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L’OMS adoube Sinopharm

Livraison de 2 millions de doses du vaccin chinois



L’OMS adoube Sinopharm
I l vaut mieux tard que jamais. Le vaccin anti-Covid-19 Sinopharm, l’une des pierres angulaires de la campagne de vaccination nationale, a finalement reçu le feu vert de l’Organisation mondiale de la santé. En effet, l’OMS a approuvé d'urgence ce vaccin dont le Royaume aurait reçu 2 millions de doses supplémentaires ces dernières 24h. Administré à des centaines de millions de personnes à travers le monde et des centaines de milliers au Maroc, le vaccin contre le coronavirus développé par le groupe pharmaceutique chinois Sinopharm, à Pékin, restera à jamais gravé dans l’histoire. Et pour cause, c'est la première fois que l'organisation onusienne donne son autorisation en urgence à un vaccin chinois, quelle que soit la maladie concernée.

Une efficacité estimée à 79 %
"L'addition de ce vaccin a le potentiel d'accélérer l'accès à un vaccin anti-Covid 19 des pays qui cherchent à protéger leurs personnels soignants et les personnes à risque", a déclaré la docteure Mariangela Simao, sous-directrice générale de l'OMS chargée de l'accès aux médicaments et aux produits de santé, prétextant que “le vaccin est facile à stocker, ce qui le rend particulièrement attrayant pour des zones disposant de faibles ressources". En ce sens, on peut dire que le Comité scientifique national a eu le nez fin en autorisant ce vaccin alors que tous les doutes étaient permis. Mais en parallèle, son efficacité ne risque pas de faire des jaloux non plus. Loin de celle déclarée par les Pfizer, Moderna et autre Spoutnik, s’établissant à plus de 90%, “l’efficacité du vaccin de Sinopharm a été estimée à 79 %”, précise l’OMS. Rien de bien étonnant.

Comme nous vous l'expliquions dans notre édition du vendredi 16 avril, le vaccin Sinopharm dont le Maroc a commandé 45 millions de doses dont désormais 4,5 millions ont été reçues, à l’instar des autres vaccins produits dans l’Empire du Milieu, n’a pas un taux de protection très élevé. Une révélation faite par Gao Fu, le directeur du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies. Une déclaration qui n’est pas restée lettre morte. Elle avait provoqué un véritable tollé, à tel point que quelques jours plus tard, il était impossible de retrouver l’enregistrement desdits propos sur les réseaux sociaux chinois. En tout cas, pour pallier ce manque, deux solutions étaient envisagées. Soit via l’ajustement du dosage en prolongeant le délai entre les deux injections, soit en augmentant le nombre d’injections. Enfin, il existe une dernière solution qui consiste à mélanger des vaccins qui utilisent différentes technologies et notamment la technologie à ARN, comme c’est le cas des vaccins Pfizer et Moderna. Cela n'empêche pas les discussions pour l'homologation d'un second vaccin chinois, le Sinovac, alors qu’un deuxième vaccin Sinopharm découvert à Wuhan, l'épicentre de la pandémie, a également demandé à être homologué par l'OMS.

Recommandé pour les 18 ans et plus
Mais a priori, nul besoin d’en arriver là. Les experts de l’Organisation mondiale de la santé semblent satisfaits. Ils ont recommandé deux doses du vaccin CNBG Sinopharm de Pékin pour les personnes de 18 ans et plus. D’ailleurs, les équipes de l'OMS “sont allées sur place pour inspecter les lignes de production”, précise un communiqué de l'agence onusienne. Cette homologation prend des allures de grand ouf de soulagement pour le Maroc comme l’ensemble des pays s’appuyant sur le vaccin de Sinopharm pour leurs campagnes de vaccination, soit 42 pays et territoires dans le monde. La solution miracle apportée par la Chine arrive en quatrième position derrière le vaccin d'AstraZeneca (166 pays et territoires), Pfizer-BioNTech (94) et Moderna (46).

Finalement, outre son efficacité, le dernier bémol réside dans la fréquence de livraison et les quantités reçues par le Royaume, au compte-goutte. Ce qui n’arrange pas le calendrier vaccinal du pays. Rappelons que depuis le 28 janvier et le début de la campagne de vaccination au Maroc, seulement 4,5 millions sur les 45 millions de doses commandées ont été livrées (10%). Un accroc de taille d’autant que les autorités sanitaires nationales ont décidé d’élargir la vaccination anti-Covid aux personnes âgées de 50 à 55 ans. Au soir du samedi 8 mai, 5.473.809 citoyennes et citoyens prioritaires ont reçu une dose, tandis que 4.390.752 personnes ont été complètement immunisées si l’on en croit le bilan quotidien émis par le ministère de la Santé. Des chiffres qui auraient pu être d’une toute autre ampleur si CNBG Sinopharm avait honoré ses commandes. Une issue de plus en plus probable. Car après l’homologation de son vaccin, l’entreprise d’Etat chinoise entend accélérer ses livraisons en direction du Maroc.

Chady Chaabi

​300.000 doses d’AstraZeneca supplémentaires

Dans le cadre du programme COVAX, le Maroc aurait reçu 650.000 doses du vaccin d’Astrazeneca en provenance de Corée du Sud, qui s’ajoutent aux 300.000 doses envoyées par l’OMS en avril dernier. A l’instar de plusieurs pays africains, le programme COVAX a mis de côté 1.608.000 doses d’AstraZeneca pour le Royaume, considéré par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme faisant partie des pays et territoires à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. Pour rappel, le programme COVAX a pour objectif de garantir un accès équitable au vaccin. C’est une sorte de cerbère sanitaire codirigé par l’alliance "Gavi" pour les vaccins, l’OMS et la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies. COVAX a donc la lourde tâche de garantir un accès équitable aux vaccins sur toute la planète, après qu’ils aient été autorisés pour utilisation, en sécurisant l’approvisionnement de 2 milliards de doses dans les pays qui ont misé sur ce dispositif.

​La pandémie de Covid-19 fragilise davantage la région du Maghreb

La pandémie de Covid-19 fragilise davantage la région du Maghreb, a estimé M. Rachid El Houdaigui, Senior Fellow au Policy Center for the New South (PCNS) et professeur des relations internationales à l'Université Abdelmalek Essaadi de Tanger. "La crise mondiale de Covid-19 fragilise davantage la région du Maghreb, constitue un choc et génère des répercussions négatives et palpables sur les économies maghrébines, comme notamment la réduction du PIB, l'aggravation du déficit budgétaire, la croissance de l'endettement et la baisse d'investissements directs et étrangers", a indiqué cet expert dans les questions de dialogue euro-méditerranéen, de la géopolitique du Maghreb et de la globalisation, dans un podcast traitant de l'état du Maghreb post-Covid-19. "On observe partout que le citoyen durant cette période de Covid19 a pesé sur le choix des politiques publiques ou sur le processus de reconstruction politique, selon le contexte de chaque pays", a-t-il fait remarquer, ajoutant que la crise mondiale de Covid-19 a exacerbé les inégalités sociales. M. Houdaigui a, de même, considéré que la stabilité des pays du Maghreb dépendra des capacités à réguler de manière légitime le clivage idéologique et le caractère composite de la société. Il a, en outre, relevé que les états maghrébins poursuivent la mise en place de leurs politiques publiques en dehors du Maghreb puisqu'ils sont pris par les exigences de la construction politique, de la sécurité du territoire et par les exigences de la crise.

Libé
Dimanche 9 Mai 2021

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