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Le manque d’investissement plombe plus que jamais la prise en charge des troubles mentaux





L’ OMS a mis les petits plats dans les grand à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée samedi dernier. Le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’organisation onusienne, s’est associé à des dirigeants mondiaux, des experts et des célébrités lors d’une campagne de sensibilisation en ligne « pour dire au monde ce qu’il est possible de faire collectivement pour améliorer la santé mentale et contribuer à offrir des soins de santé mentale de qualité à tous ceux qui en ont besoin », précise l’OMS. Une première qui en appelle d’autres tant la pandémie du nouveau coronavirus et la distanciation sociale ont mis sur le carreau les modèles de sensibilisation préétablis. Mais pas que. Dans le contexte sanitaire actuelle, les services de santé mentale semblent également grippés après avoir été à l’arrêt pendant plusieurs mois. « Plus de 60% des pays ont signalé des perturbations des services de santé mentale destinés aux personnes vulnérables, y compris les enfants et les adolescents (72%), les personnes âgées (70%) et les femmes qui ont besoin de services prénatals ou postnatals (61%) », indique l’OMS suite à une enquête réalisée auprès de 130 pays. En conséquence, des dizaines de pays ont adopté la télémédecine ou la téléthérapie pour remédier, en partie, à ces perturbations. Mais malgré toute la bonne volonté du monde, des disparités existent dans l’adoption de ces interventions. Alors que plus de 80 % des pays à revenu élevé ont indiqué avoir recours à ces méthodes pour combler les lacunes en matière de santé mentale, seulement 50 % des pays à revenu faible y ont eu recours. Inégalités que l’on retrouve également en termes d’investissements des gouvernements dans les services en soutien à la santé mentale. D’aucuns diront qu’avec une économie mondiale au ralenti, les investissements dans les services de santé mentale passent au second plan. Mais d’une part, cela reviendrait à se voiler la face concernant l’impact psychologique de la pandémie sur les populations (voir interview) et d’autre part, ce serait nier que la problématique ne date pas d’hier : « Avant la pandémie, les pays consacraient moins de 2% de leur budget national de la santé à la santé mentale et avaient du mal à répondre aux besoins de leur population », rappelle l’organisation onusienne. Autre exemple, la dernière enquête épidémiologique nationale sur la prévalence des troubles mentaux. Diligentée en 2002, elle a été publiée en 2007. De fait, dire que les chiffres et le panorama des troubles mentaux dans le pays est dépassé relève du doux euphémisme. C’est comme on partait à la guerre les yeux bandés. Comme si on voulait enrayer une épidémie sans tester. Pourtant, nous ne sommes pas en présence de cas isolés. A la fin des années 2000, ladite enquête avait révélé que 26,5% des Marocains souffraient de troubles dépressifs, 9% de troubles anxieux, 5,6% de troubles psychotiques et 1% de schizophrénie. Et aujourd’hui, «comme le dépistage des troubles mentaux se fait de plus en plus précocement, nous nous rendons compte que les anciens chiffres ne sont pas en phase avec la réalité», abonde Rim Akrache, psychologue clinicienne et neuropsychologue au sein de la clinique des jardins. Pour Libé, la cofondatrice de l’Association Ruban d’Espoir balaye l’actualité sur le sujet en compagnie du Dr. Mehdi Benbrahim, psychiatre addictologue, praticien en neuromodulation, médecin du sommeil et spécialiste de la mémoire. 


C.Chaabi
Lundi 12 Octobre 2020

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