Les Marocains expulsés d’Algérie en sit-in aujourd’hui à Rabat : Y a-t-il quelque espoir de voir Alger reconnaître ses torts ?


KAMAL MOUNTASSIR
Vendredi 16 Mars 2012

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Et si Alger revenait à de meilleurs sentiments ? Cela fait 37 ans qu’ils aspirent à recouvrer leurs droits et à retrouver les leurs.        Eux qui s’étaient fait expulser sans ménagement de cette Algérie qu’ils considéraient pourtant comme la leur. Devant l’indifférence et le mutisme du régime algérien et des instances internationales, les Marocains expulsés d’Algérie organisent aujourd’hui un énième sit-in devant l’ambassade d’Algérie à Rabat pour réclamer justice. Encore une fois, l’Association des Marocains expulsés d’Algérie en 1975 (ADMEA)  monte au créneau pour condamner ce qu’elle considère comme un crime contre l’humanité. Les expulsés d’Algérie qui ont subi plusieurs préjudices demandent le regroupement familial par le biais de la réouverture des frontières fermées depuis 1994.   Les victimes de la déportation réclament, entre autres, l’indemnisation des 45.000 familles marocaines victimes de la «punition» que leur a fait subir le régime algérien auquel appartenait l’actuel président Abdelaziz Bouteflika, à l’époque ministre des Affaires étrangères. Il faut dire que l’expulsion des Marocains en décembre 1975 a causé depuis des déchirures familiales. L’ADMEA exige aussi le dédommagement des expulsés de même que des excuses officielles de la part des autorités algériennes appelées également à faire toute la lumière sur le sort des disparus.
Avec le dernier rapprochement entre les pays du Maghreb imposé par le vent du Printemps arabe qui a soufflé sur les pays de la région, l’espoir renaît chez la plupart des expulsés d’Algérie dont certains ont grandi et d’autres ont vieilli pour que justice soit rendue et que dignité et réhabilitation soient retrouvées. Ils sont victimes du régime algérien, celui des généraux, celui de Boumediene qui a ordonné l’expulsion arbitraire de 45 mille familles marocaines d’Algérie en 1975  comme réponse à la Marche Verte. Un véritable drame humanitaire vécu par plusieurs familles marocaines mais aussi par d’autres issues de mariages mixtes. 350.000 personnes (exactement le même nombre de Marocains qui ont participé à la Marche Verte) ont été déportées après avoir été dépouillées de tous leurs biens et cruellement séparées des leurs.
Aujourd’hui, les expulsés vont encore donner de la voix espérant que le régime algérien  les entendra cette fois. Et souhaitant surtout que la communauté internationale et les associations des droits humains montrent plus d’intérêt à leur dossier qui traîne depuis une quarantaine d’années. Il faut dire aussi que la diplomatie marocaine ainsi que le tissu associatif n’ont pas tellement accordé d’intérêt à ce dossier qui est en fait un vrai drame humanitaire.
L’Algérie a toujours joué la carte humanitaire en présentant nos compatriotes pris en otages à Tindouf comme des refugiés et des expulsés. L’expulsion dans l’humiliation, la dépossession des biens et la disparition se sont faites dans l’impunité totale. Il est temps que cela cesse et que les Marocains expulsés d’Algérie  recouvrent leurs droits.  

KAMAL MOUNTASSIR
Vendredi 16 Mars 2012
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