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La Corée du Nord Kim promet de fermer un site balistique

Kim annonce une visite historique à Séoul




Le leader nord-coréen Kim Jong Un a annoncé mercredi une prochaine visite historique à Séoul et accepté de fermer devant des inspecteurs internationaux un site d'essai de missiles, à l'occasion d'un sommet intercoréen à Pyongyang.
A l'issue de leur troisième réunion depuis avril, M. Kim et le président sud-coréen Moon Jae-in ont également décidé de présenter une candidature commune à l'organisation des jeux Olympiques de 2032. Mais ils n'ont fait état que de progrès limités sur la question cruciale de la dénucléarisation, alors même que le Sud-Coréen allait à Pyongyang pour tenter de débloquer les négociations entre le Nord et les Etats-Unis.
Kim Jong Un a annoncé qu'il irait à Séoul "dans un avenir proche", ce qui serait la première visite d'un dirigeant du Nord dans la capitale sud-coréenne depuis la fin de la Guerre de Corée (1950-1953).
M. Kim a affirmé que l'accord signé devant les caméras avec M. Moon n'était pas long mais "porteur de l'espérance du peuple et de son désir intense de réunification".
Les deux Corées ont également décidé de réduire les tensions militaires, d'organiser régulièrement des réunions de familles divisées par la guerre, de travailler en vue de connexions routières et ferroviaires, entre autres accords bilatéraux.
Les deux pays voisins se sont aussi mis d'accord "pour participer activement et conjointement dans les compétitions internationales dont les jeux Olympiques d'été de 2020 et de coopérer en faisant acte de candidature commune pour accueillir les JO d'été de 2032".
M. Moon a indiqué que la visite de M. Kim à Séoul pourrait intervenir cette année, à moins de "circonstances particulières".
Le président sud-coréen a ajouté que le Nord avait accepté de "fermer de façon permanente" le site de tests de moteurs de missile et le pas de tirs de Tongchang-ri, "en présence d'experts des nations concernées".
Reste à voir si cette mesure sera suffisante pour relancer les négociations de plus en plus compliquées sur le nucléaire.
Lors de sa rencontre historique en juin avec le président américain Donald Trump à Singapour, M. Kim avait réitéré un engagement nord-coréen vague en faveur de la dénucléarisation de la péninsule. Mais Washington et Pyongyang divergent sur le sens de cet engagement.
Washington exige "une dénucléarisation définitive et entièrement vérifiée" tandis que Pyongyang veut une déclaration officielle des Etats-Unis pour marquer la fin de la guerre de Corée.
En attendant, M. Trump a salué dans un tweet la déclaration intercoréenne de Pyongyang, en estimant que M. Kim avait "accepté des inspections nucléaires, sujettes à des négociations finales". "Très enthousiasmant", a-t-il ajouté.
Mais les experts se montrent sceptiques.
Pyongyang, sous le coup de multiples sanctions internationales, a effectué de nombreux lancements de missiles depuis le site de Tongchang-ri, également connu sous le nom de Sohae.
Mais elle en a aussi tiré d'autres endroits, ce qui relativise la portée de l'engagement pris par M. Kim.
Des images satellites prises en août laissaient entendre que des opérations de démantèlement du site de test de moteurs de fusée étaient déjà en cours à Sohae.
"Kim la joue de façon brillante: Venez vérifier que je démantèle un seul site que je n'utilise plus de toute façon, pendant que je produis en masse les missiles que le site m'a permis de développer", a déclaré Vipin Narang, chercheur au MIT.
M. Moon a aussi affirmé que la Corée du Nord pourrait fermer son complexe nucléaire de Yongbyon, si Washington prenait "des mesures correspondantes", une condition, là aussi, très vague.
Jeffrey Lewis, spécialiste du contrôle des armements, a déclaré sur Twitter que l'opinion généralement admise était que cette usine d'enrichissement d'uranium "avait été construite avec la claire intention d'être sacrifiée".
Avant le sommet de Pyongyang, certains experts avaient avancé que M. Moon pourrait obtenir une liste des actifs nucléaires nord-coréens. Mais il n'a au final pas été question d'une telle liste.
"Sur la question de la dénucléarisation, l'accord n'est pas à la hauteur des attentes", a déclaré à l'AFP Yoo Ho-yeol, de la Korea University.
Séoul et Pyongyang avaient tous les deux à cœur de réactiver les projets de coopération conjoints, M. Kim pour faire profiter son pays de la puissance économique du Sud, M. Moon pour éloigner de la péninsule le spectre d'un dévastateur conflit intercoréen.
Le journal nord-coréen Rodong Sinmun a largement couvert le sommet, publiant entre autres l'image de l'accolade entre les deux leaders à l'aéroport de Pyongyang, puis des clichés de l'impressionnante ovation soigneusement chorégraphiée qui a accompagné la parade des deux hommes dans les rues de la capitale.

Jeudi 20 Septembre 2018

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