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Le partenariat Rabat-Paris et les perspectives africaines au cœur du Forum parlementaire Maroc-France

Habib El Malki Le Maroc, pleinement attaché à sa souveraineté, a toujours trouvé en la France le partenaire compréhensif et fiable.




La troisième édition du Forum parlementaire Maroc-France s’est tenue ce vendredi au Parlement marocain sous la présidence, du côté marocain, de Habib El Malki et Abdelhakim Benchamach, respectivement présidents de la Chambre des représentants et de celle des conseillers et, du côté français, de François De Rugy, président de l’Assemblée nationale et Gérard Larcher, président du Sénat.
« Les relations franco-marocaines sont fondées sur une histoire commune », a déclaré Habib El Malki dans son allocution d’ouverture de cette édition placée sous le thème : «Le partenariat Maroc-France: les perspectives africaines ». Et d’expliquer que cette histoire commune « repose, elle-même, sur un certain nombre de piliers et de composantes, y compris culturels - incarnés par la culture et la langue françaises-, économiques - représentés par un partenariat d’exception et d’intenses échanges commerciaux - et humains, tel qu’illustré par la qualité de la communauté marocaine résidant en France, et, depuis quelques années, par la présence d'une communauté française qualitative au Maroc. Par-delà ces faits, notre plus grand dénominateur commun n’est autre que l’attachement de nos deux pays aux valeurs humaines universelles ».
L’orientation du Maroc vers l’Europe, son ouverture inaltérable sur les pays du Nord de la Méditerranée et ses échanges avec cette région, contribuent au renforcement des relations franco-marocaines, a ajouté le président de la Chambre des représentants en précisant que le partenariat entre le Maroc et l’Union européenne est un choix stratégique, ferme et volontariste dicté par la proximité géographique, les facteurs historiques et les avantages communs.
A ce propos, il a mis en relief le rôle pionnier joué par la France dans la promotion des relations Maroc-UE. « Lorsqu’il arrive, des fois, que ces relations traversent des phases de mésentente dues à une mauvaise compréhension par certaines parties, à des erreurs de jugement ou à la défense d’intérêts étriqués, le Maroc, pleinement attaché à sa souveraineté, conscient de la légitimité de ses droits, convaincu de la pertinence des réformes qu’il entreprend et des politiques qu’il met en œuvre, a toujours trouvé, en la France, le partenaire compréhensif et fiable qui défend les causes de mon pays. Il s’agit là, assurément, de l’incarnation des valeurs de loyauté qui président aux relations entre nos deux pays », a expliqué Habib El Malki.
Ce Forum, a-t-il ajouté, aborde plusieurs thèmes importants pour les deux pays ; en l’occurrence «Politique et stabilité», «Migration  et mobilité des personnes», «Coopération économique» et «Mécanismes de coopération pour un développement soutenu de l’Afrique». «Ce sont des questions d’actualité», a –t-il précisé en mettant en exergue le fait que «le Maroc et la France partagent la même vision. Mieux encore, ils ont, à leur actif, des contributions et des initiatives conjointes ainsi que des approches concordantes pour ne pas dire identiques».
Concernant l'axe «Politique et stabilité», Habib El Malki a évoqué un certain nombre de problématiques dont celle qui a trait au rétablissement de «la paix, de la stabilité et de la sécurité dans un certain nombre de régions à travers le monde - et plus particulièrement dans notre environnement euro-méditerranéen - où les conflits internes, sectaires et transfrontaliers, mais également  l'effondrement de l'Etat, dans certains cas, entraînent de véritables tragédies, l'effondrement économique et des opérations d’exode massif».
S’agissant de la migration et du déplacement des personnes, le président de la Chambre des représentants a assuré que la responsabilité politique et morale exige que «nous traitions cette problématique d’une manière inclusive, clairvoyante et imprégnée d’humanisme et que nous nous attaquions aux racines de ce phénomène universel aux soubassements historiques». Et d’ajouter  que «ceux et celles qui quittent leur pays, en s’aventurant dans la brousse et les océans, le font malgré eux. Ils le font pour des raisons liées à des conditions climatiques difficiles, aux guerres, au nettoyage ethnique, à la pauvreté ou au chômage chronique. Au lieu de fermer les frontières, d’ériger des murs pour repousser les migrants, il faudrait jeter des ponts de coopération».
Dans cette même lignée, il a appelé à contrer le discours de la haine et de l’introversion. «Nous devons, a-t-il dit, nous opposer à l’instrumentalisation de la question de la migration à des fins politiques, à son utilisation comme épouvantail dans des enjeux politiques, ou pour remporter des batailles électorales ou faire le lit du populisme. Il est certain que la France, berceau des libertés, pays d'accueil et d'intégration par excellence, et le Maroc, nation aux traditions d’accueil et d’ouverture avérées qui, depuis 2013, met en œuvre une nouvelle politique migratoire à dimension humaine, inclusive et solidaire, ont un rôle à jouer, une responsabilité à assumer, par l’adoption de politiques audacieuses allant au-delà de l’accueil». «Ils devraient s’attaquer aux racines profondes du phénomène, à savoir contribuer au développement des pays émetteurs, et prévenir et résoudre les conflits transfrontaliers et internes qui mènent à l'effondrement de l'Etat, notamment dans certaines régions au Sud et à l’Est de la Méditerranée», a-t-il affirmé.
Concernant le troisième axe de ce forum , à savoir la coopération économique, Habib El Malki a estimé qu’«une exploitation optimale des perspectives offertes par le partenariat franco-marocain en Afrique, fondées sur de nouvelles approches favorisant la solidarité, centrées sur l'Homme et s’inscrivant dans la durabilité, donnera un nouveau souffle à la coopération internationale, qui a d’ailleurs grand besoin de renouveau».
S’agissant des mécanismes de coopération pour un développement durable en Afrique, il a affirmé que le choix de pareil thème « n’a rien de fortuit ». En fait, a-t-il noté, « ce choix se veut un message dans deux directions: d’abord, il s’agit de mettre l'accent sur la gravité des perturbations climatiques; ensuite,  c’est un message en direction de l’Afrique, pour confirmer l’engagement de nos deux pays envers le continent pour ce qui est des problématiques liées à l’environnement ».
Il a, par ailleurs, rappelé que le partenariat novateur et exceptionnel mis en place par le Maroc et la France en faveur de l'environnement, à travers les deux Conférences des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, la COP21, à Paris, et la COP22, à Marrakech, a placé l’Afrique au cœur des préoccupations de la communauté internationale en matière de problématiques environnementales. Il a ajouté, dans ce cadre, qu’il faut «insuffler une nouvelle dynamique aux mécanismes opérationnels relatifs aux résolutions internationales afin de donner un caractère concret et tangible aux engagements financiers internationaux (à travers le Fonds vert, en particulier). Il s’agit là d’une responsabilité éthique et politique que nous nous devons d’assumer en imprimant un nouvel élan au plaidoyer international pour une équité climatique en faveur de l’Afrique ».
Nous y reviendrons dans notre prochaine édition.
 


Mourad Tabet
Samedi 23 Juin 2018

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