Le Sahel sous le feu du terrorisme et du séparatisme : Alger montré du doigt


Mourad Tabet
Lundi 27 Avril 2026

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Le Mali a été la cible ces derniers jours d'une série d'attaques coordonnées de grande ampleur revendiquées par   des jihadistes du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), affilié à Al Qaïda, alliés à des rebelles séparatistes.

Les attaques ont visé plusieurs localités simultanément, suggérant un haut niveau de coordination. Les villes touchées incluent la capitale Bamako, la ville garnison de Kati (qui abrite une importante base militaire), ainsi que Gao, Kidal et Sévaré dans le nord et le centre du pays.

Le général Sadio Camara, ministre de la Défense, a été tué lors d'une attaque contre sa résidence personnelle à Kati. Selon les autorités maliennes, un véhicule piégé conduit par un kamikaze a visé sa maison. Le général a riposté et neutralisé plusieurs assaillants avant de succomber à ses blessures à l'hôpital. L'explosion a également détruit une mosquée voisine, tuant plusieurs fidèles.

Moussaoui Ajlaoui
La région du Sahel semble entrer dans une
phase critique. Plusieurs observateurs pointent du doigt une main étrangère
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a  condamné ces attaques armées contre le Mali.
Citant le porte‑parole du Secrétaire général, l’AFP a rapporté samedi dernier que Guterres s’est dit «profondément préoccupé par les informations faisant état d’attaques dans plusieurs localités à travers le Mali », mettant l’accent sur la nécessité de renforcer les efforts internationaux face à l’aggravation des menaces sécuritaires.
Guterres a appelé à une réponse internationale coordonnée pour faire face à la menace croissante du terrorisme au Sahel et  répondre aux besoins humanitaires urgents.

«La région du Sahel semble entrer dans une phase critique. Plusieurs observateurs pointent du doigt une main étrangère dans ces attaques meurtrières contre le Mali, car elles   ont été perpétrées par des jihadistes affiliés à Al Qaïda et des rebelles séparatistes. Une telle alliance ne peut se former sans le feu vert et l’action des services de renseignement militaire d’Alger», a souligné Moussaoui Ajlaoui avant d’ajouter: «Depuis 2012, ces groupes étaient en conflit constant. Ils s’affrontaient entre eux, alors qu’aujourd’hui, ils semblent converger, même s’il existe probablement des dissidences internes».
S’agissant de la question du Sahara marocain,le véritable enjeu réside désormais
dans les modalités de la mise en oeuvre de la résolution onusienne 2797
Selon l’expert associé à Ames-center et spécialiste des affaires africaines, il est également possible que certains groupes issus des zones frontalières, notamment du côté mauritanien, soient impliqués dans cette dynamique, jouant un rôle de liaison ou de soutien logistique entre les différentes factions. Cela pourrait expliquer certaines opérations menées dans les zones proches des frontières.

Le timing de ces attaques n’est ni anodin ni innocent. «Ces attaques interviennent après que le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans s’en est pris durant des mois aux camions-citernes de carburant venant notamment du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, par où transite la majorité des biens qu’importe le Mali, provoquant une pénurie de carburant dans le pays», a indiqué Moussaoui Ajlaoui.

Elles font également suite à «la récente reconnaissance de la marocanité du Sahara par les autorités maliennes», explique l’analyste marocain dans une déclaration à Libé. «Le but apparent serait de créer une crise interne et, par ricochet,  faire pression sur le régime, voire  chercher à le déstabiliser. Il est également possible que l’objectif consiste à pousser les autorités maliennes à revoir leur position concernant la question du Sahara.
Par ailleurs, selon Moussaoui Ajlaoui, une avancée est attendue dans le dossier du Sahara marocain. «La séance du Conseil de sécurité   tenue jeudi dernier à ce propos est le prélude à une réunion plus importante qui aura lieu ce jeudi», a-t-il fait savoir.

L’objectif est d’opérer une révision stratégique de la mission de la MINURSO et de son fonctionnement. Un autre aspect a également été abordé lors de cette session à huis clos. Selon certaines fuites, une réponse positive des différents acteurs serait actuellement enregistrée, et des discussions sont en cours.
«La question essentielle aujourd’hui n’est plus de rechercher une nouvelle référence, car il en existe déjà une unique: la dernière résolution du Conseil de sécurité, qui consacre l’autonomie comme seule et unique solution à la question du Sahara. Le véritable enjeu réside désormais dans les modalités de mise en œuvre de cette résolution. En d’autres termes, comment mettre en œuvre le Plan d’autonomie proposé par le Royaume», a-t-il précisé.

Lequel plan a récemment acquis de nouveaux soutiens internationaux, consolidant sa position en tant que   solution la plus crédible pour mettre fin à ce différend régional. A cet égard, le Royaume-Uni a réaffirmé son adhésion à cette initiative, la qualifiant de «base la plus crédible, viable et pragmatique» pour une paix durable, rejoignant ainsi d'autres membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU tels que les Etats-Unis et la France. Parallèlement, la Suisse a aussi exprimé un soutien similaire, jugeant qu'une «véritable autonomie sous souveraineté marocaine pourrait constituer une solution des plus réalisables».

Ces déclarations, qui s'ajoutent à l'appui croissant exprimé par plusieurs nations européennes et africaines, témoignent d'une dynamique diplomatique renforcée autour de ce plan, désormais considéré par la communauté internationale comme le cadre incontournable pour  un règlement politique définitif et durable.

Mourad Tabet
 

Mourad Tabet
Lundi 27 Avril 2026
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