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Mohamed Arkoun, éminent spécialiste de l'Islam classique et contemporain vient de nous quitter. Homme passionné, il a embrassé les sujets de l'Islam en mouvement, l'essor de la religion vivante avec ferveur et exigence. Elève des grands orientalistes comme Régis Blachère et Charles Pellat, il a su se frayer un chemin aux antipodes de cette tradition universitaire. En homme moderne, Mohamed Arkoun a milité toute sa vie pour faire bouger la pensée islamique. Comme la plupart de ses corélégionnaires maghrébins, il mêlait à sa passion intellectuelle un esprit dépourvu de complaisance, garant de l'expression d'une personnalité authentique.
Son premier livre est consacré, comme on le sait, à l'étude de l'humanisme arabe. "Contribution à l'étude de l'humanisme arabe au IVe-Xe siècle : Miskawayh philosophe et historien" a été publié à une période où le monde arabe s'interrogeait uniquement sur les capacités du monde musulman à entrer dans la modernité. Classique du genre, il constitue une percée progressive dans la manière de comprendre l'histoire de l'Islam ainsi que l'essor de sa culture et sa civilisation. De fait, son œuvre plaide pour un dialogue étroit et fécond entre le monde musulman et occidental. Cet essai majeur n'a pas échappé à Mohamed Allal Sinaceur qui soutient et explicite la thèse de Mohamed Arkoun dans un contexte intellectuel et géopolitique peu favorable à cette vision significative et non stéréotypée du monde arabo-musulman. Dans un article marquant, "Connaissance des Arabes" publié en 1972 dans la prestigieuse revue littéraire "Critiques", Mohamed Allal Sinaceur défend avec vigueur la voie frayée par Mohamed Arkoun en reprécisant les contours de l'adab* et par là même, les fondements d'une lecture plurale de "la" pensée arabo-islamique.
Voir "Horizons"
Son premier livre est consacré, comme on le sait, à l'étude de l'humanisme arabe. "Contribution à l'étude de l'humanisme arabe au IVe-Xe siècle : Miskawayh philosophe et historien" a été publié à une période où le monde arabe s'interrogeait uniquement sur les capacités du monde musulman à entrer dans la modernité. Classique du genre, il constitue une percée progressive dans la manière de comprendre l'histoire de l'Islam ainsi que l'essor de sa culture et sa civilisation. De fait, son œuvre plaide pour un dialogue étroit et fécond entre le monde musulman et occidental. Cet essai majeur n'a pas échappé à Mohamed Allal Sinaceur qui soutient et explicite la thèse de Mohamed Arkoun dans un contexte intellectuel et géopolitique peu favorable à cette vision significative et non stéréotypée du monde arabo-musulman. Dans un article marquant, "Connaissance des Arabes" publié en 1972 dans la prestigieuse revue littéraire "Critiques", Mohamed Allal Sinaceur défend avec vigueur la voie frayée par Mohamed Arkoun en reprécisant les contours de l'adab* et par là même, les fondements d'une lecture plurale de "la" pensée arabo-islamique.
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