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L’intégration financière, un impératif important pour l’Afrique

Un diagnostic de la maturité des établissements financiers en matière de cybersécurité est en cours de préparation




Une intégration financière renforcée en Afrique devient un impératif important pour donner de l’élan à la création de la Zone de libre-échange continentale pour l’Afrique (ZLECAf).
Mais si elle comporte des avantages et des opportunités indéniables, elle «n’est pas sans risques sur la stabilité financière en raison notamment des possibles contagion et propagation de risques entre les systèmes financiers de nos pays» a déclaré le wali de Bank Al-Maghrib (BAM), Abdellatif Jouahri.
Pour le patron de la Banque centrale, qui s’est ainsi exprimé lors de la troisième édition du Symposium régional de haut niveau sur la stabilité financière tenue récemment à Rabat,  «il devient donc urgent d’adapter les règles de gestion de ces risques, de mettre en place un dispositif de stress test approprié, et de renforcer la coopération entre régulateurs des pays d’origine et d’accueil».
Il estime qu’à l’heure actuelle et compte tenu des évolutions importantes de son environnement interne et externe, le système financier africain doit s’adapter constamment pour faire face à l’émergence de nouveaux risques et vulnérabilités pesant sur la stabilité financière.
«Ces évolutions concernent, en tout premier lieu, les implications et effets disruptifs de la transformation digitale et des innovations technologiques sur la sphère financière africaine», a-t-il indiqué lors de cette rencontre marquée par l’intervention d’éminents intervenants représentant à la fois le secteur bancaire, assurantiel et le marché des capitaux.
Preuve de l’implication importante de ces innovations dans les secteurs bancaire, assurantiel et des marchés de capitaux, le wali de la Banque centrale prend pour exemple l’essor des Fintech et des Insurtech, l’utilisation des Big Data, les modes de financements alternatifs «crowdfunding», le développement du paiement mobile et l’utilisation des technologies de la blockchain.
«Ces évolutions, qui vont devoir transformer notre environnement économique et financier, nous imposent de leur accorder une grande importance», a insisté Abdellatif Jouahri.
A ce propos, il est à rappeler que l’institution dont il a la charge avait invité en mars dernier des acteurs du secteur financier à venir débattre de ces questions dans le cadre de la conférence régionale pour l’Afrique et le Moyen-Orient sur la transformation digitale et la mise en œuvre du Programme Fintech de Bali. Une rencontre que Bank Al-Maghrib avait organisée avec le FMI.
Dans le même but, BAM avait également organisé une table ronde sur «l’Africa Blockchain Summit».
A en croire le wali de Bank Al-Maghrib, les risques induits par ces technologies disruptives se sont amplifiés avec la digitalisation accrue et rapide des services financiers.
Pour illustrer ses propos, il fait référence en particulier aux «risques d’utilisation des technologies informatiques à des fins de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme et de recrudescence des cyberattaques ciblant le secteur financier».
A titre de rappel, Abdellatif Jouahri a relevé qu’au Maroc, les autorités financières ont établi en 2018 une feuille de route pour la surveillance du cyber risque au sein du système financier national en s’inspirant, à cet effet, des standards internationaux. Et de souligner : «Un diagnostic de la maturité des établissements financiers en matière de cybersécurité est en cours de préparation selon une démarche concertée entre les trois régulateurs».
Dans son intervention, le wali a également évoqué les changements climatiques qui «constituent une zone de vulnérabilité critique pour le secteur financier», selon lui. Et d’ajouter : «Les risques physiques induits par la récurrence de plus en plus forte des catastrophes climatiques et les risques liés à la transition vers une économie à bas carbone, notamment quand elle est brutale et non ordonnée, peuvent entraîner des perturbations et des pertes financières significatives pouvant compromettre la résilience du secteur financier».
C’est autant dire que l’élaboration d’une cartographie des risques climatiques par les régulateurs financiers s’impose au titre de leur mandat de stabilité financière, a-t-il soutenu plaidant pour une amélioration progressive des approches d’identification et de mesure d’exposition  du secteur financier à de tels risques.
Une problématique qui, faut-il le rappeler, interpelle plus particulièrement l’Afrique du fait que la menace des changements climatiques est plus exacerbée dans ce continent, a-t-il conclu.


 

Alain Bouithy
Mercredi 11 Décembre 2019

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