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La pitoyable sortie de Podemos

Ce petit parti qui s’invente une cause qui n ’en est pas une



Dans un acte d’hostilité qui pourrait avoir des conséquences graves sur les relations entre Madrid et Rabat, des députés de Podemos (parti espagnol d’extrême gauche qui, de surcroît, fait partie de la coalition gouvernementale) ont appelé Joe Biden, le prochain président américain, à révoquer la décision signée par Donald Trump le 10 décembre dernier et par laquelle les Etats-Unis reconnaissent la souveraineté pleine et entière du Maroc sur son Sahara.

Selon Europa Press, plusieurs députés de ce parti d’extrême gauche « se sont joints à une lettre promue par des eurodéputés dans laquelle ils demandent au futur président américain, Joe Biden, d’annuler la décision de reconnaissance de la marocanité du Sahara prise par Donald Trump ». Et la même source d’ajouter : « Dans cette lettre, à laquelle se sont joints Lucía Muñoz ainsi qu’Antón-Gómez Reino et le député de l'ERC (la Gauche républicaine de la Catalogne) Joan Josep Nuet, ils assurent que bien qu'ils n'aient aucune intention de s’immiscer dans la décision souveraine des Etats-Unis en matière de relations internationales, ils considèrent qu'ils sont obligés de réagir puisque la mesure affecte "les droits d'un tiers", en l'occurrence les Sahraouis ». Les hargneux signataires de cette lettre ont appelé à « l'engagement connu et ferme» de Biden en faveur du multilatéralisme dans l'espoir de le voir "révoquer cette déclaration illégale réaffirmant la position traditionnelle des Etats-Unis concernant le statut juridique du Sahara occidental et le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination et à la liberté». Et de souligner que «la nouvelle administration de Biden pourra aspirer à jouer son rôle naturel au sein du Conseil de sécurité des Nations unies en tant que facilitateur impartial dans les efforts visant à résoudre l'un des plus anciens cas de décolonisation soumis aux Nations unies ».

Cette lettre regorge de contre-vérités et de falsification des faits historiques. A titre d’exemple, ses rédacteurs prétendent que « le Sahara est "le dernier territoire africain à être décolonisé" et est "habité par un peuple souverain dont le droit inaliénable à l'autodétermination est reconnu par l'Assemblée des Nations unies depuis 1963». Tout d’abord, c’est le Maroc qui, dès le début des années 60, a réclamé la récupération de ses provinces du Sud et a sollicité l’ONU pour que le Sahara soit inscrit sur la liste des territoires non autonomes, avant même la naissance du front Polisario qui a été créé et instrumentalisé par l’Algérie pour faire échouer les efforts du Maroc visant à récupérer ses territoires sahariens. La deuxième contre-vérité est que « le Sahara est le dernier territoire africain à être décolonisé ». Tout le monde sait que le Maroc a récupéré son Sahara en vertu des accords de Madrid signés le 14 novembre 1975. En outre, ces accords ont été ratifiés par le Parlement espagnol (Cortes Generales) le 18 novembre 1975. C’est d’ailleurs ce qu’avait souligné l’ambassadeur, représentant permanent du Maroc à l’ONU, Omar Hilale, en décembre dernier lors d’un débat virtuel organisé par l’Afrique du Sud, la Russie et le Vietnam pour commémorer le 60ème anniversaire de l’adoption de la résolution 1514, en affirmant que «la décolonisation du Sahara marocain a été définitivement scellée avec l’accord de Madrid de 1975 et son approbation par l’Assemblée générale des Nations unies ». Par ailleurs, la conférence des ambassadeurs en Espagne sera célébrée les 18 et 19 janvier, a affirmé le quotidien espagnol ABC. Lequel a ajouté avec étonnement que l’un des intervenants à de cette conférence est « le deuxième vice-président du gouvernement, Pablo Iglesias, qui prendra la parole pour parler de l'agenda 2030 malgré le fait que sa présence n'était pas prévue dans le programme initial».

ABC a reconnu qu’il y a une divergence de points de vue entre les partis qui forment le gouvernement espagnol, à savoir le PSOE et Unidas-Podemos concernant la politique étrangère, notamment la question du Sahara marocain. « Ce n'est un secret pour personne que le positionnement de Podemos sur une question aussi sensible que le Sahara n'a pas contribué à améliorer les relations bilatérales avec le Maroc à un moment aussi difficile que celui de la crise migratoire aux Canaries », a écrit le quotidien espagnol. Il convient de rappeler qu’en février 2020, le dénommé Nacho Álvarez (Podemos), secrétaire d'Etat aux droits sociaux au sein du gouvernement présidé par Pedro Sanchez, avait reçu dans son bureau à Madrid, une délégation de la chimérique RASD conduite par la prétendue «ministre sahraouie des Affaires sociales ». Pis encore, ce responsable espagnol avait publié les photos de cette rencontre avec les séparatistes sur son compte Twitter et il s'était également félicité de cette rencontre allant même jusqu’à exprimer son soutien au mouvement séparatiste. La ministre socialiste des Affaires étrangères, de l'UE et de la Coopération, Arancha González Laya, avait dû expliquer à son homologue marocain, Nasser Bourita, que la position de l'Espagne concernant le Sahara n'avait pas changé. « La position de l'Espagne sur le Sahara n'a pas changé. Il s’agit d’une politique d’Etat: l'Espagne ne reconnaît pas la RASD et nous soutenons les efforts du Secrétaire général de l'ONU pour parvenir à une solution pacifique dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU », avait- elle précisé.

Mourad Tabet

Libé
Vendredi 15 Janvier 2021

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