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Le PCNS planche sur la divergence des visions africaine et européenne relatives à la question migratoire

Les Africains ambitionnent de réaliser des avantages économiques, alors que les Européens appréhendent la migration comme un fardeau et un problème qu’il faut régler


Le PCNS planche sur la divergence des visions africaine et européenne relatives à la question migratoire
Le Policy Center for the New South (PCNS) a braqué les projecteurs, à l'occasion de son rendezvous numérique "Mardis du PCNS", sur l'agenda de l'Union africaine (UA) au sujet de la migration et ses relations avec les priorités européennes. Les discussions lors de cette rencontre ont relevé que les attentes des pays européens se résument en le contrôle accentué des mouvements migratoires en provenance des pays africains, alors que ces derniers misent sur une meilleure organisation des déplacements, de manière à contribuer à leur développement. Lors de ce programme, qui a accueilli la chercheuse en relations internationales Amal El Ouassif, les participants ont souligné que la divergence qui existe entre la perception en Europe de la migration africaine et sa réalité régionale peut constituer un obstacle à l'avancement du dialogue euro-africain autour de cette question.

"L'Afrique est considérée parmi les continents qui connaissent actuellement un mouvement important vers l'étranger, ce qui la qualifie à devenir un acteur principal dans l'échange autour de la migration", a fait savoir la chercheuse lors de cette rencontre modérée par Imane Lahrich, responsable des programmes au PCNS. La chercheuse a également distingué entre la perception des dirigeants africains de la migration - qui ambitionne plus à réaliser des avantages économiques, soit en termes de développement ou de transferts d'argent des immigrés - et entre la vision européenne, qui "voit désormais le migrant africain comme un fardeau et un problème qu’il faut régler". Cet écart entre les perceptions entraîne une divergence dans les approches pour faire face à la problématique de la migration, a-telle relevé, notant que l'approche européenne se base sur des “préoccupations" sécuritaires exacerbées par les stéréotypes et l'exploitation de certains évènements pour faire croire à "l'impact indésirable du migrant sur les sociétés d'accueil".

La chercheuse a, en outre, estimé que le fait de mettre l’accent sur l’approche sécuritaire “démotive” les pays africains qui veulent faire de la migration un moteur de développement dans le continent.

Dans ce cadre, elle a mis en avant les stratégies mises en place par l'Union africaine en matière migratoire, notamment la politique de migration adoptée en 2006 et puis révisée, ainsi que "l'agenda africain pour la migration" adopté en 2018. L’intervenante a, en outre, salué le rôle que joue le Maroc sur ce plan, lequel a été couronné par l'accueil à Rabat du siège de l'Observatoire africain des migrations qui ambitionne d'opérer une rupture avec les idées reçues au sujet de la question migratoire. Imane Lahrich a, pour sa part, indiqué que la migration en provenance d'Afrique est parmi les priorités des politiques européennes pour le contrôle des frontières extérieures de l'UE, relevant que les dynamiques de la migration africaine sont avant tout régionales, et la migration de l’Afrique subsaharienne est à peine lié aux mouvements transfrontaliers.

Elle a également rappelé que plusieurs projets menés par l'Union africaine visent à réaliser la complémentarité régionale, notant que ces initiatives font face à plusieurs obstacles, notamment la réserve de certains pays (Nigeria, Afrique du Sud) dans la lutte contre cette réalité régionale de la migration africaine et la place qu'occupe cette question dans le processus en cours de complémentarité régionale, outre l’agenda imposé par les politiques européennes qui ne tiennent pas compte de ces spécificités. Lancé en 2014 à Rabat avec plus de 40 chercheurs associés du Sud comme du Nord, le PCNS offre une perspective du Sud sur les enjeux des pays en développement.

Il vise à faciliter les décisions stratégiques et les politiques publiques relevant de ses principaux programmes : Afrique, géopolitique et relations internationales, économie et développement social, agriculture, environnement et sécurité alimentaire et matières premières et finance.

Mort de cinq migrants irréguliers au large des Canaries

Au moins cinq migrants africains ont péri en tentant de rejoindre l'archipel espagnol des Canaries à bord d'une embarcation contenant une cinquantaine de personnes, ont annoncé mardi les autorités locales. Un corps a été trouvé par les garde-côtes sur un bateau de fortune au sud de l'île de Grande Canarie, ont indiqué à l'AFP des sources de la délégation du gouvernement espagnol dans cet archipel situé au large des côtes nord-ouest de l'Afrique. "Il semble que quatre autres personnes étaient décédées" durant le trajet, selon les témoignages des survivants, mais leurs corps n'étaient plus dans l'embarcation, a-t-on ajouté de même source. Les migrants rescapés, au nombre de 47, ont été transférés au port d'Arguineguín, sur l'île de Grande Canarie, et après un examen médical, "deux d'entre eux ont été évacués vers un hôpital pour des pathologies mineures", a précisé le service d'urgence

Situées à plus de 100 km des côtes africaines, les Canaries ont connu l'an dernier une vague migratoire inédite depuis 2006, malgré le caractère extrêmement dangereux de cette route atlantique, de nouveau empruntée par les migrants depuis que les contrôles se sont renforcés en Méditerranée. En 2020, 23.023 migrants africains sont ainsi arrivés sur l'archipel, contre 2.687 l'année précédente, selon le ministère espagnol de l'Intérieur. Une forte proportion de ces migrants sont des Marocains. Une tendance qui se poursuit cette année, puisque 2.341 personnes ont atteint l'archipel en janvier et février, soit plus du double des 1.103 enregistrés durant la même période en 2020

Ces migrants voyagent à bord d'embarcations surchargées et le plus souvent en très mauvais état qui doivent faire face à des courants très forts, d'où de nombreuses tragédies. En 2020, 1.851 personnes ont ainsi péri en tentant cette traversée, selon un rapport publié par l'ONG Caminando Fronteras, qui surveille les flux migratoires.

Libé
Jeudi 11 Mars 2021

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