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L’UIPA affirme que les USA ne sont plus en mesure d’être des partenaires dans le processus de paix Habib El Malki : La décision américaine va à l’encontre du droit, de la logique, de l’histoire et de l’avenir




«La décision américaine est une décision inique. C’est une décision qui saborde les efforts de paix et qui vise à enterrer la solution des deux Etats. C’est une décision qui va à l’encontre du droit, de la raison, de la logique, de l’histoire et de l’avenir. C’est une décision qui porte atteinte aux droits inaliénables et légitimes du peuple palestinien dans ses composantes musulmane et chrétienne, à la Nation arabe et à la Oumma islamique toute entière. C’est une décision dictée par un sentiment de toute puissance et non pas par la force du droit. C’est une décision qui augure d’une lutte politique et diplomatique dont personne ne peut augurer de la portée et qui ne garantit absolument pas la paix comme les Etats-Unis le prétendent ».
Le président de la Chambre des représentants, Habib El Malki, n’a pas mâché ses mots. Devant le Sommet des présidents des conseils parlementaires arabes, tenu hier jeudi au siège du Parlement marocain dans le cadre d'une session extraordinaire de l'Union interparlementaire arabe (UIPA) consacrée aux derniers développements du conflit israélo-palestinien et notamment à la décision de l'administration américaine de transférer son ambassade à Al-Qods Al-Charif et à la position à prendre en vue de faire face aux défis auxquels la cause palestinienne se trouve confrontée en cette difficile conjoncture.
« Cette décision, dont les conséquences sont incalculables, est dangereuse non pas parce qu’elle permet aux Israéliens d’avoir les mains libres pour spolier les terres palestiniennes et poursuivre leur politique de colonisation, mais c’est aussi une décision qui veut  briser le rêve des Palestiniens et les priver de leur droit à créer leur Etat national indépendant avec Al-Qods Al-Charif comme capitale », a-t-il expliqué. Et d’ajouter: « Cela signifie tout simplement que les Etats-Unis d’Amérique ne sont plus aptes, à compter du jour de leur prise de cette décision, à être les garants des négociations entre les parties en conflit et des conditions de la paix ».
Lors de la guerre des Six jours en 1967, Israël s'était emparé de Jérusalem-Est qui était préalablement placée sous contrôle jordanien et a déclaré que la ville sainte était sa capitale éternelle indivisible en 1980, une démarche jamais reconnue par la communauté internationale. En 1995, le Congrès américain a autorisé le transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Al-Qods mais tous les ex-présidents, de Bush à Obama, avaient promis de la mettre en application, mais ils ne l’ont pas fait.
Le président américain Donald Trump a franchi le Rubicon et annoncé la semaine dernière sa décision inique qui a été dénoncée par tout le monde sauf Israël, bien entendu. Cette décision, a souligné Habib El Malki, constitue une véritable provocation de la communauté internationale et fait fi de l’ONU et des décisions du Conseil de sécurité relatives à Al-Qods. Notamment les décisions 476 et 478 adoptées en 1980 qui assurent que l’acquisition de territoires par la force est inadmissible et considèrent que « toutes les mesures et dispositions législatives et administratives prises par Israël, la puissance occupante, qui ont modifié ou visent à modifier le caractère et le statut de la ville sainte de Jérusalem, et en particulier la récente « loi fondamentale » sur Jérusalem, sont nulles et non avenues».
Le président de la Chambre des représentants a rappelé, dans ce sens, la position ferme que S.M le Roi Mohammed VI a prise en sa qualité de Président du Comité Al-Qods issu de l’Organisation de la coopération islamique qui regroupe 57 pays et représente plus d’un milliard d’habitants. Le Souverain a, en effet, adressé un message de mise en garde au président des Etats-Unis, Donald Trump dans lequel il a précisé : « De par ses spécificités religieuses uniques, son identité historique séculaire et sa grande symbolique politique, la ville d’Al-Qods doit demeurer une terre de cohabitation et un symbole de coexistence et de tolérance pour tous ».
Pour sa part, le président du Parlement jordanien, Atef Attraouna,a noté que la cause palestinienne a affronté plusieurs crises du fait de l’alignement des Etats-Unis sur Israël et réitéré la décision de son pays de faire front contre cette dangereuse décision américaine.
Quant à Ahmed Benbrahim Rached Al Moulla, président du Parlement bahreïni, il a dénoncé cette  décision attentatoire au processus de paix dans la région et bloque toute négociation entre les Palestiniens et Israël. Il a également exprimé le souhait de voir la réunion de l’UIPA déboucher sur des décisions de nature à permettre de mieux faire face à la nouvelle donne.
Abdelkader Bensaleh, président du Conseil algérien de la nation, a déclaré que la décision du président Trump aura de graves conséquences sur la paix et la sécurité dans le monde et fera le lit de l’extrémisme et du terrorisme.
Le président du Parlement soudanais, Omar Souleimane Adama a réitéré le rejet total et définitif par son pays de la décision de transfert de l’ambassade américaine dans la ville d’Al-Qods occupée. Idem pour Salim Abdeljabbouri, président du Parlement irakien qui a précisé que la décision du président Trump visant à judaïser la ville sainte est une décision politique à caractère électoraliste. Il a également exhorté les pays arabe à ne revenir à la table des négociations qu’à condition que le président US revienne sur sa décision inique et que celles-ci soient placées sous tutelle internationale.
Sont par la suite intervenus les présidents des instances législatives qatarie, koweitienne, égyptienne, yéménite, émiratie et omanaise.
Intervenant dans ce même cadre, le secrétaire du Conseil national palestinien, Mohamed Sabih, a affirmé que la décision américaine constitue une agression caractérisée contre les droits légitimes et inaliénables du peuple palestinien qui va y faire face avec toute la force requise ; étant entendu qu’il ne pliera jamais devant la politique d’agression et d’épuration ethnique des colonisateurs israéliens ainsi que devant leur volonté d’effacer l’identité islamique et chrétienne d’Al-Qods.
Il convient de rappeler qu’une déclaration finale devrait être adoptée hier à l’issue de cette session extraordinaire.

T.M
Vendredi 15 Décembre 2017

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