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Les islamistes promis à une débâcle

Un vent de changement soufflera à coup sûr ce 8 septembre


Les islamistes promis à une débâcle
«Les islamistes risquent de perdre les élections au Maroc », c’est ainsi que l’agence espagnole EFE a titré un article sur les prochaines échéances électorales au Maroc et les chances du PJD, qui préside le gouvernement depuis 2011. « Le PJD, qui dirige le gouvernement marocain actuel et a été le plus voté au cours de la dernière décennie, est dans une situation difficile. Plusieurs experts prédisent que son leadership subira un revers lors des élections du 8 septembre, dont la campagne commencera ce jeudi (26 août) », a mis en exergue l’agence espagnole dans un article signé par la journaliste Fatima Zohra Bouaziz. Et de poser ces questions : « Le PJD pourra-t-il obtenir un troisième mandat ? Ou perdra-t-il son aura ? ». Ce sont, selon EFE, « des questions que se posent les observateurs sur un parti qui, après le déclenchement du printemps arabe, a remporté les élections législatives de 2011 pour la première fois de son histoire, a créé la surprise en 2016 en améliorant ses résultats avec 125 sièges sur 395 à la Chambre des représentants, et a pu présider en 2015 les mairies des principales villes du pays ». « Le PJD aspire à réitérer ses exploits antérieurs », a mis en avant EFE, mais les experts, selon l’agence espagnole, estiment qu’il est dans le pétrin à l’approche des élections. Plusieurs éléments confirment cette assertion, selon la même source, dont la débâcle électorale du PJD lors des élections professionnelles tenues le 6 août. Le parti présidant le gouvernement a reçu un coup dur en n’obtenant que 49 sièges sur un total de 2.230 (soit seulement 2,20%). Comment expliquer cette débâcle ? Bilal Talidi, présenté par EFE comme «éditorialiste et expert en mouvements islamistes » (il est également membre du PJD), a souligné que « contrairement aux précédents scrutins où le PJD était plus « uni » et menait une « campagne médiatique puissante » incarnée alors par la figure de son ancien leader Abdelilah Benkirane, le parti connaît désormais une crise interne et il est dans l’incapacité de faire face aux campagnes médiatiques et politiques le visant ». Bilal Talidi évoque d’autres raisons expliquant la baisse de la popularité du PJD telles que la reprise des relations avec Israël ou l'approbation de lois comme celles concernant la légalisation du cannabis, la généralisation du français dans l'enseignement primaire, ou encore la réforme des lois électorales. Pour Omar Cherkaoui, professeur de sciences politiques à la FSJES-Mohammedia (Université Hassan II-Casablanca), il y a deux types de clientèle électorale du PJD. Il y a, d’une part, les adhérents et membres du parti et, d’autre part, la « clientèle politique » qui a une relation pragmatique et non une relation éthique ou politique avec le PJD. « Une partie de la base du parti est mécontente des décisions prises par le gouvernement présidé par Saad Eddine El Otmani comme la reprise des relations avec Israël, la légalisation du cannabis, la généralisation de la langue française dans l’enseignement ou la réforme des lois électorales», a fait savoir Omar Cherkaoui, dans une déclaration à Libé. Par contre, «la clientèle politique, qui est la plus importante, est plutôt mécontente des décisions impopulaires et antisociales du PJD durant ses deux mandats gouvernementaux, comme la réforme du système des retraites ou de la Caisse de compensation, la contractualisation dans l’enseignement, ou la retraite exceptionnelle dont bénéficie l’ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, qui a imposé une réforme impopulaire du système de retraites ». D’après l’universitaire marocain, « cette clientèle politique » est devant deux choix: « Soit elle votera contre le PJD lors des prochaines échéances électorales, soit elle s'abstiendra, et cela sera dans l'intérêt du PJD. Car les voix de cette clientèle, en cas d’abstention, n’iront pas aux partis concurrents. Mais je crois qu’au moins 50% de cette clientèle politique votera lors des prochaines élections», ce qui aura un impact sur les résultats électoraux du PJD. En ce sens, Omar Cherkaoui a rappelé que depuis la première participation du PJD aux élections jusqu'à aujourd'hui, il a toujours connu une amélioration des résultats : il est passé de 12 sièges au milieu des années 90 du siècle dernier à 125 lors des élections précédentes. « Toutes les données confirment que ce parti connaîtra une défaite électorale lors des prochaines élections. Premièrement en termes de voix. En effet, le PJD avait obtenu 1,6 million de voix lors des précédentes élections, mais l’on estime qu’il perdra entre 600 et 700 mille voix lors des prochaines élections. Et deuxièmement en termes de nombre de sièges, car, au mieux, il ne dépassera pas les 80 sièges», a mis en avant Omar Cherkaoui. 

Mourad Tabet
Mercredi 25 Août 2021

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