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L’Irak à la recherche de fonds pour se reconstruire

La conférence de Koweït doit financer le retour "volontaire" des déplacés




La conférence sur la reconstruction de l'Irak, ouverte lundi à Koweït, doit permettre de financer le retour "volontaire" des millions de déplacés en raison de la guerre pour chasser le groupe Etat islamique(EI), estime le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).
Pour sa part, une autre agence des Nations unies, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), relève qu'un grand nombre d'établissements de santé ont été détruits ou endommagés et des millions d'Irakiens souffrent d'une "incroyable détresse psychologique".
Le chantier de la reconstruction est titanesque et coûtera 100 milliards de dollars, selon le Premier ministre Haider al-Abadi. Le ministre irakien de la Planification l'a estimé lundi à 88,2 milliards de dollars.
"Pour le HCR, cette conférence doit être l'occasion de réaffirmer l'importance du retour volontaire, durable et en sécurité des déplacés irakiens et de lever les fonds pour aider le gouvernement irakien à réaliser cet objectif", a affirmé dans un communiqué Bruno Geddo, son représentant en Irak.
Selon lui, "si les combats à grande échelle sont terminés (...) les stigmates demeurent dans tout le pays, les villes ont été durement endommagées, les communautés ont été disséminées et une génération d'enfants risque d'être perdue", note le HCR.
M. Abadi a proclamé en décembre la victoire sur l'organisation jihadiste Etat islamique qui avait menacé en 2014 jusqu'à l'existence même de l'Etat irakien en s'emparant d'un tiers de son territoire.
Si 3,3 millions d'habitants sont rentrés chez eux "souvent dans des conditions difficiles", près de 2,6 millions de personnes sont toujours déplacées.
"Le retour durable est le facteur majeur pour rétablir la paix et la stabilité. Mais cela ne se limite pas à des briques et du ciment. Reconstruire et restaurer les communautés d'habitants sont un effort complexe qui passe par déminer, réparer les infrastructures et favoriser la cohésion sociale", note M. Geddo.
"L'Irak est à un tournant crucial de sa turbulente histoire. Après s'être débarrassées de l'EI, les autorités se tournent désormais vers l'énorme tâche de reconstruire les villes, les institutions et les communautés (...) Nous avons une responsabilité collective à continuer à soutenir les Irakiens à ce stade crucial", insiste-t-il.
Ravagé depuis les années 1980 par les guerres à répétition et un long embargo, notamment après l'invasion du Koweït en 1990, l'Irak a annoncé il y a deux mois la "fin" d'une nouvelle guerre, cette fois contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI), qui s'étaient emparés d'un tiers de son territoire à partir de 2014, menaçant son existence même.
Mais la reconstruction du pays, deuxième producteur de pétrole de l'Opep, s'annonce longue et difficile.
Pour sa part, l'OMS appelle la communauté internationale à "investir dans le secteur de la santé qui est dévasté", a indiqué Altaf Musani, son représentant en Irak.
Dans les provinces sunnites d'al-Anbar, Ninive et Salaheddine, qui ont été des fiefs de l'EI, 14 hôpitaux et installations sanitaires ont été endommagés ou détruits durant les trois ans de guerre, selon l'OMS qui précise en outre que "les systèmes d'alimentation en eau et en électricité des installations de santé ont besoin d'être réparés".
"La crise a causé une détresse psychologique incroyable chez des millions de personnes, laissé des dizaines de milliers d'Irakiens grièvement blessés, perturbé les campagnes de vaccinations de millions d'enfants et réduit les services de gynécologie pour les femmes et les jeunes filles", selon M. Musani.

 

Mardi 13 Février 2018

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