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Les alliances suspicieuses

Il est trop évident que c'estTéhéran qui instrumentalise Alger


Les pantins polisariens, eux, comptent pour du beurre

Les alliances suspicieuses
Le régime iranien des Ayatollahs abat ses cartes. Les déclarations de son représentant aux Nations unies, Mohammad Reza Sahraei, sur l’affaire du Sahara marocain, viennent de révéler au grand jour les liens tissés en catimini entre Téhéran, Alger et les pantins du Polisario.

Ce diplomate de carrière a exprimé le soutien de son pays à ce qu’il a appelé « l'autodétermination du peuple sahraoui » et exhorté la communauté internationale à s'engager à mettre en œuvre les recommandations de l'ONU sur le Sahara, tout en appelant le Maroc «à cesser de s'ingérer dans les affaires intérieures des autres Etats et de remettre en cause leur intégrité territoriale ».
Pareilles déclarations ne sont pas des actes isolés, mais s’inscrivent dans le droit fil de la politique hostile initiée depuis des années par le régime iranien contre le Maroc et son intégrité territoriale.

En mai 2020, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, avait, en effet, suscité la colère des Marocains en profitant de la célébration de la «Journée de l'Afrique» (célébrée le 25 mai de chaque année depuis la création de l'Organisation de l'unité africaine en 1963) pour publier un tweet sur son propre compte à travers lequel il a félicité l'Afrique en prenant soin d’ajouter à la carte du continent un soi-disant drapeau de la pseudo RASD. L’expression de cette rancœur viscérale ne se limite pas aux déclarations hostiles et aux actes gratuits, mais elle compte aussi des coups tordus beaucoup plus scabreux. En 2018, le Maroc avait, en effet, présenté des preuves irréfutables du soutien militaire de l'Iran aux séparatistes du Front Polisario. Preuve à l’appui, Rabat avait démontré que le régime des Ayatollahs fournissait des armes au Polisario dont des lanceurs de missiles anti-aériens, des missiles SAM-9 et SAM-11 et dispensait une formation militaire aux séparatistes avec l'aide du parti chiite libanais du Hezbollah. Cela avait poussé Rabat à rompre ses relations diplomatiques avec le régime chiite en mai 2018.

« Contrairement à certaines analyses, l'Iran instrumentalise la carte algérienne et du Polisario pour s’implanter dans la région, et ce pour faire pression sur les pays occidentaux et imposer ses conditions dans le dossier nucléaire », a souligné Moussaoui Ajlaoui, expert associé à Ames-Center, dans une déclaration à Libé. Et de préciser :« L'Iran est plus puissant politiquement et diplomatiquement que l'Algérie. Il a la même approche que la Russie et instrumentalise chaque problème du monde arabe pour imposer sa puissance régionale et renforcer sa position, en particulier dans le dossier nucléaire ».

Selon lui, le régime iranien, par les déclarations de son représentant aux Nations unies, a dévoilé ses intentions concernant cette région, soulignant que ce qui motive « cette nouvelle approche de l’Iran, c’est la reconnaissance par l’administration Trump de la marocanité du Sahara (en décembre 2020), puis la perspective des manœuvres militaires dans la région de Mahbès à la frontière algérienne. L’Iran entend exploiter cette carte pour faire pression sur l’Occident et l’administration américaine». Par ailleurs, Moussaoui Ajlaoui a reconnu que l’implantation du régime iranien dans la région du Grand Maghreb aurait peu de chances d’aboutir vu le fort enracinement de la tradition sunnite-malékite qui y existe.

«L’Iran veut utiliser son soutien au Polisario pour transformer le conflit régional entre l’Algérie et le Polisario d’un côté, et le Maroc de l’autre, en un moyen à même de lui permettre détendre sa capacité de nuisance en Afrique du Nord et de l’Ouest et particulièrement dans les Etats de la côte atlantique», avait expliqué en 2018 le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, dans une interview accordée au site d’informations américain «Breitbart».

Le Polisario n’est que la partie visible de l'«approche agressive» de l’Iran en Afrique du Nord et de l’Ouest, avait-il relevé, notant que le front séparatiste constitue une organisation «attractive» pour Téhéran et le Hezbollah. Nasser Bourita avait aussi mis en garde contre la «connexion» entre le Hezbollah et le Polisario qui revêt, selon lui, un caractère «très dangereux» pour l’Afrique du Nord. Le Polisario, qui est une milice armée, représente un «avantage » pour l’Iran puisqu’il connaît la région.

Mourad Tabet

Libé
Jeudi 18 Mars 2021

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