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Les entreprises de transport touristique dos au mur

Une grève nationale et un sit-in à Rabat prévus le 1er avril


30% de sociétés menacées de faillite

Les entreprises de transport touristique dos au mur
Près de 1500 entreprises à l'arrêt, 12.000 véhicules au point mort et 11.000 salariés dans l’inconnu. La situation un temps crispante avant de devenir alarmante, à laquelle sont confrontées les entreprises de transport touristique, ne date pas d’hier. Et ce n’est pas demain la veille qu’une sortie de crise est envisagée. Il y a de quoi faire grincer les dents des professionnels d’un secteur touristique dans le rouge.

D’ailleurs, un communiqué émanant de la Fédération nationale du transport touristique au Maroc (FNTTMaroc) annonce une grève nationale le 1er avril, ainsi qu’une manifestation dans la capitale. Les griefs sont légion. Au moins autant que les pertes et autres difficultés financières causées par une crise sanitaire dont on ne voit toujours pas le bout. Alors que la campagne de vaccination nationale et son objectif annoncé d’atteindre l'immunité collective fin avril-début mai paraissent irréalisables en raison d’une pénurie de vaccins mondialisée, les étrangers sont également cloués dans leurs canapés. Les marchés émetteurs n’émettent donc plus grand-chose, encore moins depuis que le Royaume a suspendu les liaisons aériennes en provenance de 32 pays dont plusieurs du Vieux Continent, où la situation épidémiologique s’est aggravée ces dernières semaines. Sauf qu’en parallèle de cette inactivité forcée, le cumul des impayés atteint un niveau critique. A tel point que les entreprises de transport touristique font désormais face aux menaces et à une pression persistante des sociétés de leasing, avec pour principal levier, la saisie des véhicules des entreprises acquis par crédit.

Sur ce point précis, la Fédération nationale du transport touristique au Maroc propose dans son communiqué “un report avec un taux unique et solidaire garanti parla CCG à l’instar des crédits “Damane Oxygène” et "Relance". Puis d'espérer que ce taux sera “appliqué partousles organismes de prêts et couvrira toute la période affectée par l’état d’urgence sanitaire et ce jusqu’au rétablissement de l’état normal du secteur”. Une requête clamée le 18 mars dernier lors des sit-in organisés aux quatre coins du Royaume par les professionnels du secteur. Mais sans effets notables pour le moment. En conséquence, la FNTT ne serait pas contre “l’activation de la suspension de tout prélèvement ou paiement d’impot ou charges fiscales dus durant la période affectée par l’état d’urgence sanitaire et ce jusqu’au rétablissement de l’état normal du secteur". Un secteur dont “30% des entreprises sont menacées de faillite”, précise la FNTT. Justement, l’état normal du secteur ressemble de plus en plus à un mirage. “Avec l’aggravation croissante de la situation sanitaire et la pénurie de vaccins en Europe, il serait vraiment étonnant que les visiteurs viennent en masse durant l’été prochain au Maroc.

En étant réaliste, ça ne sera, selon moi, pas le cas avant décembre prochain pour ne pas dire mars ou avril 2022”, avance Fouzi Zemrani, vice-président de la Confédération nationale du tourisme. Pour ce dernier, limiter la casse lors de la saison estivale passera forcément par “faciliter la mobilité interurbaine des Marocains”, faisant ainsi du tourisme national un moindre mal. Mais là aussi, ce n’est pas gagné. «Le problème est que les déplacements sont intimement liés à l’état d’avancement de la campagne nationale de vaccination qui a pris du retard sur son objectif initial de se terminer en mai prochain”, regrette le vice-président de la Confédération nationale du tourisme.

L’inquiétude face à la crise sanitaire et économique n’est pas feinte, encore moins quand il s’agit des 10.000 employés des entreprises de transport touristique. A l’évidence, ils ne savent toujours pas de quoi sera fait demain. Sans surprise, ladite Fédération appelle donc “au maintien de l’indemnité forfaitaire mensuelle jusqu’à la fin de la pandémie, en révisant les conditions de son octroi, de facon à intégrer les employes exercant de manière saisonnière ou ayant perdu leurs emplois avant février 2020.” Le temps où les publicités ‘’Visit Morocco" s'enchaînaient sur les écrans des médias étrangers est pour le moment révolu. Comme nous vous l’expliquions, la lutte contre la propagation du virus a eu pour conséquence une réduction significative des voyages de courte ou longue distance. Soit des millions de touristes potentiels en moins pourle Maroc. Un pays où la valeur ajoutée du secteur qui pèse 6,2% du PIB, a connu un effondrement de près de 55,8% en 2020 contre une hausse de 3,7% un an auparavant. Inquiétant.

D’autant que la courbe ne risque pas de s’inverser de sitôt. Au premier semestre de l'année dernière, les arrivées des touristes ont chuté de 63% pour s’établir à moins de 2 millions de touristes contre 5,4 millions à fin juin 2019. Dans le monde, la situation n’est pas moins préoccupante. Le secteur touristique a perdu 1.300 milliards de dollars en 2020, selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) qui prévoit dans le meilleur des cas, un retour à la normale en 2024. A moins d’avoir sous la main un moyen de relancer la machine, à l’image du passeport vaccinal dont les partisans ne manquent pas.

Chady Chaabi

Libé
Dimanche 28 Mars 2021

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