Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

La Cour des comptes plaide pour l'engagement du gouvernement et l'implication des fonctionnaires


Le salaire net moyen dans la fonction publique représente 3 fois le PIB par habitant



La réforme du système de la fonction publique nécessite l'adoption d'une approche globale, l'engagement politique du gouvernement et une implication responsable des fonctionnaires et de leurs représentants, préconise la Cour des comptes.
Dans un rapport sur l'évaluation du système de la fonction publique, dont la synthèse a été présentée, mercredi à Rabat, lors d'une journée d'étude organisée par le ministère de la Réforme de l'Administration et de la Fonction publique, la Cour des comptes affirme que l'amélioration du service public passe par une réforme de la fonction publique basée sur des actions profondes, un engagement politique fort de la part du gouvernement et une implication responsable des fonctionnaires et de leurs représentants.
Ce rapport plaide pour des actions profondes en vue de réhabiliter le système de valeurs du service public, instaurer des dispositifs rigoureux pour combattre les mauvaises pratiques comme l'absentéisme, la procrastination ou la lenteur excessive dans le traitement des dossiers et de reconnaître et encourager les bonnes pratiques et les comportements modèles.  Il met aussi en avant la nécessité d'institutionnaliser une pratique d'évaluation périodique de la qualité du service public, y compris les mesures de satisfaction des usagers et de veiller à améliorer la qualité et les conditions des prestations du service public à la lumière de ces évaluations, tout en instituant des mécanismes pour la responsabilisation des administrations et des agents au sujet des réclamations des usagers.
Le document insiste, en outre, sur la nécessité de respecter les mesures visant à simplifier les procédures, d'éviter le chevauchement des doubles canaux (classique et numérique) et de fixer des délais ambitieux pour basculer vers le tout-numérique et de mettre fin à l'impunité de l'absence des fonctionnaires, en veillant à l’application stricte des dispositions de la loi en la matière.
Il recommande également de généraliser les systèmes de contrôle d’accès dans les différentes administrations, de veiller à l’exploitation des données générées par les systèmes de contrôle d’accès et de penser à l'introduction, pour les fonctions qui ne nécessitent pas une présence régulière au sein des locaux des administrations, de procédures qui permettent le travail à distance, ou à temps partiel, tout en veillant à un suivi personnalisé de la performance et des résultats de chaque fonctionnaire.  Le rapport a, également, appelé à revoir la gouvernance des réformes de la fonction publique, en élaborant une stratégie de réforme complète comprenant des plans d'action précis, des objectifs et des délais appropriés et tenant compte de l'impact attendu sur le budget, avec la mise en place d’une base de données unifiée et complète des fonctionnaires de l'administration publique, dont l'accès est ouvert à l'ensemble des intervenants.
Le Conseil a, de même, noté que la réforme devrait viser à harmoniser les systèmes d'évaluation et de rémunération, appelant à une réforme globale du système de rémunération afin de surmonter les différentes lacunes, en mettant à profit les études réalisées à cet égard. Il s'agit notamment de la révision des composantes du salaire, en donnant plus d'importance au salaire de base et en réorientant les indemnités pour qu'elles soient à la hauteur des objectifs pour lesquels elles ont été créées.
Afin de dynamiser la mobilité des ressources humaines au niveau des services centraux et décentralisés et des différents autres secteurs, le conseil recommande d'assortir cette opération de mesures incitatives pour assurer le succès de ce processus et équilibrer l’affectation du personnel.
Le Conseil a appelé à donner plus d'importance à la formation continue, à travers une politique de formation spécifique liée au système d'évaluation et de promotion et une évaluation périodique des programmes de formation en termes d'impact sur le fonctionnaire et la qualité de son travail.
En ce qui concerne la fonction publique territoriale, le Conseil a recommandé de restructurer et revoir la composition des ressources humaines pour répondre aux besoins du service public local, surmonter les déséquilibres en matière de répartition des fonctionnaires, réduire le poids des salaires dans les budgets des collectivités territoriales et faciliter la mobilité et le redéploiement du personnel.
L'importance de ces réformes, ajoute le Conseil, réside dans le rôle central des ressources humaines dans la mise en œuvre de toute politique publique, notant que la fonction publique revêt un intérêt particulier compte tenu de la hausse de la masse salariale élevée et de la demande croissante pour un service public de qualité.
Le salaire net moyen dans la fonction publique représente trois fois le Produit intérieur brut (PIB) par habitant, contre 1,2 fois en France et 1 fois en Espagne, a indiqué la Cour des comptes à ce propos. Ce niveau s’explique par la faiblesse du PIB marocain comparativement à ceux des pays cités, mais également par les multiples revalorisations des salaires décidées dans le cadre du dialogue social. 
La Cour a également mis l'accent sur une série de dysfonctionnements relevés au niveau de l'administration publique liés notamment à la hausse de la masse salariale qui est passée, entre 2008 et 2016, de 75,4 à 120 milliards de dirhams (MMDH), soit respectivement de 11,38% à 11,84 % du PIB, notant que les dépenses du personnel ont progressé, lors de la même période, de 5,3 % en moyenne, contre un taux de croissance annuel moyen de 3,92 % pour le PIB.
Elle a aussi fait part de certains déséquilibres dans la répartition régionale des effectifs des fonctionnaires, même si leur nombre n'est pas excessif quand il est rapporté à la population totale, comparativement à d’autres pays, puisque le taux d’administration au Maroc s’établit à 17,2 fonctionnaires par mille habitants (moyenne nationale).

Libé
Vendredi 5 Janvier 2018

Lu 978 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Archives | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | Rebonds | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito











Mots Croisés