"Nous sommes mal préparés. (...) Nous sommes attaqués. Nous ne sommes pas en sécurité (...) La sécurité nationale et la sûreté du Royaume-Uni sont en péril", s'inquiète l'ancien ministre britannique de la Défense (1997-1999), selon des extraits publiés par le Financial Times et la BBC d'un discours qu'il doit prononcer mardi soir à Salisbury (sud).
L'ex-patron de l'Otan (1999-2004) et membre du Labour du Premier ministre Keir Starmer fustige "une complaisance corrosive au sein de la classe politique britannique".
"On parle en vain des risques, des menaces, des signaux d'alerte évidents, mais même le débat national promis sur la défense ne peut être lancé", ajoute le membre de la Chambre des Lords, pour qui Keir Starmer "n'est pas disposé à consentir les investissements nécessaires".
Le gouvernement travailliste avait prévu de publier à l'automne 2025 son plan d'investissement sur 10 ans dans la défense mais il n'a cessé d'être repoussé.
Auteur de la dernière Revue de défense stratégique, publiée en 2025 et destinée à moderniser l'armée britannique, George Robertson accuse de "vandalisme" les "experts non militaires" du ministère des Finances.
La guerre au Moyen-Orient doit selon lui être un "signal d'alarme" pour pousser le gouvernement à l'action.
Ce conflit a révélé au grand jour les limites de la Royal Navy, le Royaume-Uni ayant envoyé tardivement un unique destroyer en Méditerranée pour protéger les bases britanniques à Chypre, dont l'une avait été touchée par un drone iranien.
Keir Starmer s'est engagé à porter les dépenses de défense à 2,5% du Produit intérieur brut d'ici 2027, puis à 3% après 2029, face aux pressions américaines pour que l'Europe contribue davantage à sa propre défense.
"Nous mettons en oeuvre la Revue stratégique de défense afin de faire face aux menaces qui pèsent sur nous", a commenté un porte-parole du gouvernement, ajoutant que le plan d'investissement dans la défense serait publié "dès que possible".










