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Le décryptage édifiant du Premier secrétaire : La vision éclairée de l’USFP
L’USFP juge la réforme dépourvue d’ambition et déconnectée des attentesUn rejet catégorique et des slogans chocs
légitimes de la profession et des citoyens.
Dès les premières heures de la matinée, des cris de colère ont résonné devant le Parlement. Les manifestants ont scandé des slogans résumant leur ras-le-bol et exprimant l’amertume d’une profession qui estime ne pas avoir été entendue.
Les pancartes, dont certaines rédigées en français, affichaient des messages édifiants à l’attention des parlementaires et du gouvernement tels que «La fonction parlementaire est une responsabilité avant d’être un privilège».
Les manifestants ont proclamé leur rejet "absolu et total" du projet de loi dans sa version actuelle, exigeant son retrait et l'ouverture d'un dialogue sérieux avec le gouvernement, dans un contexte qu'ils ont qualifié d'ignorance de leurs observations et propositions.
Ils exigent l’application concrète des recommandations de la réforme de la justice dans le texte relatif à leur profession.
Les professionnels dénoncent particulièrement les dispositions limitant le témoignage du lafif, refusant de restreindre ce mécanisme, qu'ils considèrent comme un moyen pratique de prouver les droits dans la réalité sociale.
Mais c’est surtout l’absence de toute mention du compte de dépôt professionnel qui cristallise la défiance. Car refuser le compte de dépôt est la preuve que le ministère veut accaparer la documentation des transactions financières et immobilières au profit d’un organe unique, au détriment de la profession des adouls, de la libre concurrence et de l’égalité des chances, dénonce l’Instance nationale des adouls.
Dans un geste de forte pression, l’Instance a proclamé un arrêt total et illimité des services dès lundi 13 avril. «Nous imputons au gouvernement l’entière responsabilité de la détérioration de la situation, du blocage des services au profit des citoyens et des actes notariaux», prévient l’Instance.
L’opposition parlementaire soutient les adouls
Ce projet de loi contesté trouve également des détracteurs au sein même de l’hémicycle. Le Groupe socialiste – Opposition ittihadie a exprimé son rejet du texte. Par la voix de sa députée Malika Zekhnini, l’USFP a livré une critique sévère d’une réforme qu’il juge dépourvue d’ambition et déconnectée des attentes légitimes de la profession et des citoyens.
Dans une récente intervention lors de débats parlementaires, Malika Zekhnini a dressé un constat sans appel : le texte présenté comme réformateur n’opère pas la rupture nécessaire avec les dysfonctionnements structurels que connaît la profession d’adoul. Pour l’opposition ittihadie, la réforme «s’est arrêtée à mi-chemin» et ne porte pas la vision ambitieuse qu’exige une profession pourtant au cœur de la sécurité juridique, contractuelle et sociale des Marocains.
Alors que l’exécutif reste silencieux, cette nouvelle phase de grève – la plus longue jamais déclenchée par la profession – risque de paralyser durablement de nombreuses démarches administratives et juridiques des citoyens. Mariages, successions, ventes immobilières : des milliers d’actes quotidiens se trouvent bloqués, prenant la population en étau entre la quête de reconnaissance d’une profession et le mutisme du gouvernement.
La position de l’Instance nationale des adouls est claire : la dignité de la profession et la sécurité juridique des actes ne sont pas négociables. Le mot d’ordre est désormais la fermeté, avec une mobilisation qui s’annonce comme l’une des plus importantes jamais vues dans le secteur de la justice notariale au Maroc.
Les adouls appellent le chef du gouvernement à un «dialogue sérieux, responsable et productif». En attendant, la mobilisation reste intacte. Le Parlement, qui examine le texte, se retrouve sous pression alors que les professionnels expriment leur colère et que les services juridiques sont à l’arrêt. Une crise qui risque de s’enliser davantage si aucune solution rapide n’est trouvée.
Mourad Tabet










