoqué les derniers développements des relations entre Rabat et Madrid marqués notamment par l’hospitalisation du chef des séparatistes, Brahim Ghali, sur le territoire espagnol sous une fausse identité. Le dirigeant ittihadi a estimé que les deux pays traversent l’une des crises les plus difficiles de leurs relations, mais il demeure néanmoins optimiste quant à leur avenir, car «la crise ne peut que pousser les deux pays à aborder sérieusement et radicalement leurs relations, et, partant, nous ne devrions pas l’ignorer ou la sous-estimer », a-t-il mis en exergue.


ABC : Que pensez-vous de la décision du gouvernement espagnol d’accueillir le leader du Polisario, Brahim Ghali ?
Driss Lachguar :
Cette décision confirme l’existence d’un accord entre les gouvernements espagnol et algérien pour transférer le chef du Polisario par avion privé et faciliter son entrée sur le territoire espagnol avec de faux documents, et ce, sans en informer le gouvernement marocain. Pis encore, au début, le gouvernement espagnol a nié ces faits, ce que je considère comme un scandale qui nuit aux relations de bon voisinage, de confiance et de partenariat liant historiquement nos deux pays.

Etes-vous convaincu des «raisons purement humanitaires» invoquées par le gouvernement espagnol pour accueillir Brahim Ghali sur son territoire ?
Ces raisons sont fallacieuses étant donné la méthode utilisée pour faire entrer le chef du Polisario sous une fausse identité. Raisons humanitaires ? Je m’adresse à ceux qui ont motivé leur acte par ces raisons et je leur dis : il aurait été plus préférable de vous préoccuper des réfugiés de Tindouf qui souffrent de la pauvreté et de l’absence de soins de santé, surtout en ces circonstances de crise sanitaire du Covid-19.

Récemment, le ministère des Affaires étrangères marocain a rendu public un communiqué de presse mettant en garde l’Espagne contre d’éventuelles «conséquences»... N’est-ce pas du chantage?
Pour moi, cette mise en garde n’équivaut pas à la trahison commise par les voisins espagnols envers le peuple marocain. C’est nous qui avons tenu à transformer la Méditerranée d’un lac de sang et de mort en un espace de sécurité, de paix et de prospérité pour les deux rives de la Méditerranée.

Qu’est ce que les autorités marocaines entendent-elles exactement par «conséquences»? Il ne fait aucun doute que toute rupture des relations entre les deux pays nuira aux deux peuples, et c’est pourquoi nous, à l’USFP, nous espérons ne pas en arriver à pareille situation, surtout compte tenu des efforts qui ont été consentis au cours des dernières années pour instaurer un climat de confiance entre les institutions Royales et les gouvernements des deux pays, ainsi qu’entre les deux peuples.

Est-ce la plus grande crise diplomatique entre l’Espagne et le Maroc? Ou est-ce que j’exagère en posant cette question ?
L’on peut dire que nous vivons l’une des crises les plus graves dans les relations entre le Maroc et l’Espagne. Et pourtant, je reste optimiste quant à l’issue de cette situation qui ne peut que nous pousser à traiter sérieusement et radicalement nos relations, et c’est pourquoi nous ne devrions pas l’ignorer ou la sous-estimer.

Pourquoi le gouvernement socialiste dirigé par Pedro Sanchez n’entretient pas des relations harmonieuses avec le gouvernement marocain ? 
Nous, à l’USFP, nous avons travaillé pour clarifier notre position à nos homologues du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) afin de surmonter les difficultés que nous avions rencontrées dans le passé et ce à travers des pourparlers bilatéraux ou dans les cadres qui nous rassemblent au niveau international et régional. Ces difficultés se sont dissipées et le discours du PSOE a même été articulé autour d’une solution politique au Sahara sous la direction des Nations Unies. Cette déclinaison a été incluse dans le dernier programme électoral de ce parti, et c’est pourquoi nous avons été très surpris par ce qui est advenu et nous le considérons comme un désastre.
Les représentants authentiques des Sahraoui sont ceux qui vivent à Laâyoune, Dakhla et d’autres villes du Sahara marocain et non pas la toute petite minorité établie sur le sol algérien

L’Espagne est toujours, selon l’ONU, la puissance administrante du Sahara, votre gouvernement ne devraitil pas comprendre ce rôle dans le cas humanitaire de Brahim Ghali ?
Les considérations humanitaires invoquées se sont avérées être purement insidieuses. Et d’ailleurs, parler aujourd’hui d’une responsabilité historique ou administrative ne participe plus que de la nostalgie d’un passé colonial ignominieux.

L’Espagne avait colonisé une partie du Nord du Maroc, Sidi Ifni, Tarfaya et le Sahara. Après la récupération de ces provinces, l’une après l’autre, l’Espagne n’a pas revendiqué sa responsabilité historique envers les populations de ces provinces. Pourquoi, donc, insiste-t-elle encore à réclamer sa tutelle et sa responsabilité concernant la population des provinces sahariennes en particulier, tout en sachant que le monde entier, et notamment le secrétaire général de l’ONU, atteste de la paix, de la sécurité et du développement qui règnent dans ces provinces. J’aimerais bien ajouter que toute allusion à la responsabilité ou la tutelle de l’Espagne sur les provinces sahariennes est un geste hostile envers le peuple marocain sur une question centrale qui évolue au niveau international comme atteste la reconnaissance de la marocanité du Sahara par les Etats-Unis.

Comment voyez-vous l’avenir du Sahara?
Le Maroc est victime de cet acte hostile et le peuple marocain attend une position claire de la part du gouvernement espagnol qui doit redonner de l’importance à l’association stratégique entre nos deux pays et, partant, rétablir la confiance entre nous.

De plus, il s’agit d’une colonie espagnole dont la libération a été retardée jusqu’en 1975. Aujourd’hui, je peux vous dire que les habitants de cette ancienne colonie espagnole choisissent leurs représentants locaux, régionaux et parlementaires et participent aux politiques publiques. Par conséquent, les représentants légitimes du peuple sahraoui sont ceux de Laâyoune, Dakhla et d’autres villes du Sahara, et non pas la minorité vivant sur le sol algérien. En outre, votre hôte n’a aucune légitimité pour les représenter en raison des voix qui s’opposent à lui et dénoncent ses actes criminels à l’intérieur même des camps de Tindouf.

Entretien traduit par M.T

Libé
Dimanche 16 Mai 2021

Lu 719 fois


1.Posté par Hamid le 17/05/2021 13:08 (depuis mobile)
Et surtout que cet démocratie déguisée et de facade de l ''espagne hypocrite donneuse des leçons elle a un peuple catalane qui demande son indépendance

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