Facebook
Rss
Twitter







Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

La France marche sur des œufs pour éviter le reconfinement



Chaque jour compte pour tenter d'éviter un nouveau confine- ment, mais chaque jour pourrait aussi en rappro- cher la France un peu plus, a martelé le gouvernement di- manche, à l'aube d'une semaine où les indicateurs de l'épidémie de Covid-19 seront scrutés de près. "L'idée, c'est de gagner du temps, de limiter la casse", a dé- claré le ministre de la Santé Oli- vier Véran au JDD, deux jours après que le Premier ministre Jean Castex eut surpris le pays en n'annonçant pas de confine- ment immédiat. "Le moindre mois, la moindre semaine, le moindre jour de confinement qu'on peut éviter aux Français, il faut qu'on le prenne. On le doit à nos commerçants, à nos artisans, aux PME et aux Fran- çais, pour qui c'est extrêmement difficile depuis près d'un an", a renchéri le porte-parole du gou- vernement, Gabriel Attal, dimanche sur BFMTV. "La légère décélération des contaminations peut nous permettre d'observer, durant quelques jours, ce qu'il va se passer", a poursuivi M. Véran, en détaillant ce qui a guidé le choix de ne pas recon- finer dans l'immédiat. Lorsque la décision "a été prise vendredi en conseil de défense, l'incidence, c'est-à-dire le nombre de nouveaux cas quoti- diens, avait peu augmenté de- puis quatre jours. C'est encore le cas aujourd'hui". Par ailleurs, la circulation du variant anglais "s'intensifie - de 50 % chaque semaine - mais de manière moins intense qu'à l'étranger où des hausses de 70 à 100 % ont été relevées", a ajouté M. Véran, se basant sur les résultats préliminaires de la deuxième enquête flash sur les variants. Le Pr Bruno Lina, en charge de cette cartographie, a confirmé dimanche soir sur BFMTV une progression "pas aussi importante que ce qu'on a pu observer dans d'autres pays européens", appelant à rester prudent avant que des chiffres plus précis soient disponibles lundi soir. Le Conseil scientifique "a indiqué (...) que nous ne pre- nions pas de risque à prendre une semaine pour bien observer ce qu'il se passait", a noté M. Véran. "Mais si l'incidence repartait à la hausse, nous n'hésiterions pas". Les indicateurs sont tou- jours à un niveau élevé: plus de 27.000 malades du Covid sont hospitalisés, pas loin des pics de la première et de la deuxième vagues (32.000 et 33.000). Plus de 3.100 sont en réanimation, moins que les pics des précé- dentes vagues (4.900 à l'au- tomne, 7.000 au printemps). Et la pression reste forte, puisque sur les sept derniers jours, on recense en moyenne 20.000 nouvelles contaminations quo- tidiennes. Face à ces chiffres, les ex- perts sont partagés et recon- naissent qu'un confinement se décide selon plusieurs critères: sanitaire d'un côté, économique et social de l'autre. En tant que médecin, "je pense que s'il faut prendre des décisions de confinement diffi- ciles, il faut les prendre tôt", a déclaré sur franceinfo Philippe Juvin, chef des urgences de l'hôpital Georges Pompidou et maire LR de La Garenne-Co- lombes (Hauts-de-Seine). "Maintenant, si vous demandez au citoyen ou homme politique que je suis, je comprends que le président de la République a pris sa décision car les Français ont un niveau d'acceptabilité du confinement qui est devenu limite", a-t-il ajouté. Mais en "repoussant" un re- confinement, le gouvernement prend "un risque", a estimé di- manche sur LCI l'infectiologue Karine Lacombe. "Le risque d'attendre peut-être qu'on soit au pied du mur" ou au bord du précipice, la question étant "estce qu'on tombe dans le précipice", a-t-elle ajouté, craignant qu'un troisième confinement soit "plus long" et avec un impact économique et social "plus dur". Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a lui demandé de réfléchir à des confinements uniquement locaux. "Partout où il y a un risque de voir le variant anglais l'emporter rapidement dans tel ou tel département, pourquoi estce qu'on ne confine pas, quitte à ce que les départements alentours ne le soient pas?", a plaidé M. Faure, invité d'Europe 1 - Les Echos - CNews. En attendant, la nouvelle mesure la plus visible est la fermeture des centres commerciaux non-alimentaires de plus de 20.000 m2. Près de 400 centres ou magasins sont concernés. En outre, les frontières avec les pays hors Union européenne sont désormais fermées, "sauf motif impérieux", et pour revenir d'un pays de l'UE, un test PCR négatif est exigé (sauf pour les travailleurs transfrontaliers). Enfin, dans cette course contre la montre, la France poursuit sa campagne de vaccination. Plus de 1,485 million de personnes ont reçu au moins une dose de vaccin, dont quelque 45.000 qui en ont eu deux. On constate toutefois un ralentissement, attribué aux difficultés d'approvisionnement. Alors que le passage à une production à grande échelle s'est fait "en un temps record", certains fabricants "ont été un peu optimistes" sur leurs capa- cités et "on voit maintenant qu'il y a un revers de la médaille et qu'ils ne sont pas capables de fournir", a commenté di- manche sur BFMTV Marie- Paule Kieny, virologue et présidente du comité vaccin Covid-19. Selon M. Véran, la Haute autorité de santé (HAS) se prononcera mardi sur le vaccin d'AstraZeneca, approuvé au ni- veau européen vendredi. Il ne fait aucun doute qu'il va devenir le troisième autorisé en France, mais il n'est pas certain qu'il sera recommandé aux plus âgés. Les instances spécialisées allemande et italienne l'ont déconseillé pour ces populations, par manque de données sur son efficacité, prenant ainsi le contrepied de l'Agence européenne des médicaments (EMA).

Libé
Lundi 1 Février 2021

Lu 660 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.


Flux RSS