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La Minurso dépassée ? Nasser Bourita en pourparlers à Washington et aux Nations unies




Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, a rencontré mardi dernier à Washington le secrétaire d'Etat par intérim, John Sullivan.
Cette rencontre est intervenue dans un contexte marqué par les provocations des milices du Polisario qui cherchent vainement et avec l’aide de l’Algérie à changer le statut juridique de la zone tampon.
Le chef de la diplomatie marocaine a mis au courant son homologue américain de la situation sur le terrain et des manœuvres des ennemis du Royaume qui pourraient provoquer l’instabilité et l’insécurité dans cette région stratégique.
Un communiqué de presse du département d’Etat américain a affirmé à ce propos que « le Secrétaire par intérim et le ministre des Affaires étrangères ont discuté des relations bilatérales profondes entre les Etats-Unis et le Maroc et des questions régionales, y compris des efforts pour parvenir à la paix régionale. Les Etats-Unis ont également exprimé leur attachement aux efforts déployés par les Nations unies pour trouver une solution politique pacifique, durable et mutuellement acceptable au différend de longue date sur le Sahara ».
Il convient de préciser, par ailleurs, que Nasser Bourita devait rencontrer hier le Secrétaire général de l’ONU pour débattre de la situation dans la région.
Concernant les derniers développements de celle-ci, le porte porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a indiqué mardi à New York que l’organisation internationale « ne prend pas parti » et que « la Mission onusienne (MINURSO) rend compte de ce qu’elle observe. C’est une zone très vaste qu’ils doivent couvrir. Ils partent et rapportent ce qu’ils voient », selon un communiqué de presse de cette instance relayé par MAP.
A rappeler également que l’ambassadeur, représentant permanent du Royaume du Maroc aux Nations unies, Omar Hilale, avait transmis, dimanche, une lettre au président du Conseil de sécurité, Gustavo Meza-Cuadra, dans laquelle il avait mis en garde que le déplacement de toute structure civile, militaire, administrative ou de quelque nature que ce soit, du Polisario, des camps de Tindouf en Algérie, vers l’Est du dispositif de sécurité au Sahara marocain, « constitue un casus belli ».
« Cet acte illégal des autres parties menace gravement le processus politique onusien que le Secrétaire Général de l’ONU et son Envoyé personnel œuvrent inlassablement à relancer. Avec leurs violations répétées, et maintenant élargies à plusieurs zones à l’Est du dispositif de sécurité au Sahara marocain, les autres parties condamnent sérieusement toute chance de relance du processus politique”, a tenu à souligner Omar Hilale dans cette lettre.
Il a, en outre, fait observer que «le maintien de la présence illégale des éléments armés du Polisario dans la zone tampon de Guergarat constitue une violation flagrante de l’Accord militaire N°1», en notant qu’il s’agit là d’ « un défi inadmissible au Conseil de sécurité, à l’ONU et à son Secrétaire général, Antonio Guterres », qui avait, dans ses déclarations du 25 février 2017 et du 6 janvier 2018, ainsi que dans son rapport S/2017/307, en date du 10 avril 2017, « exigé le respect total du statu quo et de la libre circulation dans la zone tampon de Guergarat ».
Selon le directeur du Centre atlantique des études stratégiques et d’analyse sécuritaire, Abderrahim Manar Selimi, la déclaration du porte porte-parole du Secrétaire général de l’ONU affirmant que la région du Sahara est vaste « renforce la position du Maroc qui avait déjà affirmé il y a quelques années que la fonction de la MINURSO est à caractère militaire et qu’elle consiste en la supervision du cessez-le-feu dans la région et par conséquent il faut renforcer le nombre de ses fonctionnaires militaires et que sa composante civile n’a, en conséquence, aucune raison d’être ».
D’après Manar Selimi, avec son effectif  militaire réduit, « il lui serait difficile de contrôler et de superviser un espace aussi vaste».
La deuxième question évoquée par notre interlocuteur est celle de l’impartialité. « Je crois que quelques médias algériens et du Polisario ont voulu créer la zizanie lorsque ces deux parties se sont rendu compte que la première mouture du projet du rapport du Secrétaire général de l’ONU contient des éléments positifs pour le Maroc. Le porte parole répond indirectement, donc, à ces parties qui veulent créer une crise entre le Maroc et l’ONU », a-t-il souligné.
Mais le plus important, selon Manar Selimi, est la lettre qu’Ahmed Boukhari, représentant du Polisario à l’ONU, adressée lundi au président du Conseil de sécurité, le  Péruvien Gustavo Meza-Cuarda, dont le pays assure la présidence du Conseil  pour le mois d’avril, et dans laquelle le Polisario a « réfuté catégoriquement les  allégations totalement dénuées de fondements portées par le représentant du  Maroc auprès des Nations unies concernant les termes de cessez-le-feu de  l’ONU et l’accord militaire connexe numéro 1 de même que la situation sur le terrain dans le territoire».
Le chercheur marocain soupçonne que cette lettre ait été écrite par le représentant du Polisario lui-même. Tout d’abord, son style diffère de celles qui avaient été préalablement écrites par Ahmed Boukhari. Deuxième raison qui renforce, cette thèse, c’est que ce dernier était hospitalisé à Madrid où il a rendu l’âme mardi. « Tout cela prouve que la lettre du Polisario à l’ONU a été rédigée par l’Algérie », a conclu Manar Selimi.

Quid de la MINURSO ?

- 245 membres du personnel en uniforme
- Effectifs déployés : 483
- 231 membres du personnel civil
- 20 militaires
- 209 observateurs militaires
- 2 policiers
- 7 officiers d'état-major
- 14 volontaires des Nations unies
- Budget approuvé (juillet 2017 - juin 2018) : 52 519 000 dollars

Mourad Tabet
Jeudi 5 Avril 2018

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