Le Point À La Ligne de Mehdi Mezouari

Présence remarquée du Parti au sein des différents corps de métier


Mourad Tabet
Jeudi 5 Mars 2026

Les ratés du gouvernement, l’union de la gauche…

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Invité de l'émission « Nokta ila satr » sur la chaîne Al Aoula, Mehdi Mezouari, membre du Bureau politique de l'Union socialiste des forces populaires (USFP), a livré une analyse sans concession de l'état du champ politique marocain, de l'action gouvernementale et des défis internes du parti, à l'approche des échéances législatives.

Dès l’entame du débat animé par les journalistes Sabah Bendaoud et Abdallah Lachgar, Mehdi Mezouari a mis les points sur les i en soulignant que le rôle des partis politiques ne souffre d'aucune ambiguïté. « Il est clairement défini par la loi et par toutes les règles de l'action politique. Notre mission est d'encadrer la société, de soulever ses problèmes et de défendre ses intérêts. Une fois que nous accédons aux responsabilités, notre devoir est de mettre en œuvre les solutions promises pour répondre aux attentes des citoyens », a-t-il fait savoir.
Et d’ajouter que « l'essence même d’un parti politique, c'est d'être issu de la société et de rester à son écoute, ce qui est le cas de l’USFP. Il est de ce fait fondamental que nous restions connectés sur le terrain, en permanence, aux côtés des citoyennes  et des citoyens ».

Certes un décalage s'est creusé aujourd’hui. Car certaines formations politiques n'existent et ne se manifestent qu'à travers les institutions, portées uniquement par les résultats d'un scrutin. « Notre parti, l'USFP, refuse cette logique. Nous sommes un grand parti historique et national. Nous sommes présents dans le tissu social, au sein des syndicats, au niveau de l’université et du barreau, aux côtés de toutes les catégories de la société. C'est pourquoi nous ne nous considérons pas comme appartenant à cette catégorie de partis déconnectés de la réalité », a martelé le membre du Bureau politique de l’USFP avant de préciser : « Certes nous sommes aujourd'hui dans l'opposition parlementaire, mais nous restons mobilisés sur le terrain. Nous défendons nos convictions, notre idéologie, et nous honorons notre histoire ».

Concernant les récents mouvements de contestation dans plusieurs corps de métier, en particulier chez les avocats, Mehdi Mezouari a souligné qu’ils illustrent une dynamique de défense professionnelle. Selon lui, l'USFP entretient avec ce corps des liens historiques profonds. En effet, le parti compte l'un des plus puissants secteurs d'avocats du champ politique marocain, et la quasi-totalité de ses Premiers secrétaires dont Driss Lachguar, sont issus de cette profession. Cette relation privilégiée fait de l'USFP un acteur naturellement engagé aux côtés des avocats dans leurs luttes.

Cette proximité avec les corps de métier ne se limite pas aux seuls avocats. L'USFP a été la première formation politique à publier un communiqué de soutien aux pharmaciens, confrontés à une problématique existentielle. D’ailleurs, les pharmaciens ittihadis ont récemment exprimé une vive inquiétude quant aux tentatives visant à reconfigurer le secteur pharmaceutique en dehors de toute logique de justice professionnelle et d’équilibre institutionnel, et à réduire le médicament à une logique de marché ouvert, de spéculation ou de concentration capitalistique.
 
Réquisitoire sévère contre l’action gouvernementale
 
Mehdi Mezouari a, par ailleurs, passé au crible le bilan du gouvernement, dénonçant son échec dans les secteurs stratégiques. «Dans l’éducation, nous avons les politiques les plus faibles. On nous dit «nous y avons alloué la plus importante enveloppe», mais la politique et le développement ne se mesurent pas à l’argent dépensé mais à l’investissement dans la société», a-t-il précisé.

Mehdi Mezouari s'est également montré sans concession en s’interrogeant sur le hiatus entre le niveau élevé des promesses électorales des partis de la coalition gouvernementale et les réalisations effectives, faisant remarquer que le taux de chômage a atteint 13%, que l'éducation n'a pas obtenu les résultats escomptés, tandis que le secteur de la santé connaît des délais d’attente pouvant aller jusqu'à trois mois, tout en considérant que l'Etat social, au lieu de renforcer la justice, pourrait créer une "bourgeoisie dans le secteur de la santé", et que « le mythe du gouvernement des compétences » s'est effondré face à la réalité.
 
Motion de censure, une initiative ittihadie
 
Sur le volet parlementaire, Mehdi Mezouari a évoqué la controverse qui a accompagné la motion de censure, estimant que le débat avait été mené de manière erronée et que la véritable question est la suivante : qui a proposé la motion ?

A cet égard, il a affirmé que ladite motion était une l'initiative de l’USFP, rappelant que toutes les motions de censure de l'histoire du pays avaient été portées par le Parti à la Rose. D’autre part, il a mentionné une certaine tiédeur dans la coordination avec le Parti du Progrès et du Socialisme, sans que cela ne signifie une rupture, réitérant le respect du parti pour tous les acteurs politiques.

Il a indiqué que le parti est attaché aux constantes de la nation sous la conduite de Sa Majesté le Roi, et à l'intégrité territoriale, rappelant que l’USFP avait fait le choix assumé et responsable de siéger dans l'opposition.
 
L’union de la gauche, une nécessité
 
Alors que les élections de 2026 se profilent à l’horizon, la question de l’unité de la gauche a été abordée. Mehdi Mezouari a réaffirmé la conviction profonde du parti: la nécessité de rassembler les composantes de la gauche, qu’il considère comme l’allié objectif et naturel de l’USFP. 

En ce sens, il a expliqué qu'il existe un électorat de gauche qui attend un programme clair et que l’édification de la gauche n'est pas seulement tributaire de l'échéance de 2026, mais qu'il s'agit d'un processus qui inclut les partis, les femmes, les jeunes, les mouvements de protestation et les syndicats, tout en mettant en avant que l’USFP, en tant que plus grande force politique de gauche, est concerné par l'union de la gauche et par la présentation d'une nouvelle offre politique dont le pays a besoin.

Il a aussi affirmé que l’USFP est ouvert à  toutes les idées au service des citoyens, appelant à mettre fin à la corruption électorale, à garantir des conditions équitables lors des élections, et à réprimer avec la plus grande fermeté toutes les pratiques répréhensibles.

Concernant la vie interne du parti, le membre du Bureau politique a reconnu que la pratique politique n'est pas un luxe et que le parti a traversé une situation difficile, mais qu'il a retrouvé sa dynamique après le 11e Congrès national. Il a évoqué le travail intensif au niveau organisationnel, avec l'organisation de 72 congrès provinciaux, soulignant que la moyenne d'âge au niveau provincial ne dépasse pas 35 ans, tandis qu'au Bureau politique elle est d'environ 40 ans, signe de l'ouverture du parti à la nouvelle génération.

Il a précisé que la fixation du nombre de mandats est une décision importante et une revendication ittihadie, et que l’USFP est ouvert au débat, notant que le nombre d'adhérents s'élève à 55.000 et que l'adhésion est désormais électronique et simplifiée, dans le cadre de la modernisation des mécanismes de travail au sein de l’USFP.

Mourad Tabet


Mourad Tabet
Jeudi 5 Mars 2026
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