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Les propos irresponsables de certains dirigeants perturbent le dialogue serein et démocratique mené par l’Instance chargée de la révision du Code de la famille

Driss Lachguar préside la première rencontre nationale des élues ittihadies


Mourad Tabet
Mardi 5 Mars 2024

Les propos irresponsables de certains dirigeants perturbent le dialogue serein et démocratique mené par l’Instance chargée de la révision du Code de la famille
Le Premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachguar, a saisi l’occasion de la tenue de la première rencontre nationale des élues ittihadies organisée par l’OFI, pour fustiger les« propos irresponsables » d’Abdelilah Benkirane, secrétaire général du PJD, ayant trait à la réforme du Code de la famille.

«Ces propos irresponsables perturbent le dialogue serein et démocratique mené par l’Instance chargée de la révision du Code de la famille qui a écouté les propositions de toutes les formations politiques, syndicales et civiles», a martelé le Premier secrétaire dans son allocution lors de cet événement qualifié «de rencontre historique».
Le Maroc n’a pas besoin de personnes non qualifiées pour émettre des fatwas sur tout. Mais qu’un parti se transforme en un organe qui émet des fatwas, cela ne fait pas partie des rôles constitutionnelles des partis
«Le rôle des partis politiques ne consiste pas dans le prosélytisme ou dans les propositions à caractère religieux », a affirmé Driss Lachguar, soulignant que la gestion du champ religieux dans notre pays revient à l’Institution de la Commanderie des croyants (Imarat AlMouminine) et, partant, « les discours d’incitation de l’acteur politique n’ont donc aucune légitimité face à l’existence d’un champ religieux bien organisé».

«Le Maroc est un pays doté d'institutions, d'une histoire, d'une loi et d'uneConstitution, et le rôle des partis est clairement défini parla Constitution et par la législation», a mis en avant le dirigeant ittihadi avant d’enchaîner : «Le Maroc n’a pas besoin de personnes non qualifiées pour émettre des fatwas surtout. La fatwa a ses conditions et ses règles dans le contexte islamique. Mais qu’un parti politique se transforme en un organe qui émet des fatwas religieuses, cela ne fait pas partie des rôles constitutionnelles des partis».

«Notre pays regorge d’oulémas qualifiés pour émettre des fatwas. Il dispose également de l'institution d’Imarat Al-Mouminine, avec ses rôles et compétences dans le domaine religieux », a précisé le Premier secrétaire de l’USFP.

Il a par ailleurs, expliqué que les femmes marocaines ont pris part activement à la lutte pour l’émancipation du pays du joug de la colonisation et pour l’édification d’une démocratie saine pendant les années de plomb, tout en soulignant que la tenue de cette rencontre nationale coïncide avec la célébration de la Journée internationale des femmes le 8 mars et avec le dialogue national sur la réforme du Code de la famille.
Hanane Rihab a mis l’accent sur l’endurance des femmes élues pour accomplir leurs missions
Driss Lachguar n'a pas manqué d’affirmer que le dialogue lancé par l’Instance chargée de la révision du Code de la famille s'est déroulé dans un climat serein et que toutes les parties concernées ont été écoutées: partis politiques, syndicats et organisations de la société civile.

Le dirigeant ittihadi a également fustigé la mentalité patriarcale qui apparaît clairement dans les propos de certains leaders politiques, notant que le groupement parlementaire du PJD à la Chambre des représentants est majoritairement composé de femmes, mais il est dirigé paradoxalement par un homme.

Cela s’explique tout simplement, selon Driss Lachguar, par la mentalité masculine dominante. Dans son allocution, le dirigeant de l’USFP a également affirmé que bien que le Maroc ait essayé plusieurs modes de scrutin depuis des décennies, on est loin de garantir la parité dans les conseils élus.

Il a assuré qu’il faut trouver des alternatives juridiques qui imposent le tiers pour les femmes comme une règle pour la représentation féminine au sein de toutes les instances élues, sinon ces conseils pourraient être déclarés comme nuls et non avenus.

Selon lui, la loi devrait contraindre les partis politiques à présenter un nombre égal d'hommes et de femmes pour les élections, tout en soulignant que cette disposition devrait être coercitive de sorte que les listes présentées qui ne la respectent pas seront éliminées.

Pour sa part, la secrétaire nationale de l’OFI, Hanane Rihab, a mis l’accent sur l’endurance des femmes élues pour accomplir leurs missions. « Chaque femme élue ici présente a une histoire à nous raconter sur son expérience au sein des institutions élues», a-telle relevé dansson allocution prononcée lors de cette rencontre placée sous le thème : «L’égalité totale dans la gestion locale est la base du développement productif » au siège central du parti à Rabat».

Hanane Rihab a évoqué les violences, toutes formes confondues, exercées à l’égard des femmes au sein des institutions élues, tout en dénonçant que «nous sommes encore loin du principe d'égalité dans la gestion de la chose publique, ainsi que dans les politiques publiques destinées aux femmes».

Elle a, par ailleurs, souligné le soutien constant et permanent du Premier secrétaire de l’USFP à toutes les initiatives entreprises par l'OFI, tout en appelant à une réforme des lois électorales pour permettre la parité au moins dans les grandes villes comme Casablanca, Rabat, Fès, Tanger, etc.

Mourad Tabet


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